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Dernieres Chroniques
Bandes Dessinées


un fil rouge bien ténu
Le Scorpion est un excellente BD de cape et d’épée, à l’action virevoltante, prenant place dans un cadre historique décalé. Car si le décor en est la ville éternelle, si l’époque pourrait, au vu des costumes, être cernée, les figures historiques ne sont que pure invention. En prenant s’éloignant du cadre historique, parfois trop figé, tel un carcan, les auteurs peuvent donner libre court à leur imagination échevelée.



Une fois encore, comme toujours dans le sillage d’Armando Catalano alias le Scorpion, l’aventure est au rendez-vous, avec son lot de rebondissement, de combats spectaculaires, de trahisons sordides et d’amours contrariés, évoquant les grandes heures des films de cape et d’épée qui ont, je l’avoue, bercé mon enfance. La narration de Stephen Desberg colle bien à c[...]
le vent de la nostalgie
« J’ai dix-huit ans, et toute la vie devant moi »… Ainsi s’exprimait Isa sur les plages de Saint- Domingue alors que s’achevait la fresque des passagers du vent… 25 ans se sont écoulés depuis la publication du dernier tome et voilà que l’on retrouve Isa presque centenaire… Car l’idée, assez savoureuse, de François Bourgeon est de ne pas proposer une suite directe au cinquième tome des passagers du vent, alors que la fin était pour le moins ouverte à de multiples possibilités. Ce n’est d’ailleurs pas Isa qui ouvre l’album, ni même sa fille. Mais Zabo, sa petite fille qui part sur les routes d’un pays ravagé par une guerre fratricide pour retrouver son aïeule. Alors que François Bourgeon avait choisit la traite des noirs comme cadre historique, avec en filigrane la guerre d’indépendance, ce [...]
L'appel du large...
Les passagers du vent conservent encore aujourd’hui une fraîcheur certaine, une dimension épique et aventureuse rarement égalée. Lorsque sort le premier tome en 1980, François Bourgeon n’en est pas à son premier essai puisqu’il signe les deux premiers tomes de Brunelle et Colin scénarisé par Robert Génin… Pourtant, avec cet album dont il signe dessin, couleurs et scénario, il inaugure une série qui fera date et qui marquera durablement une génération de lecteurs.



Bien sûr, les courbes avantageuses d’Isa et l’érotisme qui se dégage de ses planches n’est pas pour rien dans l’émoi que procure cette série en cinq tomes. Mais c’est surtout le souffle de l’aventure qui la balaye de la première à la dernière case, les personnages hauts en couleur, la minutie du trait, l’idée d’expl[...]
heures sombres
Katarina est le quatrième tome de cette exceptionnelle série qu’est Amours Fragiles. En filigrane de la série, on suit le chassé croisé amoureux de Martin et Katarina qui n’en finissent pas de se retrouver et de se perdre, sans jamais parvenir à exprimer les sentiments qu’ils peuvent éprouver l’un envers l’autre. Cet amour inexprimé sert de charpente à cette chronique qui s’étalera sur plusieurs années, prenant racine dans les heures sombres de la monté du nazisme et qui devrait conduire les deux jeunes gens jusqu’à la chute du mur de Berlin qui sans doute les tiendra éloignés l’un de l’autre quelques temps.



Si l’histoire d’amour en elle-même est joliment racontée, avec plein de finesse et de pudeur, c’est aussi et surtout le cadre historique dans laquelle elle prend place q[...]
un superbe conte onirique
Le signe de la lune est un superbe album de 136 pages(!), un conte onirique signé par Enrique Bonet et mis en image par José-Luis Munuera qui a notamment repris avec Jean-David Morvan au scénario les aventures de Spirou et Fantasio.



L’univers esquissé dans cet album est à la fois poétique, dramatique et intimiste. L’ambiance graphique développée par ce talentueux dessinateur espagnol est saisissante et son dessin exerce sur le chaland une fascination comparable à celle que la lune exerce sur la jeune Artemisa. Il sert admirablement cette histoire simple, à la fois émouvante et passionnante, mettant en scène une brochette de personnages finement travaillés et présentant de multiples facettes. Il parvient avec maestria à souligner le côté dramatique, théâtral, drôle ou dynamiq[...]
Le Zola de la BD
Chaque année, en septembre, arrive avec une régularité digne d’une horloge franc-comtoise, le nouvel album de Chabouté, maître du noir et blanc et des ambiances intimistes, conteur de talent, à qui l’ont doit Henri Désiré Landru, Purgatoire, Pleine Lune mais aussi la superbe adaptation Construire un feu ou l’envoûtant (et magistral !) Tout seul… Il renoue avec l’univers maritime abordé dans son dernier album, mais prend le large, nous entraînant dans les eaux froides et inquiétantes de Terre-Neuve.



Cet album démarre avec une exquise lenteur, l’auteur prenant le temps nécessaire pour dépeindre un tableau qui nous est méconnu, loin des représentations romantiques de la mer. Il pose tranquillement cette ambiance oppressante propice à ce huis-clos maritime. Dès la première [...]
Suffocant
Le récit que nous ont concocté les deux auteurs est un thriller fort bien conduit qui flirte avec le fantastique. Lorsqu’Axel meurt subitement alors qu’il s’apprêtait à célébrer son trente-sixième anniversaire, nul ne sait qu’il est le premier d’une longue série… Vingt années auparavant, son père faisait une chute mortelle… Simple hasard ? Toujours est-il que les morts suspectes vont se succéder, attirant l’attention de la police et des journalistes.



Qui s’acharne ainsi que une famille meurtrie ? Homme ou malédiction ? Quels sombres secrets sont à la cause de ces tragiques évènements ?



Le récit de J.-M. Goum, journaliste et romancier, est mené de main de maître, usant avec talent de flash-back pour approfondir ses personnages et accentuer l’aspect dramatique d[...]
huis-clos psychologique
Anatole le Braz est un auteur connu de tous les amoureux de la Bretagne. Passeur de légendes, ses écrits nous ont permis de connaître la riche tradition orale bretonne, ses mystères et sa matière. Il est en quelque sorte devenu le dépositaire de l’âme de cette contrée emplis de charmes et de mystères.



Cette bande dessinée est l’adaptation d’un de ses romans les plus réputés de cet auteur, plus connu pour ses nouvelles. L’adaptation en BD est une riche idée, de même que celle des célèbres Légendes de la Mort dans la même collection. Le point fort de cet album est incontestablement la charpente de l’histoire, la façon dont les auteurs ont su s’en emparer, conserver le mode narratif du roman source tout en intercalant, par le biais de flash back, un récit plus traditionnel. La [...]
poétique, sombre et tragique... gothique quoi!
Pascal Croci fait partie de ces dessinateurs au style très prononcé qui me fascinent depuis son premier album, siècle de sang, paru jadis chez soleil et désormais introuvable ailleurs que dans les solderies.



Son trait, délicieusement gothique, et sa palette de couleurs, sombres et inquiétantes, semblaient fait pour mettre en images des histoires de goules et de vampires. Ce qu’il fit avec le superbe diptyque consacré à Dracula(le Prince Valaque Vlad Tepes / Le Mythe raconté par Bram Stoker). Mais il s’attacha surtout, avec sa compagne, romancière et dialoguiste, Françoise-Sylvie Pauly, à dépeindre la folie et la violence qui se cachent dans le cœur de l’homme et qui, lorsque le fragile vernis de la civilisation se lézarde, explose au grand jour. Ces récits historiques, d’Aus[...]
une superbe adaptation
La couverture intrigue d’emblée et attire l’œil et le lecteur. Mais sa composition ne prend tout son sens qu’une fois l’album refermé. C’est alors qu’on se rend compte qu’en plus d’être esthétique et intrigante, elle se révèle fort bien construite. Tout comme le récit apparaît alors plus solidement bâti et charpenté… Car le scénario de Shutter Island est des plus machiavéliques et une relecture est nécessaire pour en percevoir toutes les subtilités, pour traquer les signes qui annonçaient le dénouement et la chute ahurissante de ce fantastique récit, le moment ou le voile se lève, révélant la véritable nature du drame qui s’est joué dans cette île coupée du monde.



Lorsque démarre l’histoire, Teddy Daniels et Chuck Aule, tous deux marshals fédéraux débarquent à Shutter Islan[...]
dans l'ombre de Pratt
Voir le nom de Fabien Nury suffit souvent à motiver la lecture d’un album. Mais force est de reconnaître que la couverture de ce premier tome de l’Or et le Sang attire l’œil. Si Merwan n’en est pas à son premier album (il a déjà signé Pankat et Fausse garde chez Vent d’Ouest), Fabien Bedouel colorise ici sa première BD, de même que Maurin Defrance qui a travaillé le scénario avec Fabien Nury.



L’éditeur 12bis poursuit donc son formidable travail d’édition avec cet album violent et poétique, narrant l’improbable rencontre entre Calixte de Prampéand, aristocrate et industriel parisien, et Léon Matilo, corse frayant avec la pègre marseillaise. Mais la guerre, fut-elle la plus meurtrière de tous les temps, ça crée des liens. Et les promesses faites dans le sang, même à cause d’un[...]
une bulle de poésie
C’est graphiquement que l’île sans sourire attire tout d’abord l’œil. La couverture est somptueuse, et, pour une fois, le ramage est à la hauteur du plumage et les planches de l’album sont elles aussi de toute beauté. Enrique Fernández est un maître de la couleur. Puisant son inspiration dans le dessin animé dont il maîtrise le langage graphique, il s’était faire remarquer dès son premier album, somptueuse adaptation du magicien d’Oz, scénarisé par le prolifique et talentueux David Chauvel. Mais son premier album en solo, les Libérateurs, s’il était toujours aussi épatant du côté du dessin, n’est pas parvenu à convaincre côté scénario…

Cet album est le troisième scénarisé par Fernandez, après la Mère des victoires, ouvrage intéressant mais qui usait et abusait de nombreuses techniq[...]