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Enragés
Skraeling


Fiche descriptive

Anticipation

Skraeling

Tome 2

Thierry lamy

Damien Venzi

Damien Venzi

Ankama Editions

Kraken

21 novembre 2012

Chroniques

Pour Köstler, étranger originaire des territoires de l’est annexés devenu chien de guerre fidèle au Parti, l’intégration dans l’unité d’élite Skraeling ne se fait pas sans mal. Le passé lui colle à la peau comme une ombre malade. De plus en plus lucide sur la nature cynique du WeltRaum, l’État totalitaire qui gouverne le pays, un seul choix semble s’offrir à lui pour sortir de sa condition de sous-homme : devenir un bon Skraeling, le meilleur... Le plus enragé !
un chef d'oeuvre!


un rétrofutur suffoquant
Voici enfin la suite tant attendue de Skraeling, l’oppressante série signée par Thierry Lamy et superbement mise en image par Damien Venzi, un jeune dessinateur au talent saisissant.

L’histoire se déroule dans une société totalitaire dérivée de l’idéologie nazie. Prenez le nazisme dans ce qu’il a de pire, déplacer le curseur vers la droite pour pousser toutes les atrocités à leur paroxysme. Vous obtenez l’univers sombre, glauque et désespéré de Skraeling, sorte d’uchronie glaçante et intemporelle. L’iconographie, largement empruntées aux uniformes, architectures et véhicules du IIIème Reich (rappelons que les uniformes SS furent en leur temps désignés par un certain Hugo Boss) permet de plonger d’emblée le lecteur dans cette intrigue dense et fournie qui met en scène le soldat Köstler, dévoué corps et âme au WeltRaum, le régime national-socialiste dirigeant son pays. Bien que considéré comme un Laten, un sous homme, ses performances au combat le font muter dans la prestigieuse unité des Skraelings, corps d’élite de l’armée, fer de lance de la propagande du WeltRaum… Il va ainsi découvrir l’envers du décor et comprendre que les Skraelings ne sont que la vitrine d’un régime qui manipule l’opinion, que leurs prétendus exploits ne sont que des chorégraphies finement orchestrée pour servir le régime et fournir aux bureaux de la propagande les images destinée à montrer la puissance du WeltRaum et d’endoctriner le bas peuple.
Ses supérieurs lui ayant fait miroiter l’ider de devenir un « natio », il compte bien devenir le meilleur des Skraelings… Mais sa foi dans le WeltRaum s’effrite et il ne compte pas sacrifier la relation qu’il noue avec une prostituée sur l’autel de son ambition aveugle. Surtout qu’en coulisse, ses supérieurs sont loin d’envisager lui accorder la dignité de « natio ». Les tensions s’exacerbent, tant au niveau des cadres du parti qu’au niveau du peuple. Une étincelle pourrait bien embraser la révolte qui gronde. Quel parti prendra Köstler si le peuple prend les armes?

Une fois encore, l’incroyable graphisme de Damien Venzi s’avère des plus percutants. Ses planches sont incroyablement bien construites, plongeant le lecteur dans cet univers aussi inquiétant que suffoquant. On songe bien sûr à Jin-Roh et son sinistre Wolf Brigade, film d’animation datant de 1999 et dont l’esthétisme empruntait déjà à celui du IIIème Reich. Le soin apporté aux couleurs est particulièrement saisissant, renforçant l’incroyable atmosphère distillée par l’intrigue de l’album.

Enragés confirme tout le bien que l’on pensait du premier opus de Skraeling. L’intrigue, finement ciselée, s’inscrit dans un contexte formidablement bien rendu par l’impeccable dessin de Damien Venzi. C’est sombre, violent, dérangeant mais tellement prenant et inventif qu’on se laisse happer par ce récit des plus percutants. Bien sûr, Skraeling est à réserver à un public averti. Nonobstant cela, c’est un album incontournable pour une série qui l’est tout autant…
Le Korrigan


un chef d'oeuvre!


Glaçant, sombre et prenant!
Dans un monde déshumanisé, le soldat Köstler cherche sa place. Il vient d’intégrer l’unité d’élite Skraeling mais son origine laeten, une sous-race, lui revient régulièrement à la figure. De plus, le conditionnement dont il a fait l’objet enfant n’a plus l’hermétisme attendu et les souvenirs qui lui reviennent en mémoire n’ont pas les mêmes tonalités que l’histoire officielle. Enfin, il découvre le mensonge, sa section ne devant jamais livrer de vrais combats. Elle est utilisée par les services de propagande dans des mises en scène d’opérations commandos filmées et projetées au peuple.

La couverture de ce deuxième opus, tout comme celle du premier, et un rapide feuilletage peuvent induire l’intéressé en erreur en le laissant penser à un récit de guerre. Certes, cette horreur est bien présente, cependant, le propos n’est pas là. Cette série traite d’une société en conflit, qui l’utilise comme outil pour asseoir son idéologie. Si l’iconographie rappelle celle du IIIe Reich, c’est l’extrémisme dans son ensemble, quelle que soit sa tendance, qui est mis en avant. La manipulation des foules, les races impures, les menaces de l’étranger justifiant l’état de belligérance permanent, les silences coupables de la population devant la peur de se retrouver dans le camp des perdants du jour au lendemain, font le quotidien du WeltRaum.

Entre sa condition de « métèque », une improbable naturalisation et l’enjeu qu’il représente dans des luttes d’influence entre ses supérieurs, la situation de Köstler est des plus précaires. Pour décrocher la récompense suprême, il doit rendre les Skraelings indispensables et lui-même encore plus. Mais ses doutes naissants, sa lucidité grandissante et sa relation assidue avec une prostituée ne sont pas les meilleurs moyens pour accéder à ce nirvana, fruit de son embrigadement vacillant. Le scénario de Thierry Lamy est puissant, touffu, noir et violent. Il plonge au cœur d'un régime totalitaire dont les actes font froid dans le dos. Malgré toute la bestialité dont il est capable, Köstler devient le symbole des fissures qui entament jour après jour l’armure – faite de frayeur, de cruauté, de désinformation et de répression – de ce géant despotique qui semble pourtant incassable. Son cheminement chaotique vers le temps des choix est habilement construit.

L’impact laissé par la narration est renforcé par le dessin extraordinairement saisissant de Damien Venzi. En dehors du côté parfois trop figé des expressions, le sans-faute n’est pas loin. Tout – décors, personnages, armes, équipements – contribue à mettre en place l’atmosphère oppressante de l’aventure grâce à une maîtrise étonnante des angles et du cadrage et un travail sidérant sur les couleurs.

S’appuyant sur une performance graphique captivante, Skraeling propose une histoire prenante dont l’épaisseur, la froideur et l’intensité pourront en rebuter certains. Les autre ne bouderont pas leur plaisir de lecture.
mome



Inspiration jeux de rôle

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