


Dans un monde transformé en immense décharge à ciel ouvert qui s’étend à perte de vue, Eingyi, Bambi et Lombric, une poignée de gamins livrés à eux même connus sous le nom de la bande des Microbes, se serrent les coudes pour tenter de survivre dans cet environnement violent et hostile ou chacun tend à donner libre court à ses plus bas instincts…
Lorsqu’il tombe sur la bande rivale dirigée par Stigma, Lombric, le plus fragile de la bande, se fait souvent passer à tabac… Armé de sa batte cloutée, Eingyi le défend avec tant de rage et d’acharnement que même Bambi est obligée de tempérer ses ardeurs guerrières…
Plus tard, notre trio braque le magot d’Everdred et Steiner, deux salopards dangereux qui allaient acheter leur came… Ils ne sont pas du genre à se laisser détrousser par des gosses et vont chercher Stigma pour qu’il les aident à régler leur compte aux Microbes un fois pour toute…
Quel plaisir jubilatoire, et sans doute un brin malsain, que de se replonger dans l’univers post-apo esquissé par l’impressionnant Petit Rapace dans le second opus de Lowreader où il partageait l’affiche avec Guillaume Singelin,Run, Tanguy Mandias, Ludovic Chesnot et Pivwan, excusez du peu…

Dès la première planche on replonge dans cette violence qui innervait son récit dont le cadre s’inspirait de la sinistre décharge de Manille où s’affrontent des gangs ravagés par les drogues de synthèses frelatées… On y voit un jeune gamin se faire défoncer par une bande de jeunes particulièrement cruels… L’arrivée de ses potes, Eingyi et Bambi lui permet de lui sauver la mise mais l’ambiance et le décor sont posés de façon aussi cinglante qu’efficace…
Cette violence contraste avec la rondeur du dessin de Petit Rapace et la rend plus insupportable encore, comme si, en s’en prenant à Lombric, on s’en prenait à l’innocence même de l’enfance… C’est fort et d’autant plus efficace que le soin apporté aux cadrages et le découpage cinglant des planches rendent les scènes d’action particulièrement dynamiques, renforçant la cruauté des protagonistes et de l’univers…
Puis, soudain, alors que la violence étend son emprise sur les hommes, le couperet tombe, dans le bruit sourd et retentissant comme d’un flingue qui crache ses bastos dans la carcasse d’un gamin… Et le récit prend un tournant impromptu, un twist fantastique qui fait basculer l’histoire dans l’horrifique gore de façon totalement inattendue, ce qui rend la séquence plus impressionnante encore ! Avec le cliffhanger de la dernière planche, on se doute que les choses ne vont pas s’arranger pour les survivants…

Quelle que soit la nature de la créature qui s’éveille, ils vont clairement en baver…
On ne pensait pas retrouver les protagonistes de Slum Kids dans ce monde post-apo où la Terre ne semble plus n’être qu’une décharge à ciel ouvert.
Eingyi, Bambi et Lombric, les Microbes, vont avoir fort à faire pour échapper à deux autres bandes bien décidées à leur faire la peau… Bien sûr, Eingyi et Bambi ont du répondant, de la rage et de la hargne aussi… Mais ils auront fort à faire pour surmonter la tragédie qui s’annonce et la monstruosité qui va en sortir…
Le fascinant dessin tout en rondeur de Petit Rapace contraste avec la noirceur et la violence du propos, renforçant par la même la dramaturgie de l’histoire où la violence et la folie des hommes règnent en maître… La dernière case laisse quant à elle augurer une suite des plus inquiétantes…
- Je devrais pas te parler de tout ça, c’st normal que tu ne comprennes pas. T’est encore qu’un gosse…
- De quoi ??! Un gosse ? J’fum, je sniffe, j’ai tué et braqué aussi, j’suis un homme !dialogue entre Bambi et Eingyi