




La belle et son inquiétant pygmalion
![]() ![]() ![]() ![]() Le tout Paris est en émois. Il se murmure dans les couloirs et les coulisses de l’Opéra Garnier qu’un fantôme hanterait les lieux… Alors que la direction s’apprête à changer, un machiniste est retrouvé pendu…Le Vicomte Raoul de Chagny mène une cour freinée à la belle et talentueuse Christine Daaé qui a remplacé la grande cantatrice Carlotta au pied levé et a fait un véritable triomphe… Mais il surprend une conversation entre elle est un homme à la voix lugubre dans sa loge alors que seule son aimée semblait s’y trouver… La nouvelle direction refuse de céder au chantage du mystérieux fantôme et ne compte pas lui verser les 20.000 francs exigés par ce dernir en plus de la loge n°5 dont il demandait qu’elle soit réservée à son seul usage… Et, malgré les menaces du Fantôme de l’Opéra, Carlotta va reprendre son rôle… La représentation est un véritable désastre : Carlotta manque de s’étouffer en chantant tandis qu’un lustre s’écrase dans le public, provoquant une véritable scène de panique… ![]() un classique sublimé par le talent des Frères Brizzi Après avoir illustré avec leur hallucinant talent La Chute de la maison Usher et transposé en bande-dessinée le sublime Don Quichotte de la Manche de Cervantès et l’Enfer de Dante, Paul et Gaëtan Brizzi s’emparent du chef d’œuvre de Gaston Leroux pour en signer une sublime et remarquable adaptation…Publié en 1910 sous forme feuilletonnée dans les pages du Gaulois, le Fantôme de l’Opéra est un roman fascinant qui, jouant les équilibristes entre roman policier et roman fantastique, n’a pas cessé d’inspirer dramaturge, metteur en scène, cinéastes et scénaristes… On se souvient du barique Phantom of the Paradise de Brian de Palma et de sa B.O. envoûtante, de l’irrésistible et irrévérencieuse parodie de Terry Pratchett (Masquarade), de la réinterprétation de Bibo Bergeron dans son un Monstre à Paris ou la remarquable adaptation du roman en BD signée par un Christophe Gaultier très inspiré… Mais la version des Frères Brizzi fera indéniablement date… Leur dessin est comme de coutume un enchantement. Leur séquencier fait montre d’un talent de conteur et d’une maîtrise parfaite de la narration graphique héritée de leur travail dans l’animation. Evoquant le travail des graveurs de la Belle Epoque, leurs crayonnés sont de toutes beauté et jouent avec art des ombres et des lumières pour distiller cette atmosphère inquiétante qui baigne le roman et entoure le personnage de l’énigmatique fantôme, fou d’amour pour la belle Christine Daaé dont il est le pygmalion dément… Leur travail accentue l’aspect résolument romantique de ce personnage fascinant qui, rejeté par la société s’est emmuré vivant dans le sublime édifice tout entier dédié à l’art lyrique et dont il a participé à l’édification pour y emménager des couloirs et des portes secrètes lui permettant de se déplacer tel un fantôme, d’apparaître et de disparaître avec une facilité désarmante… L’attitude très théâtrale des personnages renforce la dramaturgie de l’histoire de façon confondante et les décors s’avère comme de coutume sublimes et somptueux… Et que dire de cette couverture envoûtante, avec cette jeune femme au regard triste et ce masque fantomatique qui se dessine en arrière-plan ? ![]() Après leurs somptueux Don Quichotte de la Manche de Cervantès et l’Enfer de Dante et leurs fascinantes illustrations de l’œuvre d’Edgard Poe, Paul et Gaëtan Brizzi s’emparent du feuilletonesque roman de Gaston Leroux (par ailleurs inspiré de tragiques évènements réellement survenus entre les murs de l’Opéra) pour en signer une magistrale adaptation…La rumeur d’un fantôme hantant l’Opéra Garnier qui bruissait depuis des semaines semble fondée depuis que la grande cantatrice Carlotta a perdu sa voix sur scène et qu’un lustre se soit abattu sur le public… Fou d’amour pour la belle Christine Daaé dont il a modelé la voix, le fantôme semble prêt à tout pour se faire aimer d’elle… Evoquant les gravures qui enluminaient les chefs d’œuvre du XIXe siècle, les frères Brizzi composent des planches de toute beauté. Fort de l’expérience accumulé dans les studios d’animation, leurs crayons donnent vie aux fascinants personnages du roman qui évoluent dans des décors tout juste somptueux… Profondément inquiétant, leur fantôme n’en reste pas moins bouleversant de par sa destinée dramatique et sa fin tragiquement romantique. Le talent de Paul et Gaëtan Brizzi se révèle dans chaque planche et l’on se perd à contempler leur remarquable travail… Mon rêve ? Que ces dessinateurs virtuoses adaptent le Cyrano d’Edmond Rostand… - Vous avez vu mon visage de monstre. Comment puis-je espérer que vous m’aimiez un jour ?
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