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Dernieres Chroniques
Bandes Dessinées


D'un classicisme épuré
Christian De Metter est un incroyable conteur qui impose, album après album, un style et un univers sombre et inquiétant, peuplé de personnages torturés.



L'Oeil était dans la tombe, dont le titre est tiré d'un poème de Victor Hugo (La conscience) évoquant le remord et la culpabilité, met en scène un personnage tourmenté qui va perdre pied et glisser vers l'abîme de la folie et du crime, avant de lui redonner cette parcelle d'humanité qui fait qu'on ne peut sombrer dans la facilité et se contenter de qualifier de monstre sadique... La touche finale déconstruit l'intrigue en la replaçant dans une nouvelle perspective, celle d'une ancienne blessure qui n'a jamais cicatrisée...



Classique mais remarquablement construit, le scénario glaçant d'efficacité est servi pa[...]
mythes revisités
La collection 1800 est décidément particulièrement envoûtante. Hommage à la littérature du XIXième, r nouant avec le roman feuilleton, les auteurs semblent prendre un réel plaisir à donner une seconde vie à des personnages emblématiques de la littérature policière et fantastique des romans du XIXième siècle. Le premier album de la série mettait en scène le grand Sherlock Holmes en l'opposant à des Vampires.

Dans cette nouvelle série, Dobbs et Antonio Marinetti mettent en scène Mister Hyde qui va retrouver les travaux d'un autre sulfureux savant, le Docteur Frankenstein qui donna naissance à une terrifiante créature. Qu'est ce qui sortira de la confrontation de ces inquiétantes recherches qui toutes deux dérapèrent avec les funestes conséquence que l'on sait?



La façon[...]
une comédie policière très réussie
Nous suivions les travaux de Cyril Bonin avec attention depuis la publication du premier tome de Fog qui nous avaient envoûtés, tant par la qualité du scénario de Roger Seiter et sa base historique solide que par celle des dessins très typés et littéralement envoûtants. C'est avec regret que les lecteurs ont apprit la mise entre parenthèse (sinon la fin) de cette excellente série mais ils ont pu se consoler avec le poétique Quand souffle le vent, scénarisé par Laurent Galandon.



C'est donc avec un réel intérêt que nous avons entamé la lecture du premier tome de Chambre Obscure, écrit et dessiné par Cyril Bonin.



L'action se situe peu avant la grande guerre qui allait embraser l'Europe. Toute à la joie de ses retrouvailles avec Alma, la soeur prodigue, de passage[...]
Tranches de vie
Comment tout le monde est une sorte de croisement entre le cynique 99 francs et the Truman Show... Sorti discrète au cinéma et descendue en flamme par la critique, l'histoire connaît une seconde vie sous forme de BD.



Évidemment écrit par les scénariste du film, Denis Lapière,Pierre-Paul Renders, mis en image par Rudy Spiesser et colorisé par Mathilda, l'album raconte la vie de Jalil. Candidat brillant d'un jeu télévisé dans lequel il faut donner la réponse la plus proche de celle des français, il attire sur lui l'attention des patrons d'une agence de pub, la SOMADI, qui voient en lui l'incarnation du parfait cobaye... Peu scrupuleux, ils imaginent un stratagème pour lui faire tester, à son insu, de multiples produits, du dentifrice à un soda en passant par un président de l[...]
futur sombre
Metronom' est la nouvelle série signée par le prolifique Éric Corbeyran et mis en image par Ludovic Dubois, alias Grun, dont le trait et la remarquable mise en couleur avait fati sensation dès le premier tome de la Conjuration de l'Opale.



Se situant dans un avenir proche, la tétralogie a pour décor une mégapole déshumanisée où le béton a peu a peu rongé les vestiges du passé et où une apparente démocratie participative masque difficilement une sinistre dictature qui rogne chaque jour un peu plus la liberté individuelle, allant même jusqu'à légiférer sur le suicide...

L'univers sombre et étouffant qui est dépeint s'inscrit dans la droite lignée des nouvelles et romans de Philip K. Dick qui ont donné des films mémorables (Total Recall, Minority Report...) et de réels c[...]
Conte cruel
Le premier tome de l'Ecole Capucine avait fait forte impression et c'est avec jubilation que nous avons entamé la lecture de ce second tome...



Car c'est peu dire que le retour d'Honoré Pencrec'h et Camille Desfhouet dans le village de leur enfance a perturbé la petite communauté très soudée, de même que l'irruption du juge de paix qui va se consumer d'amour pour la sulfureuse Camille, à en perdre la raison. Quels sombres mystères planent sur la manoir familial? Pour ne rien arranger, d'anciens sortilèges ont tissé d'étranges liens avec des évènements passés, faisant surgir dans le présent le jeune Honoré, à l'âge où l'Amour, nécessairement démesuré, justifie tout...

Tant de mystères planaient sur le petit village breton de Kerfilec que les six petits mois d'attente p[...]
un conte urbain plein de poésie
Jardin d'Hiver est une petite bulle de poésie qui s'envole dans un quotidien morose, dans une ville grise sur laquelle tombe la pluie sans discontinuer... La grisaille ambiante semble déteindre sur le jeune Sam, dont la vie serait désespérément triste et monotone s'il n'y avait la douce Lili, petite luciole qui illumine sa vie mais dont la lumière peine à percer tant Sam est englué dans sa routine quotidienne...

Mais il faut dire que tout le pousse à se morfondre et à céder à la morosité ambiante... Du voisin toxico rejeté par son père au vieil homme du dessus dont l'esprit vagabonde et qui le prend pour son fils, de ses parents avec qui il a rompu les ponts...



Renaud Dillies n'a pas son pareil pour distiller une essence poétique dans chacun de ses albums... On se so[...]
au bout de la nuit
Les histoires chorales, histoire mettant en scène de multiples personnages dans de multiples intrigues qui finissent par se rejoindre, ne sont pas choses communes en BD... Pourtant, force est de reconnaître que ce schéma narratif particulièrement subtil permet d'immerger le lecteur dans une histoire de la plus élégante des façons. Mais si le genre est largement sous exploité, c'est aussi et sans doute parce qu'il est difficile de bâtir une telle intrigue, de développer suffisamment les personnages pour les rendre crédibles et intéressant tout en conservant la fluidité nécessaire à ce type de récit.



C'est pourtant ce que Kieran et Ozanam parviennent à faire avec brio avec le premier tome du diptyque We are the Night. Mêlant une foule de personnages hétéroclites qui pour la pl[...]
Amère chronique du quotidien
Amère chronique du quotidien

Dérogeant à la règle tacite qui faisait que le Chabouté nouveau paraissait en septembre, c'est en mars et après un superbe Terre-Neuvas que paraît Fables Amères.



Renouant avec les histoires courtes, il ne propose pas moins de onze histoires, onze fables pleine d'amertumes, subtilement construites dont le point de départ ou la chute est puisée dans un quotidien dénué de tout fantastique...



Christophe Chabouté, observateur attentif, pose sur notre petit monde un regard aiguisé sensible, plein d'humanité et met le doigt là où notre société a mal...

Il déroule ses histoires avec un sens aigu de la mise en scène, privilégiant toujours l'émotion, la faisant naître d'un silence ou dans un simple regard. Sa maîtrise du noi[...]
au coeur des ténèbres
Il aura fallu patienter quatre longues années pour pouvoir lire la suite du sanglant itinéraire d'Herman Webster Mudgett plus connu sous le nom de H. H. Holmes et est considéré par beaucoup comme étant le premier serial killer américain...



L'attente fut d'autant plus longue que le premier tome avait fait forte impression... Si la filiation supposée avec Jack l'Eventreur enracine d'emblée le personnage dans l'horreur, c'est surtout les dessins oppressants de Fabrice Le Hénanff qui conférait à cette série sa force évocatrice.

Ce dessinateur (qui avait déjà signé les envoûtants Caméléons -déjà scénarisé par Henri Fabuel-) parvient à poser une atmosphère tourmentée d'une impressionnante densité, par une utilisation saisissante d'une palette de couleur ocres et noires qui [...]
un époustouflant voyage onirique
Alice au Pays des Merveilles fait incontestablement partie du patrimoine imaginaire enfantin et ce depuis que Walt Disney a porté le chef d’œuvre de Lewis Carroll à l’écran en 1951. Mais si on se penche sur l’histoire, on se rend compte qu’elle a fait l’objet de multiples adaptations et inspirée de nombreux auteurs. Cecil Hepworth l’a portée à l’écran dès 1903 alors que le cinéma n’en n’était qu’à ses balbutiements… Dans quelques jours, Tim Burton en proposera une nouvelle adaptation cinématographique avec Mia Wasikowska dans le rôle titre et Johnny Depp dans le rôle du Chapelier fou…



Cette nouvelle adaptation BD, qui a pris corps avant le film, voit David Chauvel et le jeune Xavier Collette s’emparer de l’œuvre et nous entraîner de l’autre côté du miroir, en proposant une [...]
Steampunk unchronique antropomorphique
Grandville fut pour moi l'une des heureuse surprise de ce début d'année. Une couverture au design mat non pelliculée avec vernis sélectif soigneusement travaillé avec des incrustations argentées du plus bel effet accompagné d'une illustration intrigante qui ne peut que donner envie de feuilleter l'album.



Mêlant habilement uchronie et steampunk antropomorphique, l'album met en scène un inspecteur brillant doté d'un sens de la déductions très holmésien mais qui ne rechigne pas à l'action débridée, s'encombre assez peu de morale et qui n'a rien à envier à l'inspecteur Harry pour ce qui est de ce faire justice lui même.



XIXième siècle. Napoléon a étendu son emprise sur l'ensemble de l'Europe et l'Angleterre n'est plus qu'une pâle province de l'Empire. Deux siècl[...]