Maniant l’humour noir et le cynisme, David Ratte, dont c’est à ma connaissance le premier album, nous propose une vision très sombre de notre avenir. Mais hélas ! une vision sans doute assez proche de ce que sera notre belle planète si ses habitants ne prennent pas rapidement conscience de l’autodestruction larvée dont ils sont la cause…
Immanquablement, on est emmené à penser à « Il faut que tu respires » de Mickey 3D pour la thématique et aux idées noires de Franquin pour la forme et la pertinence…
A travers de petite scénettes bien pensées, l’auteur nous emmène à travers une logique perverse mais irréprochable, à nous interroger sur notre avenir, celui qui se construit aujourd’hui, au quotidien…
Toxic [...]
« Morceau » d’héroïsme
Comme à l’accoutumée, La Geste nous narre un épisode particulier de l’ordre des vierges guerrières que nous commençons à bien connaître et que l’on doit à l’imagination d’Ange, cette fois-ci accompagnée de Briones, comme sur le tome 2.
J’ai un peu moins apprécié le dessin, qui est à mon avis le moins satisfaisant de la série et un cran au dessous de ce qui avait été fait pour « Akanah ».
Il est pourtant dynamique, et les flous utilisés dans les combats sont plutôt bien vus.
Le scénario est simplissime et tourne autour d’une bataille de l’Ordre des Chevaliers Dragons, qu’il mena par devoir et pour sa survie. De fait, on n’a pas forcément l’impression d’avoir vécu beaucoup de choses une fois la lecture finie, mais juste un siège légèrement entremêlé de politique,[...]
Un envoûtant premier tome
Cet album captive d’amblée par sa qualité graphique incontestable. La couverture est de toute beauté, plongeant d’emblée le lecteur dans un univers situé à la croisée de deux mondes, celui des Thuata de Danan et celui des hommes, un univers peuplé de créatures ancestrales en passe de disparaître… Le dessin d’Elvire de Cock qui signe ici son premier album est de toute beauté. Elle possède dors et déjà un style affirmé renforcé par une mise en couleur magistrale, mêlant fort joliment l’outil informatique aux techniques plus traditionnelles. Le résultat est saisissant, notamment dans les jeux d’ombres et de lumières, particulièrement bien réussis.
Le scénario est signé par un nouvel auteur, dans une certaine mesure… Car si Fabrice Colli[...]
Etrange mélange des genres et des styles
Cross Fire est incontestablement l’un des titres les plus sympathiques du catalogue soleil. Surfant sur la vague amorcée par le Da Vinci Code et mêlant habilement ésotérisme et histoire secrète, cette série aurait pu être une nième variation autour du thème de « l’Eglise vous ment, l’église vous spolie ».
Mais Jean-Luc Sala et Pierre-Mony Chan ont su renouveler le genre en emportant une note de fraîcheur et d’humour à cette série diablement musclée.
Ce qui frappe d’emblée, c’est le dynamisme des dessins de Pierre-Mony Chan. Les scènes d’actions sont particulièrement bien rendue, soulignée par une mise en couleur des plus efficace. Son trait (surprenant mais savoureux mélange entre de manga, de bd européenne et de comics) sert [...]
une envoûtante enquête
Etrange format pour une étrange affaire… Je ne suis pas habituellement un inconditionnel des petit formats, souples qui plus est… Mais le thème et l’époque à laquelle se déroulait l’intrigue (la Belle Epoque) est de ceux qui m’attirent, et force est de reconnaître que les dessins originaux de François David accrochent le regard.
Alors je me suis laissé tenté par ce roman graphique et policier et bien m’en pris! Car cet album happe le lecteur dès les premières pages pour ne le lâcher que 160 pages plus tard …
L’histoire, classique mais fort bien construite, est captivante, grave et légère à la fois. Les dialogues, rythmés et incisifs, sont d’une rare élégance, le tout renforcé par une légèreté du dessin pour[...]
Medellin, Colombie, aujourd’hui
Ce quatrième tome tant attendu clos cette tétralogie violente et sans concession. On y assiste à la chute inéluctable et attendue de Joàn dont on a suivi la fulgurante et sanglante ascension au fil des trois premiers tomes. Requiem est sans conteste un titre fort bien choisi évoquant avec justesse la fin d’une vie… Car ne nous y trompons pas, dès les premières pages, Joàn est déjà mort. En perdant son assurance, il n’est plus que l’ombre de lui même, sombrant peu à peu dans l’abîme de la folie et inspirant pitié et dégoût …
Cet album, s’il clos le cycle de façon honorable, laisse quelque peu le lecteur sur sa faim… L’histoire tragique de Joàn Mendez se fait moins poignante. Le lecteur est moins pris aux tripes que dans les trois premiers opus. Paradoxalement, alors qu’on s’[...]
Romantisme loufoque
Décalé, voire délirant, sans oublier d’être follement romantique, La Femme Floue est une BD atypique (en deux tomes denses), puisqu’elle cultive les faux-semblants et joue sur l’absurde pour captiver son lecteur. Et ça marche.
La quête de l’amour ultime et de la beauté absolue via cette métaphore de la recherche d’une femme pourtant floue, en fait un conte philosophique d’une puissance rare, qui devrait résonner en chacun de nous.
Les péripéties de ces improbables compagnons, depuis une cabane ou tous les perdus ont la fâcheuse habitude de se retrouver jusqu’à cette maison qui n’existe pas, sont l’occasion de pas mal de sourires, d’incroyables aventures et de fantasques rencontres, ponctués de clins d’oeil…qui permettent au lecteur d’évoluer en même temps que [...]
riche et cohérent
Servitudes est la nouvelle série concoctée par Fabrice David et Eric Bourgier, duo plein de talent qui avait signé « Live War Heroes », l’une des plus magistrale BD de la mouvance cyberpunk…
C’est donc avec une certaine impatience qu’on attendait de voir ce projet d’héroïc Fantasy se concrétiser. On y retrouve avec délice le trait superbe d’Eric Bourgier, parvenant à poser d’emblée une ambiance. Ses dessins, rehaussés par une mise ne couleur directe et monochrome du plus bel effet. Mais si les premiers albums s’inscrivent dans l’ère mythologique, le dernier, annonçant l’ère des hommes, bénéficiera paraît-il d’un traitement des couleurs différents. Une intéressante interview parue dans Suprême Dimension expliqu[...]
The Shield en BD
Brooklyn 62ND s’inscrit dans la droite lignée des meilleures série policières américaines, The Shield en tête…
Polar musclé et dynamique, mêlant habillement enquête et vie privée, Brooklyn 62ND est incontestablement une réussite. Intrigue classique mais prenant très bien ficelée, servie par des dialogues percutants et des personnages haut en couleurs, l’histoire concoctée par Michel Koeniguer se déroule impeccablement. L’intrigue prend ses racines dans Bushido, première série scénarisée et dessinée par l’auteur. Mais non contant de nous livrer une histoire haletante, l’auteur s’aventure à dénoncer certaines dérives de la société contemporaine qui laisse sur le bas côté de la route son lot d’exclus, de parias et de laissés pour [...]
le retour de la revanche
Voici donc Durango de retour après huit longues années de traversée du désert. Autant dire que cet album, maintes fois reporté, était attendu par les aficionados de la série…Yves Swolf, qui signait jusque là scénarios et dessins avait délaissé ce personnage tout droit sorti des films de Leone pour le Prince de la Nuit et pour sa nouvelle série, Légendes, dont le troisième opus vient de sortir. Mais l’appel de l’ouest, l’envie de poursuivre les pérégrinations de ce titreur doué, de reprendre à nouveau les pistes sablonneuses se fit sentir… Mais faute de temps, il ne pouvait assurer lui même les dessins…
Ceux qui se souviennent de la reprise de Dampierre pouvaient craindre le pire pour notre cowboy aux verbe rare mais à la gachette facile… C[...]
sauce bolognaise
Le western est un genre curieusement sous exploité en BD. Il y a bien sur Durango, Blueberry ou Red Dust, et, récemment l’original Règlement de Compte ou le savoureux Lune d’Argent sur Providence… Et puis il y a 500 fusils du trio Thierry Cailleteau (scénario), Fabrice Lamy (dessin) et Isabelle Rabarot (couleurs)et Adios Palomita scénarisé par Alain Clément et dessiné par les deux talentueux auteurs ci dessus…
On retrouve avec Angela l’esprit de ces deux albums, ones shot très réussis qui ne laissent généralement pas de marbre… On retrouve d’ailleurs la coloriste de ces deux albums sur celui ci…
L’histoire développée dans Angela est dynamique, très cinématographique, tant dans sa thématique que dans son traitement[...]
une délicieuse frustration
Ce premier album est une petite perle qui happe le lecteur dès les premières âges, pour ne plus le lâcher qu’à la dernière page, dans un état de frustration délicieuse.
Comme à son habitude, Roger Seiter a articulé son histoire sous la forme d’un diptyque. Les bédéphiles ont déjà pu apprécier son savoir faire de conteur dans la série Fog, mise en image par Cyril Bonin, HMS, dessiné par Johannes Roussel et l’envoûtant Dies Irae, dessiné par Max… Ce format permet de développer une histoire intéressantes, vécue par des personnages étoffés qui se développeront au fil de la série, sans à avoir à attendre trop longtemps pour en connaître le dénouement.
Cette fois ci, il renoue avec « Seule contre la loi » avec ces ambiances londonienne quR[...]