Fiche descriptive
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Chronique | ![]() |





Un drôle d’énergumène
1876. Jeune juif alsacien fils d’un marchand de bestiaux, Albert Kahn n’a que seize ans lorsqu’il quitte sa campagne natale pour s’installer à la capitale. Son sens des affaires et son ouverture au monde lui vaudront une ascension fulgurante dans le monde de la finance : débutant comme simple employé de banque, il fondera son propre établissement en 1898.Mais amasser une fortune colossale ne sert à rien si elle ne profite pas au plus grand nombre… En 1898, il propose de conséquentes bourses de « Voyage autour du Monde » à des étudiant agrégés, hommes et femmes, afin qu’ils découvrent de nouveaux horizons. Plus tard, il envoie de par le monde des photographes pour constituer un inventaire de la planète pour les générations futures… Toute sa vie durant, il n’aura de cesse que d’encourager l’entente et les échanges entre les peuples et le déclenchement de la première guerre mondiale fut pour lui un coup de semonce… Mais elle ne mit pas fin à ses actions philanthropiques qui se poursuivirent jusqu’à ce que la crise de 1929 ne le laisse ruiné et ne mette fin à son utopie… ![]() le rêve humaniste d’un monde idéal Avec cet album, Didier Quella-Guyot met en lumière un homme peu commun et aujourd’hui étrangement méconnu malgré l’action philanthropique et utopique qu’il a mené toute sa vie durant…Albert Khan et tout du personnage de roman : un self-made-man qui a fait fortune dans la finance et qui décide de mettre le fruit de son travail au service des autres, un homme travailleur, peu à l’aise avec les mondanités, refusant de se laisser photographier, complexé par son accent alsacien, visionnaire et désireux d’œuvrer pour les générations futures, végétarien, pacifiste, humaniste, discret et modeste… Le scénariste du fascinant -[http://sdimag.fr/index.php?rub=0&art=Affiche_Fiche&aff_param=2&ID=6099#4467]Halifax, mon chagrin[/url] (mis en image par le talentueux Pascal Regnauld) ou de Facteur pour femmes (amorcé par Sébastien Morice et achevé par un certain Emmanuel Cassier) en esquisse un portrait fascinant et ses parti-pris narratifs, telle sa relation possible avec Marie-Angèle Renault comblent les lacunes de sa biographie tout en permettent à l’auteur de préciser les buts, les motivations et les idées visionnaire du bonhomme par le biais de dialogues édifiants… ![]() Conscient de ce que les bouleversements technologiques allaient engendrer comme changement aux quatre coins du monde, il voulut documenter le monde tel qu’il était de son vivant, pour garder trace des activités humaines qui allaient disparaître en constituant ce qui reste encore aujourd’hui comme le plus grand fonds d’autochrome mondial ! A l’heure où les hommes les plus riches de la planète ne semblent intéressé que par l’accroissement de leur fortune personnelle déjà ahurissante, l’exemple d’Albert Kahn rappelle que l’argent se devrait être un moyen et non un but. Le dessin d’Emmanuel Cassier à qui l’on doit notamment l’édifiante et sordide Affaire Markovic à laquelle a été étroitement liée Alain Delon (sur un scénario de Jean-Yves Le Naour) signe un dessin généreux qui immergent le lecteur dans la Belle Epoque qui vit naître l’utopie humaniste d’Alfred Kahn. Il esquisse le portrait d’un homme étrange dont on se doute qu’il n’a sans doute pas fait l’unanimité parmi ses pairs mais dont la vie méritait amplement d’être connue et racontée… ![]() Il est des hommes qui méritent d’être mis en lumière. Albert Khan est de ceux-là…Né en Alsace et de confession juive, Albert Khan monta à la capitale à seize ans à peine. Il commença comme employé de banque avant de gravir les échelons et de fonder son propre établissement. Devenu millionnaire, il créa des bourses pour permettre aux agrégés, hommes et femmes, de voyager à travers le monde, envoya des photographes sillonner le globe pour créer des archives picturales des différents pays afin qu’une trace perdure de ce qui allait selon lui nécessairement disparaître… Ce banquier philanthrope, modeste, fervent pacifiste et un végétarien convaincu a ainsi constitué le plus grand fond de photographies autochromes du monde avant de perdre sa fortune lors de la crise 29… Pour écrire la biographie de cet homme peu commun aussi difficile à comprendre qu’à cerner mais dont l’exemple pourrait, soyons fous, inspirer nos milliardaires contemporains plus soucieux de s’enrichir sans vergogne que d’œuvrer au bien de l’humanité, Didier Quella-Guyot retrouve Emmanuel Cassier avec qui il avait déjà signé Facteurs pour femmes et Esclaves de l'île de Pâques. Le dessin généreux de l’artiste porte joliment cette édifiante et passionnante biographie d’Albert Kahn, l’homme qui voulut archiver le monde… - Quel drôle d’énergumène !
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Liens
Albert Kahn [wikipedia]
Galerie
Albert Kahn, l'archiviste de la planète, planche de l'album © Glénat / Cassier / Quella-Guyot
Albert Kahn, l'archiviste de la planète, planche de l'album © Glénat / Cassier / Quella-Guyot
Albert Kahn, l'archiviste de la planète, planche de l'album © Glénat / Cassier / Quella-Guyot