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Petit Miracle T2
Petit Miracle



Fiche descriptive

Fantastique

Petit Miracle

Tome 2

Valérie Mangin

Griffo

Griffo

Soleil

Fantastique

25 Janvier 2005

Chronique
Critique de la Série
Quel degré?

Paris, juillet 1789. Le roi Louis XIV est plus impopulaire que jamais. C’est le début de la Révolution.

Lors de la prise de la Bastille, Denis, le Petit Miracle, recouvre enfin sa liberté après quatorze année d’emprisonnement. L’heure est venue pour lui de se venger et d’accomplir son monstrueux destin. Parfait disciple de Sade, il parvient sans peine à convaincre le philanthrope docteur Guillotin d’inventer sa célèbre machine à décapiter…

Mais Talleyrand le sait : Denis n’a pas pour but de soulager les derniers instants des condamnés. Parviendra-t-il à empêcher les sinistres projets du Petit Miracle d’aboutir ou bien devra-t-il reconnaître, avec horreur et admiration, que l’élève a dépassé le maître
un excellent album!


Quel degré?
Série étrange s’il en est, Petit Miracle surprend à plus d’un titre et confirme le talent de scénariste Valérie Mangin.

Car cette série est déroutante. Le premier tome se propose de raconter l’enfance de Denis, enfant né de l’union charnelle d’une none et du corps sans vie d’un libertin décapité. L’enfant né de cette improbable union n’étant pas sans rappeler celle de l’enchanteur Merlin (en substituant Lucifer au libertin) jouissant d’une particularité troublante : celle d’avoir la tête séparée du corps. Miracle ! crieront les uns ! Démons hurleront les autres… Mais on se prend d’affection pour ce personnage étrange et turbulent, né différent à une époque ou l’obscurantisme régnait encore, alors que les Lumières de la révolutions allaient embraser la France…
Et comme le suggère la couverture, le second tome est bien plus sombre. Denis, condamné à habiter un corps d’enfant, va peu à peu se découvrir un pouvoir nouveau : celui de manipulateur, de marionnettiste de l’ombre. Il va jouer à tirer les ficelles de personnages influents, faisant sombrer la révolution des lumières dans un chaos sanglants, poussant les puissants à commettre les pires atrocités pour se venger de cette société qui a mis à mort son père.
Ange candide dans le premier tome, Démon impitoyable dans le second, ce revirement a de quoi surprendre le lecteur, mais les couvertures, fort bien pensées, ne sont-elle pas une sorte d’avant goût du récit que chacun de ces tomes propose ?

Et c’est peut-être là que le bas blesse. Quelle est la cause de ce soudain revirement? Ses années passées dans une prison dorée? Sa difformité qui l’exclus du siècle? Une rancœur trop longtemps accumulée? Peut-être faut-il aller chercher un peu plus loins, au delà de cette intrigue teintée de fantastique…

Denis ne serait-il pas autre chose qu’un enfant difforme? Ne serait-il pas plutôt l’incarnation du peuple français, une allégorie qui traverse cette époque troublée et est entraîné dans la spirale de la violence. Bien que différent et vivant hors du siècle dans l’enceinte du couvant ou dans sa prison de la Bastille, Denis a trouvé une sorte d’équilibre… Sa vie n’est pas des plus enviables, mais d’autres connaissent un sort bien moins reluisant… Puis il se laisse entraîner dans la tourmente révolutionnaire, se met à croire aux discours des bourgeois qui ont pris le pouvoir… Le roi et les nobles sont chargés de tous les maux, sans vergogne, ils exploitent et oppressent le peuple! Il faut, radicalement changer cette société, quitte à faire couler le sang… Et le visage de Denis décrit à merveille cette folie révolutionnaire qui s’est emparé du peuple et lui a fait commettre, au nom de la justice et de la liberté, les pires exactions. Peut-être ce diptyque doit-il être lu comme une fable racontant une époque et non comme l’histoire étrange d’un petit garçon né sous de mauvais hospices… Un rien suffit pour faire basculer un homme de la candeur à l’horreur…

Mais venons en au dessin. Le trait de Griffo, plus proche de Monsieur Noir que de Vlad ou Giacomo C fait une fois de plus merveille, de même que sa mise en couleur qui souligne fort joliment les deux atmosphères qui règne sur la série : les couleurs légères et pleines d’insouciance du premier tome se teintent de rouge dans la fureur révolutionnaire, alors que l’ombre de la guillotine se dresse en place de grève.

Une série à la fois courte et dense, étrange mais passionnante…

[+29+]
Le Korrigan




Inspiration jeux de rôle

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