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Black Orion
Black Orion



Fiche descriptive

Science-Fiction

Bruno Seelig

Bruno Seelig

Bruno Seelig

Morgen

2 septembre 2026


19€90

9782387250575

Chronique

Qu'y a-t-il de plus dangereux pour la Terre que deux ados qui s'ennuient ? Lorsque Dylan et Olivia mettent la main sur Black Orion, une mystérieuse drogue aux effets cosmiques qui altère durablement leurs réalités, c'est le destin de notre planète qui s'en trouve bouleversé.

Mais leur rencontre avec Franco, mi-Freddie Mercury, mi-Pablo Escobar, avec en prime un zeste de dédain pour l'espèce humaine, sera la clé de leur destin astral. s.
un excellent album!


un trip sous acide
Black Orion, planche de l'album © Morgen / SeeligUn groupe d’adeptes encapuchonnés sont en transe et tentent d’invoquer une créature venant d’un autre plan d’existence… Un énorme tentacule émerge du portail et écrase le maître de cérémonie, suivi par un type ressemblant à Freddy Mercury, une femme armée d’une arme étrange et un petit couple mal en point, eux même (pour)suivis par une créature terrifiante pleine de dents et de tentacules…

Une joyeuse pagaille s’en suit alors et nos voyageurs temporels tentent de survivre à grand coup de dynamite… Ils parviennent à échapper à la créature et sortent d’un vieux manoir juste avant qu’il n’explose ensevelissant créature et cultistes…

Sous la houlette Franco, l’homme charismatique ressemblant à un Freddy Mercury énucléé, Dylan, Olivia et Dolores vont tenter de sauver l’humanité… Car Franco leur a appris que le Tribunal Galactique s’est prononcé pour la fin de l’homme en tant qu’espèce… Si aucun membre de cette race sur le déclin ne vient plaider sa cause, ça en sera fini de l’humanité…


Black Orion, planche de l'album © Morgen / Seelig
un récit de SF fantastique totalement barré… mais parfaitement maîtrisé
Venu de l’animation, l’auteur brésilien Bruno Seelig signe, pour son premier album publié en France, un récit de science-fiction aux accents lovecraftiens totalement barré mais parfaitement maîtrisé…

La structure narrative de l’album est tout juste dingue… Dès les premières pages, le lecteur est plongé au plein cœur de l’action avec la fameuse séquence de l’invocation des cultistes qui va partir en sucette dans un déluge de violence… On ne comprend rien, c’est un chaos sans nom, on ne sait pas ce que ceux qu’on devine être les héros font là… Et cela va durer quelques temps alors que chaque nouvelle séquence nous entraîne un peu plus loin dans le passé… Au fil des sauts spatio-temporels, on en apprend un peu plus sur les protagonistes de l’histoire, sur leur caractère un brin décalé et sur les causes et les enjeux de cette étrange aventure à rebours… Le lecteur comprend bien vite que le début du livre était en fait la fin de l’aventure qui commence, comme il se doit, à la fin du livre… Vous suivez ? Non, tant pis…

Black Orion, planche de l'album © Morgen / SeeligBlack Orion est une BD concept qui pousse loin le concept de voyage temporel et s’inscrit dans l’esprit d’une série B déjantée où les héros vont affronter des entités cosmiques indicibles dans des combats acharnés (qui s’enchaînent sur un rythme frénétique) pour tenter de sauver l’humanité d’une fin imminente décidée en haut lieu par le Tribunal Galactique… rien que ça… Et si on se prend vite au jeu, découvrant, couche après couche, façon pelures d’oignons, le cœur de l’intrigue… Ajoutons à cela le cynisme de Franco qui ne voit pas vraiment comment l’espèce humaine pourrait échapper à son éradication et un humour mordant et délicieusement décalé et vous obtenez un album surprenant mais jubilatoire… Comme si cela ne suffisait pas, un autre récit, en noir et blanc celui-là, occupe le haut de page, sans doute histoire de rajouter une bizarrerie supplémentaire à l’ensemble !

Pour couronner le tout, le dessin de Bruno Seelig, s’il s’avère pour le moins singulier, déborde d’énergie. Survitaminé et incroyablement cartoonesque, son trait s’inscrit dans une mouvance plulp & pop parfaitement assumée… Pour souligner le mouvement avec plus d’efficacité, l’artiste n’hésite pas à jouer avec les proportions de ses personnages ou à les représenter dans des postures exagérément théâtrales qui donnent à l’ensemble cette dimension épique qui colle si bien au propos… Sans oublier ces couleurs totalement dingues, très seventies, et un découpage aussi audacieux que rafraîchissant qui accentue l’originalité de ses compositions…

Black Orion, planche de l'album © Morgen / SeeligPour son premier album publié en France, Bruno Sellig, venue de l’animation, nous propose un véritable O..L.N.I. (Objet Littéraire Non Identifié) aussi déstabilisant que jubilatoire…

Alors qu’une bande de cultiste se livrait à une invocation inquiétante et qu’un tentacule sort d’un portail dimensionnel pour exploser (littéralement) le maître de cérémonie, voilà qu’un homme borgne aux apparences de Freddy Mercury en émerge en compagnie d’une jeune femme portant une arme étrange et d’un petit couple à priori mal en point… Derrière eux surgit une créature bien flippante qui tente de les massacrer mais qui va exploser en même temps qu’un bâton de dynamite qui va détruire le manoir dans lequel se déroulait la cérémonie juste après que nos étranges aventuriers n’en soit sorti…

C’est sur cette séquence joyeusement bordélique et totalement incompréhensible que commence cet étrange album… Les séquences suivantes seront du même acabit, avec des poursuites dingues et du défouraillage à tout va… Pourtant, de ce chaos informe surgit peu à peu des éléments qui donne du sens aux péripéties qui s’enchaînent sur un rythme frénétique ! Le début du livre est en fait la fin de l’histoire et l’auteur nous entraîne, de sauts temporels en saut temporels, à la suite de ses improbables héros vers son commencement qui se trouve, for étrangement logiquement à la fin de l’album… On apprend ainsi que nos aventuriers, alertés par le faux Freddy Mercury de l’imminence de la fin de leur espèce, décidée en haut lieu par le Tribunal Galactique, vont tenter de sauver l’humanité sans trop vraiment comprendre ce qu’on attend d’eux (mais sont-ils seulement en état de comprendre quoi que ce soit vu ce qu’ils ont absorbé comme substances psychotropes ?!?)… L’album refermé, impossible de ne pas amorcer une seconde lecture pour mieux saisir le sens des étranges événements auxquels nous avons été confrontés… Mais, dès lors, la question se pose : dans quel sens relire l’album (j’étais à deux doigts de le mettre sur une platine en faisant tourner le plateau à l’envers des fois que cela révèle quelques mystères cachés…) ? Black Orion est un album totalement foutraque qui ne ressemble à rien de connu, tant pour sa narration à proprement parler renversante, que pour son dessin pop’ et cartoonnesques qui fleure bon les seventies et la série B… Un album au final très difficile à chroniquer tant il propose une expérience de lecture aussi fun que sidérante…


J'ai tué, j'ai volé, j'ai fumé, et j'ai mangé beaucoup plus de chocolat que n'importe qui sur ce continent. Une vie bien remplie et sans rancune.citation

Le Korrigan




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