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Nez-de-cuir
Nez-de-cuir


Fiche descriptive

Roman Graphique

Jean Dufaux (d'après le roman de Jean de la Varende)

Jacques Terpant

Jacques Terpant

Futuropolis

21 août 2019


16€90

9782754825337

Chronique

Le comte Roger de Tainchebraye revenu défiguré de la campagne de France de 1814 doit cacher son visage derrière un masque de cuir.

Serait-ce la fin du jeune homme de 22 ans qui était un «Dom Juan» dans sa Normandie natale? Profondément marqué, cynique et meurtri, il multiplie les conquêtes. Une seule femme lui résiste, Judith de Rieusses. Roger en tombe follement amoureux mais refuse le mariage de peur qu'en faisant tomber le masque il dévoile sa déchéance et n'attire que la pitié de sa bien-aimée...
un excellent album!


La belle et le monstre
Nez-de-cuir, affiche du film d'Yves AllégretScénariste éminemment romanesque, Jean Dufaux s’empare du personnage né sous la plume de Jean de La Varende et qui fut lui-même inspiré par son grand-oncle, Achille Perrier de La Genevraye pour écrire son chef d’œuvre…

Officier de la Grande Armée, le comte Roger de Tainchebraye est laissé pour mort au soir de la bataille de Reims, 13 mars 1814. Mis la Camarde l’a délaissé et il a survécu, portant sur son visage les stigmates du combat… Revenu défiguré à l’âge de séduire, il doit cacher sa laideur derrière un masque de cuir qui lui vaut son surnom.

Mais loin de repousser la gente féminine, son masque, l’entourant d’une aura de mystère, exerce sur elle une irrépressible attraction… Cynique et désabusé, il enchaîne les conquêtes galantes sans s’encombrer de sentiments… Une seule femme lui résiste : Judith de Rieusses, nièce d’une de ses conquêtes. Roger va en tomber follement amoureux mais repoussera pourtant ses avances de peur de devoir tomber le masque et susciter chez elle dégoût et pitié…


Un récit tourmenté, romanesque et poétique…
Nez-de-cuir, planche de l'album © Futuropolis / Terpant / Dufaux Publié en 1936, Nez-de-Cuir, gentilhomme d'amour frôla le Goncourt avant d’être porté à l’écran en 1951 par Yves Allégret dans le film éponyme où Nez-de-Cuir était incarné par le charismatique Jean Marais. Il faut dire que le récit de Jean de La Varende, construit à partir des lettres de son aïeul, est le genre de récit d’aventure romantique à même de séduire Jean Dufaux qui excelle dans les scénarios d’aventure historique où s’exacerbent les sentiments.

Le scénariste en signe une remarquable adaptation, conservant son souffle épique et romanesque et ce délicieux mystère qui entoure Nez-de-Cuir. Derrière son cynisme de façade se cache un jeune homme meurtri de devoir cacher sa laideur derrière un masque… En perdant son visage, il pense avoir perdu son âme et n’être plus qu’un monstre incapable d’aimer… Il séduit avec frénésie, s’abandonnant à des plaisirs éphémères et futiles… Mais sa rage de vivre masquant au final un instinct de mort chez cet jeune homme pensant n’avoir plus droit au bonheur... Les récitatifs ciselés permettent au scénariste de conserver la dimension littéraire de l’œuvre originale alors et ses dialogues renforcent la dimension romanesque du récit de façon saisissante…

Nez-de-cuir, planche de l'album © Futuropolis / Terpant / Dufaux Mais ce sont surtout les somptueux dessins de Jacques Terpant qui rendent ce récit si poignant. Fidèle à lui-même, le dessinateur signe de magnifiques planches sublimées par une mise en couleur bluffante où l’artiste joue avec les ombres et la lumière avec maestria, sculptant l’une et l’autre avec un rare talent…

Les amateurs de récits romantiques et romanesques seront immanquablement séduits par cet album somptueusement mis en image par le talentueux Jacques Terpant qui signe des planches soignées sublimées par une mise en couleur saisissante...

Conservant la veine littéraire de l’œuvre de Jean de La Varende, Jean Dufaux en signe une adaptation d’autant plus convaincante que le récit comporte des éléments que l’on trouve dans bon nombre de ses séries !

Nez-de-Cuir sera l’occasion pour les jeunes lecteurs de découvrir un auteur qui, malgré ses succès littéraires d’avant-guerre, a peu à peu sombré dans l’oubli, alors même qu’il a frôlé le Goncourt...


J’ai perdu mon âme, Judith. Et en perdant mon âme, j’ai perdu l’âme des autres. Je ne suis qu’un animal, un corps. Un corps que rien ne gouverne sinon son désir.Roger de Tainchebraye

Le Korrigan




Inspiration jeux de rôle

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