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Chagrin
Chagrin



Fiche descriptive

Roman Graphique

Rodolphe (librement adapté de la Peau de Chagrin Honoré de Balzac)

Griffo

Griffo

Glénat

4 mars 2026


24€

9782344068458

Chronique

Dans le Paris des années 1830, Raphaël de Valentin, un jeune noble ruiné par une série de mauvaises décisions, de mauvaises fréquentations et de malchances, erre en quête d’un peu d’amour, de bonheur et d’argent !

Au bord du suicide, il entre dans une boutique d’antiquités, espérant y trouver quelque chose susceptible de le distraire de ses pensées noires et son chagrin. Un vieil homme mystérieux, lui montre un objet étrange : une peau. Cette peau, selon l’antiquaire, exauce tous les désirs de son propriétaire, mais à chaque souhait réalisé, elle rétrécit et la vie de son possesseur diminue proportionnellement.
un excellent album!


Rêves et désillusions
Chagrin, planche de l'album © Glénat / Griffo / Rodolphe / Balzac1830… Jeune noble sans le sou, Raphaël de Valentin erre dans la capitale en quête de gloire, d’amour et d’argent… Il a vu sa famille sombrer dans la pauvreté et a gagné Paris où il espère devenir écrivain… Il loge dans une modeste chambre sous les toits et ses romans ne rencontrent pas les succès escomptés.

Lors d’une promenade au jardin du Luxembourg, il croise Eugène de Rastignac qui allait lui ouvrir les portes de la haute société parisienne et lui faire rencontrer la troublante Comtesse Foedora dont il tombe éperdument amoureux et qui lui laissera entrevoir un avenir possible et caresser le rêve d’un mariage prochain… Mais le jeune homme passionné se fourvoie sur les sentiments de la Comtesse… Après avoir fait fortune grâce à la passion du jeu de Rastignac, il vit une vie de débauche et de luxure, dilapidant sans compter et jouant sans vergogne… Mais il finit par perdre au jeu ses derniers sous et songe un temps au suicide…

Chagrin, planche de l'album © Glénat / Griffo / Rodolphe / BalzacC’est alors qu’un mystérieux antiquaire lui fait cadeau d’un morceau de peau qu’il prétend à même d’exaucer le moindre de ses désirs. Ne prêtant pas foi aux divagations du marchand, il emporte néanmoins cet étrange objet… Dès lors sa vie va changer du tout au tout et la chance va lui sourire, enfin ! Il allait connaître la fortune et l’amour… Mais chaque médaille a son revers… Au fil des jours et des vœux exaucés, la peau se réduit peu à peu… Au faîte de son bonheur, le jeune homme sent sa santé décliner… L’antiquaire l’avait averti : lorsque la peau ne sera plus, ça en sera fini de sa vie…


une réinterprétation somptueuse et envoûtante d’un des chefs d’œuvre d’Honoré de Balzac…
Quel plaisir que de retrouver ces deux talentueux auteurs pour un nouveau roman graphique somptueux et entraînant. Après La Main du diable, libre et fascinante adaptation du Diable dans la bouteille de Robert-Louis Stevenson et Rainmaker, biographie romancée du singulier Charles Hatfield, le tandem se propose de revisiter la Peau de Chagrin, petit bijou d’orfèvrerie d’Honoré de Balzac, inspiré du mythe de Faust…

Chagrin, planche de l'album © Glénat / Griffo / Rodolphe / BalzacMais là où Goethe faisait intervenir un élément éminemment fantastique, l’intervention de Méphistophélès, incarnation du Diable, le fantastique de la Peau de Chagrin est réduit à sa portion congrue. On n’a d’ailleurs aucune certitude de la réalité des pouvoirs de cet étrange artefact, comme le souligne avec justesse le scénariste dans l’intéressant dossier qui referme l’album… En scénariste chevronné, Rodolphe prend le temps de poser le personnage de Raphaël de Valentin dont le nom seul est chargé d’ironie… Le scénariste décrit le lent déclin de sa famille, la mort de sa mère, puis de son père, ruiné par la restauration, et d’esquisser les rêves du jeune homme et ses aspirations les plus secrètes… Sa relation avec sa logeuse, et sa fille dont on devine qu’elle est amoureuse du jeune homme, est décrite avec finesse, de même que celle qu’il s’imagine pouvoir avoir avec la Comtesse Foedora… De désillusions en espoirs déçus, il finira sur le parapet d’un pont, voulant mettre un terme à sa trop triste existence… Mais, alors que tout semble perdu, que ses rêves d’amour et de richesse semblent à tout jamais enfuis, ce petit bout de peau offert par un antiquaire allait changer sa vie… ou tout au moins lui laisser entendre que cette fortune qui lui sourit enfin lui était imputable… Et, alors qu’il a tout, renommé, amour, voluptés et richesse, voilà qu’il comprend qu’il peut tout perdre, comme si son destin était d’être malheureux, comme si d’avoir enfin réalisé ses rêves les plus fous était source de suffocantes angoisses… Cette réinterprétation du roman de Balzac est une petite merveille d’écriture et les dessins de Griffo ne sont pas en reste…

On retrouve le style si caractéristique du dessinateur belge dont chaque nouvel album est un enchantement pour les yeux. Ses compositions sont de toutes beauté, de ses décors savamment étudiés à ses costumes qui nous entraînent avec force dans le Paris du XIXe siècle. Dessinateur aussi talentueux que chevronné l’artiste fait montre d’une grande maîtrise de la narration et d’une capacité saisissante à donner vie à des personnages grâce à un trait semi-réaliste aussi élégant que parfaitement maîtrisé et une mise en couleur subtile et délicate. Les rêves et les tourments de Raphaël de Valentin sont ainsi retranscrits avec soin, servant remarquablement le récit de son complice scénariste…

Chagrin, planche de l'album © Glénat / Griffo / Rodolphe / BalzacAprès leur remarquable adaptation du Diable dans la Bouteille (La Main du diable) de Robert Louis Stevenson et Rainmaker, leur fascinante biographie romancée de Charles Hatfield, Rodolphe et Griffo se proposent d’adapter la Peau de Chagrin d’Honoré de Balzac en réinterprétant librement l’œuvre originale sans en travestir l’esprit.

Noble désargenté échoué dans la capitale, Raphaël de Valentin caresse le rêve de devenir écrivain et de rencontrer l’amour… Le jeune et ambitieux Eugène de Rastignac allait lui ouvrir les portes de la grande société et lui faire rencontrer la Comtesse Foedora dont Raphaël allait tomber follement amoureux et avoir l’illusion que ses sentiments étaient partagés… Hélas, il n’en fut rien… Après avoir fait fortune et tout dilapidé, le jeune homme songe à mettre un terme à sa vie… Un vieil antiquaire lui offre un fragment de peau dont il affirme qu’il peut exaucer le moindre des désirs de son propriétaire… Mais il y a une lourde contrepartie à payer…

Librement inspiré du chef d’œuvre de Balzac, le scénario de Rodolphe s’avère si subtilement fantastique qu’on ne sait si la peau possède un pouvoir ou si le jeune Raphaël y prête juste foi… Le scénariste chevronné prend le temps de poser son personnage, de mettre en scène la déchéance de la famille, ses rêves d’écrivaillon attendant la gloire, et ce chagrin qui le suit comme son ombre, comme s’il était de ceux qui n’avaient pas le droit au bonheur… Pourtant il est aimé de la fille de sa logeuse mais c’est à peine s’il la voit, aveuglé par la beauté troublante de la Comtesse… D’espoirs en revers de fortune, il se résigne peu à peu à son tragique destin lorsque la peau de chagrin arrive dans sa vie et la change du tout au tout… Mais, après avoir profité de ses soi-disant pouvoirs, la peur de tout perdre, et le bonheur et l’amour, le mine peu à peu et l’entraîne vers la tombe… Le récit romantique de Rodolphe est mis en image par les pinceaux généreux de Griffo qui impressionne toujours par la pertinence de ses compositions, l’élégance de son trait et sa capacité à donner vie à des personnages délicieusement décalés et à retranscrire leurs états d’âmes pour rendre le récit tout particulièrement poignant… Cette relecture moderne et fascinante du roman de Balzac, lui-même inspiré de la damnation de Faust, s’avère tout à la fois poétique et captivante avec ce jeune noble dans le rôle de l’écrivain maudit mais dénué de talent…


Le combat sera âpre. Rome ne s’est pas faire en un jour !... Mais je triompherai !! Il le faut !! Foedora ou la mort !Raphaël de Valentin

Le Korrigan




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Inspiration jeux de rôle

Cette fiche est référencée comme inspi pour 1 jeux de rôle.

Maléfices a pour cadre la France de la Belle Époque (1870-1914), où les superstitions campagnardes et la mode citadine du spiritisme côtoient la pensée scientifique.
Crimes se déroule à la même époque et inscrit dans la tradition des littératures classique, fantastique et horrifique du XIXe siècle.