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Dernieres Chroniques
Bandes Dessinées


dans les coulisses de la justice et de l'histoire
L’Ordre de Cicéron fait partie de ces série dont on attends le prochain tome avec une impatience certaine. On plonge à la fois dans les arcanes de la justice tout en nous immergeant dans l’histoire complexe d’une famille pris dans la tourmente de la seconde guerre mondiale, plongeant ses racines dans les heures sombres qui virent la monté du nationalisme et du racisme. Le premier tome s’amorçait sur une tentative de rachat hostile d’un cabinet d’avocat français par grand firme juridique américaine. Par le truchement de flash-back, les auteurs nous entraînaient aux racines de cette haine farouche qui opposait la famille Steiner aux Veyrac-Richemont… Une saga familiale avec une toile de fond historique et juridique…



Dès les premières pages, on comprend que le scénariste maîtri[...]
sur un rythme jazzy
L’adaptation en BD de la vie trépidante de Boris Vian pouvait laisser certains dubitatif (« Est-elle sotte celle-ci ! Dubitatif... C'est pas cochon, hé ! Dubitatif en un seul mot ! Ca veut pas dire éjaculateur précoce. Ca veut juste dire que je suis dans le doute : le doute m'habite quoi ! », Desproges).



Pourtant, force est de reconnaître que cet album est une réussite assez jubilatoire tant ce touche à tout de génie (écrivain, musicien, chanteur, critique, directeur artistique, acteur, auteur de pièces de théâtre, ingénieur, parolier, poète, traducteur, pataphysicien émérite et j’en oublie sans doute) est un personnage de roman, de son enfance marquée par le sceau de la maladie à son enterrement où il fut porté en terre par ses amis à cause d’une grève des pompes funèbres, [...]
tragiquement réaliste
Nous sommes en janvier 1915. L’Europe s’enlise dans une guerre sans précédents. Les cadavres de soldats s’amoncèlent dans tous les camps et bien incertaine est l’issue de ce combat. C’est au milieu de cet immense charnier, dans ce bourbier infâme qu’est devenu la Champagne que, comme pour surclasser l’horreur quotidienne, les cadavres de trois femmes, égorgées, sont retrouvés. Chacune d’elle avait sur elle une lettre signée de leur assassin…



Graphiquement, cet album est comme cette guerre : une tuerie. Blague à part, Maël se fait peu à peu un nom dans le petit monde de la BD. Avec l’Encre du passé (scénarisé par multi-talentueux Antoine Bauza), il avait déjà frappé très fort… son travail dans ce premier tome est tout simplement superbe. Rarement la grande guerre, plus grand[...]
un maître du noir & blanc
A ma grande honte, j’avoue que ne connaissais Dino Battaglia que de nom. C’est au hasard des allées sombres et poussiéreuses d’une bibliothèque que, à l’affut d’un album non encore lu, je suis tombé sur cette BD au titre évoquant la vénérable cité de Prague et le Rabbi Loew et ses expériences alchimiques. Intrigué, c’est en parcourant les pages du livre que j’ai découvert l’immense talent de Battaglia, sa maîtrise du noir et blanc et le génie de ses expérimentations graphiques.



L’album propose pas moins de 6 récits, que l’on pourrait qualifier de nouvelles, publiées dans la revue Linus entre 1969 et 1974. D’inspiration littéraires, chacune est un petit bijou narratif et graphique.



Si la malice du diable qui ouvre l’album évoque les gravures de la Nef des Fou[...]
un fil rouge bien ténu
Le Scorpion est un excellente BD de cape et d’épée, à l’action virevoltante, prenant place dans un cadre historique décalé. Car si le décor en est la ville éternelle, si l’époque pourrait, au vu des costumes, être cernée, les figures historiques ne sont que pure invention. En prenant s’éloignant du cadre historique, parfois trop figé, tel un carcan, les auteurs peuvent donner libre court à leur imagination échevelée.



Une fois encore, comme toujours dans le sillage d’Armando Catalano alias le Scorpion, l’aventure est au rendez-vous, avec son lot de rebondissement, de combats spectaculaires, de trahisons sordides et d’amours contrariés, évoquant les grandes heures des films de cape et d’épée qui ont, je l’avoue, bercé mon enfance. La narration de Stephen Desberg colle bien à c[...]
le vent de la nostalgie
« J’ai dix-huit ans, et toute la vie devant moi »… Ainsi s’exprimait Isa sur les plages de Saint- Domingue alors que s’achevait la fresque des passagers du vent… 25 ans se sont écoulés depuis la publication du dernier tome et voilà que l’on retrouve Isa presque centenaire… Car l’idée, assez savoureuse, de François Bourgeon est de ne pas proposer une suite directe au cinquième tome des passagers du vent, alors que la fin était pour le moins ouverte à de multiples possibilités. Ce n’est d’ailleurs pas Isa qui ouvre l’album, ni même sa fille. Mais Zabo, sa petite fille qui part sur les routes d’un pays ravagé par une guerre fratricide pour retrouver son aïeule. Alors que François Bourgeon avait choisit la traite des noirs comme cadre historique, avec en filigrane la guerre d’indépendance, ce [...]
L'appel du large...
Les passagers du vent conservent encore aujourd’hui une fraîcheur certaine, une dimension épique et aventureuse rarement égalée. Lorsque sort le premier tome en 1980, François Bourgeon n’en est pas à son premier essai puisqu’il signe les deux premiers tomes de Brunelle et Colin scénarisé par Robert Génin… Pourtant, avec cet album dont il signe dessin, couleurs et scénario, il inaugure une série qui fera date et qui marquera durablement une génération de lecteurs.



Bien sûr, les courbes avantageuses d’Isa et l’érotisme qui se dégage de ses planches n’est pas pour rien dans l’émoi que procure cette série en cinq tomes. Mais c’est surtout le souffle de l’aventure qui la balaye de la première à la dernière case, les personnages hauts en couleur, la minutie du trait, l’idée d’expl[...]
heures sombres
Katarina est le quatrième tome de cette exceptionnelle série qu’est Amours Fragiles. En filigrane de la série, on suit le chassé croisé amoureux de Martin et Katarina qui n’en finissent pas de se retrouver et de se perdre, sans jamais parvenir à exprimer les sentiments qu’ils peuvent éprouver l’un envers l’autre. Cet amour inexprimé sert de charpente à cette chronique qui s’étalera sur plusieurs années, prenant racine dans les heures sombres de la monté du nazisme et qui devrait conduire les deux jeunes gens jusqu’à la chute du mur de Berlin qui sans doute les tiendra éloignés l’un de l’autre quelques temps.



Si l’histoire d’amour en elle-même est joliment racontée, avec plein de finesse et de pudeur, c’est aussi et surtout le cadre historique dans laquelle elle prend place q[...]
un superbe conte onirique
Le signe de la lune est un superbe album de 136 pages(!), un conte onirique signé par Enrique Bonet et mis en image par José-Luis Munuera qui a notamment repris avec Jean-David Morvan au scénario les aventures de Spirou et Fantasio.



L’univers esquissé dans cet album est à la fois poétique, dramatique et intimiste. L’ambiance graphique développée par ce talentueux dessinateur espagnol est saisissante et son dessin exerce sur le chaland une fascination comparable à celle que la lune exerce sur la jeune Artemisa. Il sert admirablement cette histoire simple, à la fois émouvante et passionnante, mettant en scène une brochette de personnages finement travaillés et présentant de multiples facettes. Il parvient avec maestria à souligner le côté dramatique, théâtral, drôle ou dynamiq[...]
Le Zola de la BD
Chaque année, en septembre, arrive avec une régularité digne d’une horloge franc-comtoise, le nouvel album de Chabouté, maître du noir et blanc et des ambiances intimistes, conteur de talent, à qui l’ont doit Henri Désiré Landru, Purgatoire, Pleine Lune mais aussi la superbe adaptation Construire un feu ou l’envoûtant (et magistral !) Tout seul… Il renoue avec l’univers maritime abordé dans son dernier album, mais prend le large, nous entraînant dans les eaux froides et inquiétantes de Terre-Neuve.



Cet album démarre avec une exquise lenteur, l’auteur prenant le temps nécessaire pour dépeindre un tableau qui nous est méconnu, loin des représentations romantiques de la mer. Il pose tranquillement cette ambiance oppressante propice à ce huis-clos maritime. Dès la première [...]
Suffocant
Le récit que nous ont concocté les deux auteurs est un thriller fort bien conduit qui flirte avec le fantastique. Lorsqu’Axel meurt subitement alors qu’il s’apprêtait à célébrer son trente-sixième anniversaire, nul ne sait qu’il est le premier d’une longue série… Vingt années auparavant, son père faisait une chute mortelle… Simple hasard ? Toujours est-il que les morts suspectes vont se succéder, attirant l’attention de la police et des journalistes.



Qui s’acharne ainsi que une famille meurtrie ? Homme ou malédiction ? Quels sombres secrets sont à la cause de ces tragiques évènements ?



Le récit de J.-M. Goum, journaliste et romancier, est mené de main de maître, usant avec talent de flash-back pour approfondir ses personnages et accentuer l’aspect dramatique d[...]
huis-clos psychologique
Anatole le Braz est un auteur connu de tous les amoureux de la Bretagne. Passeur de légendes, ses écrits nous ont permis de connaître la riche tradition orale bretonne, ses mystères et sa matière. Il est en quelque sorte devenu le dépositaire de l’âme de cette contrée emplis de charmes et de mystères.



Cette bande dessinée est l’adaptation d’un de ses romans les plus réputés de cet auteur, plus connu pour ses nouvelles. L’adaptation en BD est une riche idée, de même que celle des célèbres Légendes de la Mort dans la même collection. Le point fort de cet album est incontestablement la charpente de l’histoire, la façon dont les auteurs ont su s’en emparer, conserver le mode narratif du roman source tout en intercalant, par le biais de flash back, un récit plus traditionnel. La [...]