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La Bête, Traque en Gévaudan
La Bête, Traque en Gévaudan



Fiche descriptive

Jeux familial

Multivers

Charlec

Ann & Seb

Trade Invaders

2 à 5 joueurs

12 ans et +

60 mn

octobre 2022


39€95
Chronique
La Bête, Traque en Gévaudan
L’Ombre de la Bête

La Bête est un jeu asymétrique opposant un joueur endossant le rôle de la Bête du Gévaudan à un ou plusieurs joueurs incarnant les Enquêteurs historiques dans la Lozère de la France du XVIIIème siècle.
un chef d'oeuvre!


L’Ombre de la Bête
An de grâce 1764. Femmes et enfants du Gévaudan sont la proie d’une Bête indicible qu’on pense guidée par la main de l’homme… Les joueurs incarnent des hommes chargés de la traquer et de la capturer… Sauf l’un d’eux qui incarne la Bête elle-même et qui doit semer la mort dans la région…

Règles et matériel

La Bête, Traque en Gévaudan, des aides de jeu bien pensées © Multivers / Ann & Seb / CharlecIl est des jeux dont le matériel nous donne furieusement envie de se lancer dans l’aventure. D’autres dont la thématique exerce sur nous une fascination irrésistible… La Bête, Traque en Gévaudan appartient clairement aux deux catégories…

Outre la boîte, magnifiquement illustrée par les impressionnants Ann&Seb, le plateau est tout juste somptueux tout en réussissant le tour de force d’être parfaitement lisible ! Car en lieu et place de plateau, c’est bien une carte du Gévaudan que l’on peut voir, avec ses reliefs et ses forêts, ses hameaux et ses villages reliés par des chemins, routes et sentiers… Recouvrant en partie le plateau, crucifix, lunettes, montre à gousset (un peu anachronique, certes puisqu’elle fut inventée au environ de 1880), couteau de chasse, pistolets, sabres et mousquets sonnantes et trébuchantes qui contribuent à immerger les joueurs dans cette ambiance oppressante et inquiétante qui devait régner dans cette région reculée… Et le matériel s’avère du même tonneau : des pions magnifiques, des cartes superbes, des jetons Traces superbes en plus d’être agréables à manipuler… Car si le matériel est superbe, il s’avère tout aussi ergonomique… Chapeau bas à Multivers donc, pour ce formidable travail éditorial !

La Bête, Traque en Gévaudan,  de magnifique jetons © Multivers / Ann & Seb / CharlecLe livret de règles (8 pages) est lui aussi une petite merveille. Un récitatif emprunté au Pacte des Loups de Christophe Gans (film particulièrement raté truffé d’idées débiles et de références incongrues), un récitatif contribue à poser l’atmosphère du jeu en posant le contexte… Les règles sont claires, fluides et remarquablement bien organisées. Mise en place et différentes phases de jeu y sont exposées avec efficacité, alors qu’un petit texte sur Jacques Portefaix, le gamin qui parvint à faire fuir la bête et de précieux conseils aux Chasseurs et à la Bête sont prodigués en fin de livret…

Contenu de la boîte : 1 plateau de jeu, 1 pion Bête, 30 cartes Village, 24 cartes Evènements (6 par saison) 5 cartes Identité de la Bête, 5 jetons Trace, 1 marqueur Vagabond, 25 gouttes de sang (symbolisant les victimes de la Bête), 1 plateau de jeu pour la Bête, 6 meeples noirs (les détachements de Dragons), 6 meeples Blancs (les milices paysannes) et, pour chacun des 4 Enquêteurs : 1 pion et 1 plateau Enquêteur.


Déroulement d’une partie

Mis en place
La mise en place est d’autant plus fluide que les règles s’avèrent claires.

La bête choisit son identité secrète puis, choisit secrètement par lequel des 5 villages elle va entrer en Gévaudan. Les Enquêteurs placent leurs figurines sur le Village ou Hameau de leur choix. La Bête révèle le village où elle se trouve. Elle y fait une victime si aucun Enquêteur ne s’y trouve. La traque peut commencer…
La Bête, Traque en Gévaudan,  visuel © Multivers / Ann & Seb / Charlec
Déroulement
Le jeu se déroule sur trois années subdivisées en 4 saisons… Chaque saison se déroule en 4 Phases :
La Bête, Traque en Gévaudan, des lieux à quelques lieues © Multivers / Ann & Seb / Charlec1Phase I : Saisons: on révèle une carte saison et les Enquêteurs affectent un renfort sur le village de leur choix.

2Phase II : la Bête: La bête récupère le jeton Trace placé deux saisons plus tôt ainsi que la carte jouée à la même saison l’année précédente.
Elle choisit secrètement le village où elle souhaite frapper. Ce dernier devra être situé à moins de 4 lieues du village où elle se trouve et la Bête est obligée de se déplacer. Puis, elle choisit la trace qu’elle souhaite laisser parmi celles disponibles. Le jeton peut être joué face cachée mais aussi face visible pour bénéficier de son pouvoir, en contrepartie de quoi le joueur a révélé son identité !

3 Phase III : Les Enquêteurs: les enquêteurs vont se déplacer de 0, 1 ou 2 lieues. Ils peuvent cependant se déplacer de 3 lieux mais ne pourront alors pas empêcher une attaque (la figurine est alors couchée) mais pourront néanmoins enquêter…

4 Phase IV : Terreur: la carte destination jouée par la Bête est révélée. La Bête se déplace et fait, dans le village d’arrivée, un nombre de victimes égal à (5-nb de lieues parcourues). Une goutte de sang est placée sur le village pour chacune des victimes. Si un Enquêteur ou un Dragon se trouve dans le village, la Bête n’y fait aucune victime. Si une milice paysanne s’y trouve, elle fait une victime de moins…

Ensuite, l’enquête peut avoir lieu si un Enquêteur se trouve sur un village ou a frappé la Bête ou si un Enquêteur se trouve sur un village attaqué la saison précédente… La trace s’y trouvant est alors révélée… Si elle fait partie des deux Suspects que l’Enquêteur en question peut reconnaître, le jeton Trace est capturé par l’Enquêteur et demande aux joueurs si c’est son identité. Si tel était le cas, la Bête est démasquée et les Enquêteurs remportent la partie. Sinon, la traque et la partie continuent.

La Bête, Traque en Gévaudan,  visuel © Multivers / Ann & Seb / Charlec
Fin de Partie
La partie s’achève sur la victoire de la Bête sitôt qu’elle a tué sa vingt-cinquième victime.
Les Enquêteurs remporte la partie s’ils démasquent la Bête ou capture les 4 autres jetons.
A l’issue de la quatrième année, on ajoute le nombre de victimes aux jeton Trace encore en possession de la Bête. Si le total atteint ou dépasse 25, la Bête remporte la partie. Sinon, les Enquêteurs sont vainqueurs…

l’Avis de la Rédaction

Autant le dire sans ambages, La Bête, Traque en Gévaudan nous a clairement emballé ! Car le ramage est clairement à la hauteur du plumage…
La Bête, Traque en Gévaudan, aperçu du matériel © Multivers / Ann & Seb / Charlec
Dès la première partie, on perçoit la subtilité des mécanismes qui s’imbriquent si parfaitement qu’on ne peut qu’être impressionné par la simplicité et la fluidité des règles… Chaque rouage s’avère être parfaitement à sa place… Le déplacement de la Bête corrélé au nombre de victimes ; les Dragons et les Milices qui, placé au fil des saisons, vont chacun agir différemment sur le déroulement du jeu ; le concept de déplacement secret et de traces laissées par le loup dont le choix, cornélien, est l’un des noyaux du jeu… Et jouer une Trace indécelable par les Enquêteurs situés à proximité n’est qu’une des options possibles ! Car le bluff est permis… Les deux Traces que chaque Enquêteur peut identifier, une de façon unique, l’autre étant le Vagabond. Les capacités de chaque identité possible de la Bête qui influencent elles aussi le cours du jeu et peuvent s’avérer déterminante pour la victoire de cette dernière.

La Bête, Traque en Gévaudan, des évènements au fil des saisons © Multivers / Ann & Seb / CharlecLa vitesse de déplacement de la Bête s’avère elle aussi savamment étudiée pour permettre des déplacements incisifs tout en étant insuffisante pour échapper pleinement aux Enquêteurs qui, alors que la carte se recouvre de Dragons et de milices paysannes, devient de plus en plus difficile à arpenter pour la Bête…

Les cartes Evènements apportent de l’impondérable dans la partie, accentuant l’immersion dans la thématique de façon saisissante. Avantageant tantôt les Enquêteurs (au printemps et en été) tantôt la Bête (en Hiver et en automne), elles obligent les joueurs à infléchir leur stratégie en intégrant ces aléas dans la traque…

La Bête, Traque en Gévaudan,  visuel © Multivers / Ann & Seb / CharlecLe matériel et la thématique formidablement bien retranscrits par la mécanique du jeu rendent l’expérience ludique particulièrement immersive… Avec un groupe de rôlistes, les joueurs se fondent presque dans le rôle de leurs personnages, usant de phrases de circonstances en faisant part de leurs doutes et de leurs réflexions, renforçant par la même l’immersion dans ces terres inhospitalières du Gévaudan.

Asymétrie oblige, le jeu offre des sensations radicalement différentes selon qu’on incarne la Bête ou un Enquêteur ! Quel plaisir de se jouer des Enquêteurs lancés sur votre piste, d’agir à contre-courant de ce qu’ils pensent, de faire mine de les entraîner vers tel ou tel village pour, dans une course folle, se rendre dans un autre, où l’on pourra certes faire moins de victimes mais d’où l’on augmentera sensiblement le champ des possibles tout en semant, certes provisoirement, quelques-uns des chasseurs !
La Bête, Traque en Gévaudan, les plateaux individuels des Chasseurs © Multivers / Ann & Seb / CharlecDe même, dans l’autre camp, quel pied que de resserrer l’étau autour de la bête, à grands renforts de Dragons et de Paysans, de parvenir à déterminer où elle frappera pour mieux l’enfermer dans une nasse qu’on aimerait inextricable… jusqu’à ce qu’elle nous file entre les doigts, opérant une prudente retraite… Dans un camp comme dans l’autre, l’expérience ludique s’avère tout juste grisante…

Ajoutons qu’une variante, à réserver aux joueurs expérimentés, est proposée, pour rendre les parties plus stratégiques et plus passionnantes encore… Lors d’une sorte de draft et pour chaque saison, les cartes Evènements seront sélectionnées ou défaussées tour à tour selon qu’elles favorisent la Bête (Automne et Hiver) ou les Enquêteurs (Printemps et Eté) pour n’en conserver que 3 par saisons… Ensuite, durant le jeu, en lieu et place de les tirer au hasard, chaque camp choisira la carte qu’il souhaite jouer… S’ouvrant de nouvelles possibilités tactiques ! Simplissime mais diaboliquement efficace !

La Bête, Traque en Gévaudan, le plateau de la Bête © Multivers / Ann & Seb / CharlecHéritier du Scotland Yard de Michael Schacht ou de la Fureur de Dracula de tephen Hand et Kevin Wilson, La Bête, Traque en Gévaudan s’avère bien plus réussi et enthousiasmant que ses pourtant illustres prédécesseurs.

Peu de hasard ici, si ce n’est la carte évènement tirée à chaque saison et qui vient apporter une touche d’impondérable à la partie. Le reste n’est que déduction, bluff et anticipation. Magnifiquement illustré par Ann&Seb, le matériel est somptueux et contribue indéniablement à immerger les joueurs dans le Gévaudan du XVIIIe siècle.

Ce fascinant jeu asymétrique, l’un des joueurs incarnant la Bête qui doit semer la mort et les autres les Enquêteurs désireux de mettre fin à ses agissements, s’avère être un petit bijou : chacun des mécanismes contribue à poser cette atmosphère oppressante et inquiétante qui devait régner dans les terres reculées du Gévaudan. On sent la passion qui anime l’auteur et le travail de documentation qui a été fait en amont pour développer la thématique… Jouer avec des rôlistes qui, de façon très naturelle, ont tendance à se glisser dans le rôle qui leur est imparti, ne fait qu’accentuer le plaisir que l’on prend à jouer !

Pour son premier jeu édité, Charlec signe un petit chef d’œuvre appelé à devenir un classique du genre…



On aime...

le matériel somptueux et immersif
la mécanique élégante au service de la thématique
l’atmosphère envoûtante
les sensations très différentes selon qu’on joue la Bête ou les Enquêteurs

On n'aime pas...

voir la bête s’échapper de la nasse

Le Korrigan




Inspiration jeux de rôle

Cette fiche n' est référencée comme inspi pour aucun jeux de rôle.