Prenant, Walking Dead l’est dès les premières pages et force est de reconnaître que les auteurs savent y faire pour nous conter ce récit au cours duquel une poignée d’hommes et de femmes vont tenter de survivre à un monde devenu hostile car peuplé de morts vivants.
Les récits de survival n’ont jamais je l’avoue été ma tasse de thé, pas plus que les histoires de morts vivants dégoulinant de bave. Et pourtant, j’ai été littéralement, scotché par ces six premiers tomes. Chaque nouvel album apporte sa petite touche qui bouleverse l’équilibre précaire de la situation du tome précédent. Le petit groupe aggloméré autour du personnage de Rick a vu le monde connu balayé par l’apparition des Zombis qui contaminent avec une vitesse vertigineuse l’humanité.
Peu à peu, [...]
romanesque
L’avant dernier opus du Sang des Porphyres rempli toutes les promesses esquissées par les deux premiers tomes. Balac signe là un scénario ambitieux qui se propose de narrer la desintée d’une sombre lignée de naufrageurs, une histoire de famille évoquant celle de Sambre dont il fut le co-créateur… Situant l’action dans une Bretagne déchirée entre christianisme et anciennes croyances, Balac, autre pseudonyme de Yann, signe un récit d’aventure de haute volée.
Le dessin sert admirablement bien ce récit romanesque même si on regrette que les couleurs si particulières nées sous les pinceaux de Joël Parnotte semblent moins lumineuses que celles des deux précédemment tomes, et par la même moins mystérieuses. Mais ne boudons pas notre plaisir, son trait réaliste, ses couleurs irréel[...]
Une trame narrative trop ambitieuse
Après un premier tome des plus alléchant, force est de reconnaître que le second opus du diptyque le Diable des Sept Mers n’est pas à la hauteur. Si le dessin du grand Hermann est toujours soigné et efficace, c’est plus du côté du scénario que la bas blesse.
Certes, le diable des Sept mers a le mérite de sortir des sentiers battus des histoires de flibuste, introduisant une note fantastique de bon aloi. Cependant, son abord rendu difficile par une trame narrative trop dense et trop alambiquée, le réservant aux aficionados et n’en faisant absolument pas un album grand public.
Les perpétuels rebondissements, les changements de point de vue continuels rendent en effet l’intrigue confuse voir brouillonne. Ce qui fonctionne impeccablement dans un roman n’est pas nécessair[...]
quête d'immortalité
Xavier Dorison, scénariste du Troisième Testament et de Sanctuaire signe avec le syndrome d'Abel un scénario ambitieux et captivant.
Après la descente aux enfers qui a suivit la mort de sa fille, Abel Weiss subit un violent dans un accident de voiture. Lorsqu’il reprend conscience, il se trouve à plusieurs kilomètres du lieu de l’accident et il se rend vite compte qu’entre ce jour fatal et le temps présent, 7 années se sont écoulées. Officiellement décédé, Abel va tenter de renouer les fils du passé qui semblent avoir été tranchés un à un…
Le pitch intrigue en lui-même et tient le lecteur en haleine tout au long de l’album. Ce premier tome pose un personnage et sa touchante relation avec sa fille malade, mais au final, malgré un sujet des plus accrocheur, c’est clair[...]
guerre intimiste
La Guerre du Professeur Bertenev est un album original et surprenant qui se déroule durant une guerre peu explorée en bande dessinée, la guerre de Crimée qui fit rage de 1853 à 1856 et qui opposa français et britannique aux armées russes.
Mais le contexte n’est qu’un prétexte pour parler d’une histoire d’amitié naissante entre deux anciens ennemis. Le Professeur Bertenev, enrôlé de force, a déserté son armée en déroute devant les coups de boutoir de l’armée britannique. Capturé par les troupes anglaises, il va faire la rencontre du lieutenant Townsend qui va s’attacher ses services, lui sauvant ainsi la vie. Ca ses compatriotes sont bien décidés à lui faire payer sa lâcheté durant le combat, pour l’exemple.
De prisonnier, il va devenir le confident puis l’ami du lieut[...]
Trop mortel!
Walking dead marque sans doute l’entrée des Zombis dans le neuvième art. Loin du vodou, c’est bel et bien l’adaptation des films de genre que se proposait de faire Robert Kirkman et Tony Moore, relayé dès le second tome par Charlie Adlard.
Les connaisseurs apprécieront sans nul doute car si la thématique peut prêter à sourire, ils savent bien que l’idée n’est pas de mettre en scène une intrigue gore destinée à faire peur, mais bel et bien une histoire poussant dans leurs derniers retranchements une poignée d’hommes et de femmes luttant pour leur survie. Les passions sont exacerbées, la peur de l’autre se distille pernicieusement. Derrière le verni gore se cache une critique acerbe de la société et un décorticage quasi médical des relations humaines alors que la frontière tén[...]
têtes brûlées
Tout d’abord, j’avoue ne pas avoir été particulièrement enthousiasmé par une série centrée sur l’aviation… Mais la qualité du dessin et ses mises en couleurs époustouflantes aidant, j’ai immanquablement été attiré par ce titre.
La série propose de suivre les destins de deux pilotes d’exception durant la seconde guerre mondiale quelques temps après le déclanchement de l’opération Barbarossa. L’un est un idéaliste allemand, l’autre une patriote russe. Tous deux sont servent leur pays mais refusent l’idéologie dominante et barbare, s’attirant l’inimité d’autres soldats. L’un est un homme, l’autre une femme…
Le scénario concocté par Yann est une fois encore finement ciselé et très efficace. Le caractère des personnages est bien trempé et le sombre contexte de l’hi[...]
spaghetti sauce bolognaise
Nicolas Pothier n’en est plus à son coup d’essai ( Il a pour mémoire signé le déjanté Ratafia mettant en scène des pirates hallucinés et l’excellent Voies Off dont je recommande à tous la lecture) et force est de reconnaître que Junk est, une fois encore, une réussite.
Quinze ans après leur séparation, la bande des Jersey Cowpunchers se regroupe sous l’impulsion de son ancien chef, Hank Williams, qui va lancer la joyeuse bande de retraités sur la piste du trésor des confédérés qu’ils avaient, sans succès, longtemps cherché du temps de leur folle jeunesse. Ces retrouvailles seront l’occasion de revenir sur ce passé révolu de façon drôle et néanmoins émouvante. Puisant dans les poncifs du western, Junk puise son originalité dans l’idée de mettre en scène des cowboys vieillissa[...]
poignant et touchant
Sans misérabilisme, Laurent Galandon et Arno Monin signent un magnifique diptyque poignant et touchant , parvenant à introduire la poésie dans l’un des pages les plus sombres du XXième siècle.
Simon, jeune orphelin passionné d’ornithologie vit des heures paisibles dans une petite commune de campagne. Mais la fureur de la guerre et la bêtise humaine le rattrape… Il doit fuir pour échapper à de sombres prédateurs. Une mystérieuse dame blanche reste dans son sillage, annonçant souvent de sombres événements.
Le trait d’Arno Monin est sobre et efficace. Son cerne épais donne confère à son premier album une personnalité propre, rehaussée par une mise en couleur délicate qui accentue l’aspect poétique de cette fuite en avant.
Le récit concocté par Laurent Gala[...]
l'histoire en marche
Avec Le Chant d’Anorœr, David et Bourgier, déjà auteurs de l'époustouflant Live War heroes, avaient frappé fort. Car si les bande dessinée d'héroïque-fantasy sont légions, les bonnes sont bien plus rares et les excellentes plus encore. C'est cependant dans cette catégorie que s'inscrivait d'emblée Servitude.
Avec des graphismes léchés et une mise en couleur sépia de haute tenue, ses décors et ses costumes travaillés, ses scènes d'action efficaces et percutantes et sa maquette impeccable, c'est esthétiquement tout d'abord que le premier album marquait le pas.
Mais c'est du côté du scénario, riche et travaillé, et de l'univers esquissé au fil des pages que Servitude se démarquait de bon nombre d'autres séries. Car, non content de dérouler une intrigue riche et p[...]
dans l'ombre de Sherlock
Sherlock Holmes n’en finit pas d’inspirer les auteurs de BD et il semble avoir en ce moment le vent en poupe. Cette nouvelle série, scénarisée par Djian et Olivier Legrand met en scène trois gosses des rues qui travaillent épisodiquement pour le grand détective logeant au 221b Baker Street et qui vont se retrouver à mener leur propre enquête lorsque Betty, la fiancée de l’un deux, est enlevée sous leurs yeux. Par son esprit, elle n’est pas sans évoquer l’excellente série Sales Mioches d’Eric Corbeyran et d‘Olivier Berlion. On y retrouve des personnages principaux attachants plein d’humour et de candeur, une intrigue légère et grand public mais finement ciselée qui se boucle en un tome qui prend place dans un décor soigné et cette même fraîcheur revigorante qui se dégage de l’album.
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dans l'ombre de Vlad
Il est des séries dont le nom des auteurs justifient à eux seul l’achat et force est de reconnaître que D est de celle-ci. Scénarisé par le talentueux Alain Ayroles, mis en image par le trop rare Bruno Maïorana et colorisé avec subtilité par Thierry Leprévost, ce n’est rien de moins que la fine équipe de Garulfo qui se retrouve autour de cette histoire de Vampire, hommage au roman épistolaire de Bram Stoker, Dracula, personnage emblématique qui pose les bases du mythe du vampire à la fois envoûtant et terrifiant, séducteur et bestial, raffiné dans sa cruauté…
A l’instar de son modèle, Lord Faureston est fort discret. On commence par l’entrevoir, mais il existe surtout à travers ce qu’en disent les autres protagonistes. Il est plus évoqué que présent mais son ombre inquiétant[...]