Haut de page.

La bergere et le malfrat
La parole du muet



Fiche descriptive

Roman Graphique

La parole du muet

Tome 2

Laurent Galandon

Frédéric Blier

Sébastien Bouët

Bamboo

Grand Angle

05 Avril 2017


13€90

9782818941416

Chronique
La bergere et le malfrat
Faire son cinéma (*)

Célestin, Constance et Marcel tournent leur film clandestin. Cependant, ils sont arrêtés à l’issue d’une nuit de tournage suite à une dénonciation anonyme.

Grâce à l’intervention de l’actrice Véronika Forsans, ils évitent la prison. Qui les a dénoncés ? Le musicien Mollard? Une comédienne jalouse? L’enquête de Célestin va rapidement le conduire jusqu’au coupable et aux raisons qui l’ont poussé à la dénonciation : Véronika Forsans!

Célestin imagine un nouveau scénario pour dénouer les vieilles rancoeurs et faire surgir la justice. Ses armes : l’amitié et la caméra.
un excellent album!


Faire son cinéma (*)
La Parole du Muet, planche du tome 2 © Bamboo / Blier / Galendon / Bouët Laurent Galandon et Frédéric Blier concluent leur diptyque touchant et généreux qui nous entraînent dans les coulisses du cinéma de l’entre-deux guerre.

Fils d’un Notaire de province, Célestin est un doux rêveur, gauche et étourdit… Lassé des humiliations répétées de son père, il décide de quitter sa famille et de gagner la capitale pour tenter de réaliser son rêve d’amoureux du neuvième art et devenir réalisateur!

A Paris, il retrouve Anatole Fortevoix, un bonimenteur qui harangue la foule pour attirer le chaland dans l’Alcatraz, son cinéma. C’est sur grand écran, accompagné de la musique de Mollard, que Célestin fait la connaissance de Constance, une actrice sourde et muette incroyablement expressive qu’il s’efforcera de retrouver.

Ses scénarios essuyant refus sur refus, Célestin se fait engager comme assistant-décorateur dans un studio où il va faire la connaissance de Marcel, un technicien qui se rêve caméraman… Aiguillé par Célestin, la petite troupe va commencer à tourner un film sur un scénario proposé par Constance. Anatole et son pianiste tentent étrangement de le dissuader de réaliser ce film tourné clandestinement après la fermeture des studios.

La Parole du Muet, planche du tome 2 © Bamboo / Blier / Galendon / BouëtAlors que leur film prend peu à peu corps, ils sont dénoncés par une lettre anonyme et arrêtés… L’intervention de Véronika Forsans, actrice très en vue, leur évitera la prison… Célestin va mener l’enquête et comprendre que la délatrice n’est autre que Véronika elle-même! Apprenant les motivations de l’actrice, Célestin va échafauder un nouveau scénario pour tenter de dénouer la situation et rendre justice…


Un scénario simple et touchant qui rend un vibrant hommage au neuvième art…
Dès les premières pages du premier tome, on sent l’amour et la passion du scénariste pour le neuvième art. Son récit qui se pare des atours du conte, est à la fois beau, léger et profondément touchant. A travers lui, Laurent Galandon esquisse un portrait saisissant de l’industrie naissante du cinéma qui allait devenir la formidable usine à rêve que l’on connaît, du cinéma forain qui vit l’essor du neuvième art aux films licencieux projetés en secret, sans oublier la révolution du parlant qui allait venir tout chambouler…

Difficile de ne pas être touché par ses personnages cabossés par la vie unis tant par l’amitié que par leur passion du cinéma. Ensemble, ils vont s’efforcer de faire en sorte que le rêve se fasse réalité même s’il s’avère que Constance joue sa propre partition et va, à travers le film de Célestin tenter de dénoncer celui qui est la cause de bien des malheurs… Par la magie du cinéma, réalité et fiction vont se mêler inextricablement et la façon dont Célestin va s’efforcer d’obtenir réparation n’est pas sans évoquer The Sting de George Roy Hill à ceci près qu’il va utiliser l’essence même du cinéma pour parvenir à ses fins…

La Parole du Muet, planche du tome 2 © Bamboo / Blier / Galendon / BouëtSemi-réaliste et généreux, le trait délicat de Frédéric Blier, qu’on avait pu apprécier dans Amère patrie, colle parfaitement au récit de Laurent Galandon, mettant en scène avec finesse les émotions des différents protagonistes de cette comédie humaine. Le traitement des scènes du film tourné par Célestin s’avère particulièrement élégant et la couverture est une fois encore particulièrement réussie…

Comme de coutume, Laurent Galendon a su tisser un scénario simple porté par des personnages forts et touchants qui confèrent toute sa force à ce diptyque.

Le dessin généreux de Frédéric Blier fait revivre le Paris des Années Folles avec élégance et met en scène des personnages plein d’humanité, à commencer par Célestin, géant faussement naïf, qui a décidé d’aller au bout de ses rêves. Plus d’une fois la frontière ténue qui sépare le rêve et de la réalité s’estompe pour ce récit dont la trame n’est pas sans évoquer celle des contes.

N’est-ce pas là la magie du neuvième art auquel ce diptyque rend un vibrant hommage?


(*) “Le but ce n’est pas de faire du cinéma, mais son cinéma.” Albert Dupontel
Le Korrigan




Inspiration jeux de rôle

Cette fiche est référencée comme inspi pour 1 jeux de rôle.

Maléfices a pour cadre la France de la Belle Époque (1870-1914), où les superstitions campagnardes et la mode citadine du spiritisme côtoient la pensée scientifique.
Crimes se déroule à la même époque et inscrit dans la tradition des littératures classique, fantastique et horrifique du XIXe siècle.