 Conan était le capitaine de la garde de Taramis, reine juste et aimée de son peuple. Mais cette dernière a été remplacée par Salomé, sa sœur jumelle, que tous croyaient morte et qui croupit depuis dans un sombre cachot… Ainsi la prophétie de la dynastie Ashaurienne annonçant la venue au monde d’une sorcière s’était réalisée...
Maîtrisant la magie noire, la nouvelle reine ordonne à sa garde d’ouvrir les portes aux mercenaires Shémites qui campaient sous les remparts et qui massacrèrent les soldats de Taramis. Comprenant ce qu’il se tramait, Conan a bien tenté de résister mais, malgré une résistance acharnée, il a ployé sous le nombre… Crucifié dans le désert sur ordre de Constantius, le favori de Salomé, et livré aux vautours, Conan est condamné à une longue agonie… Mais, s’étant juré de se venger de son bourreau, il refuse de mourir et sera délivré par une bande de pillards du désert menée par Olgerd Vladislav…
Les mois ont passé lorsque Conan apprend que le royaume qu’il avait fait le serment de protéger est en proie au chaos : Taramis, ou plutôt l’usurpatrice qui l’a remplacée, oppresse son peuple et a imposé des cultes impies… Puisque Olgerd Vladislav refuse de marcher sur Khauran comme il le lui avait pourtant promis, Conan prend le commandement de ses troupes, prêtes le suivre aveuglément le Cimmérien. A leur tête, il marche sur la cité pour porter secours à la reine Taramis…
 Eric Corbeyran et Stéphane Perger s’emparent de cette nouvelle de Robert E. Howard publiée en décembre 1934 dans les pages de la mythique revue Weird Tales…
Lorsque s’amorce l’histoire, Conan est dans une situation qui semble désespéré : crucifié en plein désert, abandonné à son funeste sort par son bourreau, un vautour s’apprêtant à lui crever les yeux… Ce n’est pas pour rien que cette scène puissante qui immerge d’emblée le lecteur dans ce monde cruel et barbare a inspiré une séquence marquante du film de John Milius ! Dans cette la nouvelle, souvent considérée par les fans d’Howard comme l’une des plus littéraires du maître de la dark-fantasy et où se mêlant prophétie, trahisons, tortures, combats épiques, stratégie militaire, magie noire et cruauté, Conan est un en peu retrait, le premier rôle semblant échoir à Valérius, un soldat resté fidèle à la reine Taramis qui tente de fédérer ceux qui désirent lutter contre l’usurpatrice…
Alternant les récits entre ce jeune soldat qui admirait son capitaine, Conan qui marche avec son armée vers la cité et l’usurpatrice prête à tout pour faire souffrir sa sœur et la briser corps et âme, le scénariste assure un rythme soutenu à l’ensemble, ne ménageant nuls temps morts alors que les péripéties s’enchaînent sur un rythme frénétique…  Ses récitatifs s’inscrivent dans la veine littéraire de la nouvelle alors que ses dialogues efficaces et percutants contribuent à poser cette atmosphère inquiétante qui baigne ce sombre récit. Oppressant et entraînant, son scénario retranscrit ainsi avec brio l’ambiance du texte d’Howard…
Voir Stéphane Perger s’emparer de l’univers d’Howard apparait presque comme une évidence tant ses compositions puissantes semblent coller à l’univers du maître. Son travail en couleur directe est comme de coutume somptueux, avec sa fascinante approche des ombres et des lumières qui habille chaque scène d’un éclairage qui en souligne l’atmosphère. Puissant et tout en muscle, son Conan impressionne et l’on comprend l’admiration que lui voue le jeune et courageux Valérius… Si sous ses pinceaux inspirés, l’usurpatrice prend l’apparence de Wanda Maximoff, alias la Sorcière Rouge, la reine Taramis, particulièrement vulnérable, évoque les femmes dénudées qui figuraient si souvent sur les couvertures de Weird Tales… Porté par un découpage fascinant et des cadrages vertigineux, ses planches sont comme de coutume de toute beauté, donnant vie à cette culture d’inspiration orientale qui baigne l’histoire… Chorégraphiées avec soin et inventivité, les scènes de batailles ou de combats, tel celui de Conan contre la créature du temple, sont tout juste ébouriffantes accentuant la dimension violente et épique de la nouvelle.
 Bon nombre d’amateurs de l’œuvre de Robert E. Howard considère une sorcière viendra au monde comme l’une des nouvelles les mieux travaillées du créateur de Conan… Eric Corbeyran et Stéphane Perger s’emparent de ce récit pour en signer une adaptation puissante et respectueuse de l’originale.
Pour s’être opposée aux décisions cruelles de la reine qu’il pensait avoir été remplacée par un démon ayant pris son apparence, Conan, capitaine de sa garde, a été crucifié dans le désert. Souffrant le martyr, il puisa dans sa haine pour son bourreau la force de survivre… Délivré par Olgerd Vladislav, chef d’une bande de pillard nomade, il allait se remettre de ses blessures et devenir son bras droit avant de le démettre car Olgerd n’avait aucune intention de tenir sa parole et de marcher sur le royaume de Khauran en proie au chaos et à la magie noire depuis son éviction…
S’il ouvre l’album avec une séquence où il se trouve en bien fâcheuse position, Conan est relégué on second plan, s’effaçant devant le jeune Valérius qui œuvre dans l’ombre pour délivrer sa reine et défaire la cruelle usurpatrice qui a enfermé Taramis dans une geôle, lui faisant subir mille tourments pour la briser… Alternant les récits entre ces différents personnages, le scénario d’Eric Corbeyran s’avère tout à la fois rythmé et entraînant. Ses récitatifs et ses dialogues percutants s’inscrive dans la ligne littéraire de la nouvelle alors que le trait puissant, la mise en couleur fascinante de Stéphane Perger et son formidable travail sur les ombres et la lumière distille avec art cette ambiance oppressante et malsaine qui émane de Salomé. Prophétie, trahison, combats, batailles, magie noire, indicible monstruosité et complots sont au menu du quinzième opus de cette série consacrée au héros de Howard… Cette remarquable adaptation de sa sorcière viendra au monde est sans nul doute l’une des pépites de la série !
Il était encore capable de tuer… Il vivait encore ! La moindre sensation, même de souffrance, était une négation de la mort.récitatif page 3
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