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Jaïna
La Geste des Chevaliers Dragons


Fiche descriptive

Heroic-Fantasy

La Geste des Chevaliers Dragons

Tome 1

Varanda

Ange

Soleil Porductions

29 janvier 2003

Chroniques
Critique de la Série
E"veill" d'une saga...
Brisken
« Morceau » d’héroïsme
Par-delà les montagnes
une fin ouverte
Ellys
Classique mais convainquant
Salmyre
Du rythme et de l'action
L'Ennemi
une fresque impressionnante
La Déesse
De la naissance des religions
Amarelle, La Guerre des Sardes [1/2]
l’ombre de la trahison
Arsalam, La Guerre des Sardes [2/2]
Trahison(s)
Les nuits d'Haxinandrie
Haxinandrie, Haxinandra (*)
Le dragonomicon
Celle qui en savait trop…

Quand les dragons apparaissent, le chaos les suit et ravage les régions alentour : un chaos que seules les jeunes vierges peuvent traverser indemnes... Aujourd'hui, Jaïna, de l'ordre des Chevaliers Dragons et son écuyère Ellÿs, partent affronter la bête. Mais qui sont les pires monstres, les dragons ou les hommes ?
un excellent album!


E"veill" d'une saga...
« La Geste des Chevaliers Dragons » nous propose de suivre les aventures des membres d’un ordre strictement féminin de vierges guerrières, dont la fonction est d’éliminer la menace corruptrice des Dragons au sein d’un monde médiéval-fantastique.

J’avoue, la première fois que j’ai vu cette BD, m’être arrêté sur les dessins de Varanda tant son trait stylisé et vif me plait (et à vrai dire, il plaît à beaucoup). Néanmoins, le scénario proposé faisant la part belle aux jeunes filles à forte poitrine (vierges de surcroît !), je m’en suis détourné de peur d’acheter une pochette à dessins pour mâles en rut.

Puis, quelques semaines plus tard, j’eus tout de même l’occasion de la lire. Et j’en suis désormais un fervent supporteur.
Si le premier tome présente une intrigue directe (car il s’agit toujours de tuer un dragon), les personnages principaux ont chacun(e) une personnalité et une apparence bien marquées (bien que caricaturale, l’apparence). Si le chevalier semble dans l’ombre de sa sœur, son écuyer se remet en question face à son avenir. Les auteurs nous réservent aussi quelques rebondissements qui savent exploiter l’une des facettes de ce monde d’Heroic Fantasy : la corruption.
Car les dragons, non contents d’apparaître soudainement, développent autour d’eux une sphère d’influence corruptrice, le Veill, qui s’étend au fur et à mesure du temps et qui contamine les corps comme les âmes, faisant des vivants les ombres grotesques et bestiales d’eux-mêmes, et déformant des terres devenues hostiles. On comprend dès lors l’urgence de la tâche qui incombe à nos chevaliers. Notons aussi que les différents scénarii sont reliés par un fil rouge (ses protagonistes) d’une histoire à l’autre, qui nous permet habilement de nous situer dans le temps. Le premier tome est très sombre, violent et désespéré ; bien que son scénario paraisse aussi minimaliste que les tenues de ses protagonistes. J’y vois pourtant plus de travail qu’il n’y semble au premier abord, notamment dans les éléments d’ambiance.

Mais la série (3 tomes à ce jour) m’a surtout séduit en ce sens que je lui trouve une maturité nouvelle à chaque épisode. Certes, il s’agit toujours d’éradiquer la menace, mais peu à peu, le scénariste Ange (que certains connaissent sans doute déjà) parvient à étoffer son univers, notamment en en découvrant des aspects annexes, politiques ou humains.
Ainsi, le deuxième tome est l’occasion d’en apprendre plus sur la formation des chevaliers et sur ses ambitions politiques (mais je l’aime un peu moins que les autres); tandis que le troisième met en avant les phénomènes connexes qu’induit l’existence des monstres et les mesures prises pour les éliminer, comme l’émigration ou la chasse aux trésors draconiques.
De plus, si les deux premiers chevaliers que nous rencontrons sont un peu fantasmatiques (« Jaïnah »), elles laissent ensuite la place à un vieux chevalier et deux gamines grisées par leur rôle (« Akanah ») puis à une robuste et rude Mara qui rêve d’une vie meilleure (« Le Pays de non-vie »). Il semble donc que l’on s’éloigne peu à peu de la caricature, bien qu’elle fasse partie intégrante du charme de l’œuvre et qu’elle puisse se justifier par la nécessité des jeunes femmes d’exprimer leurs pulsions contenues. Cela dit, j’avoue ne pas être attaché particulièrement au vieux mythe très chrétien de la pureté virginale…

Les dessins de la Geste sont confiés à un artiste différent à chaque épisode, et si j’aurais du mal à critiquer le crayon de Varanda, je ne peux que m’incliner également devant la cohérence de l’ensemble, même si j’ai moins apprécié le travail de Briones (tome 2) par rapport à celui de Guinebeaud (tome 3), que je trouve tout à fait à sa place. La mise en couleur (qui d’ailleurs connaît plusieurs éditions) est belle, sans être follement novatrice.

Au final, « La Geste des Chevaliers Dragons » est une belle aventure, servie par de virils dessins qui pourront déplaire à beaucoup et des intrigues qui sont surtout l’occasion de découvrir peu à peu un monde affrontant littéralement sa propre corruption.

Gageons que la lutte ne fait que commencer…
Keenethic



Inspiration jeux de rôle

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Donjon & Dragon est un jeu de rôle médiéval-fantastique créé par E. Gary Gygax et Dave Arneson dans les années 1970. Vous trouverez plus largement dans cette rubrique des oeuvres qui pourront vous servir d'inspiration pour tous jeux médiévaux fantastiques...