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Le Journal, les premiers mots d'une Nation
Le Journal, les premiers mots d'une Nation



Fiche descriptive

Histoire

Tome 1

Patrice Ordas

Philippe Tarral

Philippe Tarral

Bamboo

Grand Angle

2 mars 2022


14€90

9782818979501

Chronique
Le Journal, les premiers mots d'une Nation
La première pierre

En 1781, durant la guerre d'Indépendance, Nathan Prius vend des petits billets dans l'armée de Washington dans lesquels il relate ce qu'il voit sur le front.

Un homme, George Ellis, lui propose de publier ses articles dans son journal, mais s'en attribue la paternité. Meurtri par cette trahison, Nathan Prius décide de lancer son propre journal, premières pages de ce qui deviendra bientôt un empire de la presse, traversant les décennies, témoin privilégié de toutes les époques.

De la guerre d'indépendance à la révolution industrielle en passant par la guerre de Sécession et la conquête de l'Ouest, Le Journal raconte au fur et à mesure des albums les grandes époques de l'histoire américaine vues à travers le prisme du journalisme et met en scène ces empires de la presse qui se font et se défont au gré des événements.
un excellent album!


La première pierre
Le Journal, les premiers mots d'une Nation, planche de l'album © Bamboo / Tarral / Ordas1781. Les colonies américaines ont décidé de s’affranchir de la tutelle anglaise. Nathan Prius est l’un de ces soldats de la liberté qui a pris les armes pour lutter pour l’indépendance. Mais le fusil n’est pas la seule arme dont il dispose.

Avec sa plume alerte, il rédige des articles dans lequels il relate les évènements dont il est témoin au front. Son journal, le Liberty Sentinel, est glissé dans les feuillets du Richmond News de Georges Elis dont les ventes n’ont cessé de grimper depuis. Devant l’attitude méprisante de ce dernier qui s’est attribué la paternité de ses articles, Nathan Prius souhaite reprendre son indépendance. Mais Elis le prend en grippe et porte plainte contre lui pour une agression imaginaire. Nommés par les anglais, les jugent prennent son parti et condamne Nathan à un an de prison.

Mais l’homme est opiniâtre et n’aura de cesse que de donner vie à l’un des premiers journaux de la jeune nation américaine.


Le Journal, les premiers mots d'une Nation, planche de l'album © Bamboo / Tarral / Ordas
la haine comme moteur
La couverture atypique dénote sur les étals et attire ainsi l’attention parmi les dizaines de nouveautés qui sortent chaque semaine. Et force est de reconnaître qu’elle est parfaitement raccord avec la thématique !

Patrice Ordas est venu à la bande-dessinée sur le tard. Enseignant à la Haute École de Joaillerie de Paris, c’est après qu’ait sonné l’heure de la retraite qu’il croise Patrick Cothias, notamment scénariste des 7 Vies de l’Epervier et de ses multiples séries parallèles. Commence alors pour Patrice Ordas une seconde vie de romancier et de scénariste de bande-dessiné. On lui doit notamment l’Ambulance 13 qui aborde la Grande Guerre avec un angle aussi original que bougrement intéressant…

Cette nouvelle série au long-court aurait dû conduire le journal de la guerre d’indépendance jusqu’à nos jours, en passant par la guerre de Sécession, la ruée de l’Ouest ou les guerres mondiales. A travers l’histoire de ce journal fictif et d’une ambitieuse saga familiale en devenir, c’est celle des Etats-Unis d’Amérique que Patrice Ordas se proposait de nous raconter… Et, comme pour l’Ambulance 13, ce changement de paradigme permet d’aborder l’histoire par un biais bougrement intéressant, dévoilant des pans méconnus de l’histoire et permettant au lecteur de comprendre comment l’essor de la presse et celle d’une nation se sont faite de manière concomitante, rappelant au passage qu’aujourd’hui plus encore qu’hier, la presse papier est l’un des piliers de nos démocraties…

Mais la vie a décidé que le scénariste ne verrait pas ce premier opus… Le Journal, les premiers mots d'une Nation, planche de l'album © Bamboo / Tarral / OrdasNous ne pouvons qu’espérer que le travail richement documenté qu’il a réalisé pour amorcer cette saga puisse se poursuivre tant le sujet s’avère intéressant…

S’appuyant sur une solide base historique, le scénario s’avère particulièrement entraînant… On y croise notamment Lafayette, envoyé par Louis XVI soutenir les insurgés. L’apurement de la dette qu’il va contracter auprès Prius à qui il ne peut payer un exemplaire de sa gazette va décider de l’avenir du Liberty Sentinel… Construit autour de la haine que se vouent Nathan Prius et Georges Elis qui servira de fil rouge à l’album, le scénario de Patrice Ordas nous conduit à un final ébouriffant aussi réussi qu’inattendu. Mais au-delà de la haine réciproque que se voueux ces deux hommes, l’album retranscrit avec justesse la complexité d’une société qui porte encore en elle, et ce durablement, les stigmates d’une guerre qui déchira la société américaine.

Philippe Tarral, dont on avait apprécié le talent sur les fascinants Héros Cavaliers (scénario de Patrick Cothias), nous livre des planches somptueuses portées par des aquarelles lumineuses qui nous plongent au cœur du XVIIIe siècle. Le soin apporté aux décors comme aux costumes civils et militaires apportent au récit toute la crédibilité historique nécessaire à ce genre de saga.

Le Journal, les premiers mots d'une Nation, planche de l'album © Bamboo / Tarral / OrdasAvec Le Journal, Patrice Ordas amorçait une série ambitieuse qui se propose de raconter l’histoire des Etats-Unis d’Amérique à travers celle d’un journal né pendant la Guerre d’Indépendance et dont on devait suivre le développement au fil des générations et des évènements saillants de l’histoire de cette jeune nation.

Patriote, Nathan Prius a pris les armes pour lutter contre les anglais pendant de la Guerre d’Indépendance mais aussi la plume, pour relater les faits survenus au front dans un feuillet, le Liberty Sentinel, glissé dans du Richmond News de Georges Elis… Prius souhaiter créer son propre journal pour s’affranchir de la tutelle oppressante d’Elis qui n’hésite pas à s’attribuer la paternité des articles du premier à qui il devait pourtant l’essor de son journal. Le mépris va se changer en haine farouche puis en lutte mortelle…

Superbement mis en image par les aquarelles de Philippe Tarral, Le Journal, les premiers mots d'une Nation s’avère entraînant et captivant et on ne peut que regretter que le scénariste n’ait pas pu lire cet album… Sans doute en aurait-il été très fier. A juste titre…


- A qui écris-tu ? A ta promise ?
- A toutes les promises d’Amérique mon général… C’st un journal… Le Liberty Sentinel…
- C’est un titre qui me plait, mais un journal sur du papier à amorce, n’est-ce pas fragile ? Le papier coûte cher…dialogue entre Lafayette et Nathan Prius

Le Korrigan




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