Haut de page.

Dernieres Chroniques
Bandes Dessinées


poétique, sombre et tragique... gothique quoi!
Pascal Croci fait partie de ces dessinateurs au style très prononcé qui me fascinent depuis son premier album, siècle de sang, paru jadis chez soleil et désormais introuvable ailleurs que dans les solderies.



Son trait, délicieusement gothique, et sa palette de couleurs, sombres et inquiétantes, semblaient fait pour mettre en images des histoires de goules et de vampires. Ce qu’il fit avec le superbe diptyque consacré à Dracula(le Prince Valaque Vlad Tepes / Le Mythe raconté par Bram Stoker). Mais il s’attacha surtout, avec sa compagne, romancière et dialoguiste, Françoise-Sylvie Pauly, à dépeindre la folie et la violence qui se cachent dans le cœur de l’homme et qui, lorsque le fragile vernis de la civilisation se lézarde, explose au grand jour. Ces récits historiques, d’Aus[...]
une superbe adaptation
La couverture intrigue d’emblée et attire l’œil et le lecteur. Mais sa composition ne prend tout son sens qu’une fois l’album refermé. C’est alors qu’on se rend compte qu’en plus d’être esthétique et intrigante, elle se révèle fort bien construite. Tout comme le récit apparaît alors plus solidement bâti et charpenté… Car le scénario de Shutter Island est des plus machiavéliques et une relecture est nécessaire pour en percevoir toutes les subtilités, pour traquer les signes qui annonçaient le dénouement et la chute ahurissante de ce fantastique récit, le moment ou le voile se lève, révélant la véritable nature du drame qui s’est joué dans cette île coupée du monde.



Lorsque démarre l’histoire, Teddy Daniels et Chuck Aule, tous deux marshals fédéraux débarquent à Shutter Islan[...]
dans l'ombre de Pratt
Voir le nom de Fabien Nury suffit souvent à motiver la lecture d’un album. Mais force est de reconnaître que la couverture de ce premier tome de l’Or et le Sang attire l’œil. Si Merwan n’en est pas à son premier album (il a déjà signé Pankat et Fausse garde chez Vent d’Ouest), Fabien Bedouel colorise ici sa première BD, de même que Maurin Defrance qui a travaillé le scénario avec Fabien Nury.



L’éditeur 12bis poursuit donc son formidable travail d’édition avec cet album violent et poétique, narrant l’improbable rencontre entre Calixte de Prampéand, aristocrate et industriel parisien, et Léon Matilo, corse frayant avec la pègre marseillaise. Mais la guerre, fut-elle la plus meurtrière de tous les temps, ça crée des liens. Et les promesses faites dans le sang, même à cause d’un[...]
une bulle de poésie
C’est graphiquement que l’île sans sourire attire tout d’abord l’œil. La couverture est somptueuse, et, pour une fois, le ramage est à la hauteur du plumage et les planches de l’album sont elles aussi de toute beauté. Enrique Fernández est un maître de la couleur. Puisant son inspiration dans le dessin animé dont il maîtrise le langage graphique, il s’était faire remarquer dès son premier album, somptueuse adaptation du magicien d’Oz, scénarisé par le prolifique et talentueux David Chauvel. Mais son premier album en solo, les Libérateurs, s’il était toujours aussi épatant du côté du dessin, n’est pas parvenu à convaincre côté scénario…

Cet album est le troisième scénarisé par Fernandez, après la Mère des victoires, ouvrage intéressant mais qui usait et abusait de nombreuses techniq[...]
sombres heures
Après la superbe envolée sauvage, il était évident que Laurent Galendon et Arno Monin allait refaire parler d’eux. C’est chose faite avec ce premier tome du diptyque de l’enfant maudit.



Si l’action prend place en mai 68, période révolutionnaire où tout semble possible, elle prend racine dans la France occupée, comme le suggère le titre qui évoque s’aspect le plus abject de la libération. Lorsque débute le récit, Gabriel, le personnage principal de l’album, ne s’est jamais posé de questions. Même les évènements retentissant qui commencent à secouer la France semblent le laisser indifférent… Mais une confrontation musclée avec un CRS va lui donner envie de se pencher sur son passé et sur l’identité de ses véritables parents qui avaient, aux dires de ses parents adoptifs, trouv[...]
piège en eaux troubles
Le tueur a décidé de reprendre du service. L’action lui manquait et sa petite vie bien rangée au Vénézuela n’était pas trop à son goût. Mais s’il avait su dans quel panier de crabe il allait mettre les pieds, peut-être aurait il prolongé sa villégiature quelques années encore. Le tueur va se retrouver comme le commun des mortels par devoir lutter pour conserver ce qu’il a… et le tueur est prêt à tout pour garder sa vie. Depuis quelques contrats, il s’interroge sur les motivations et l’identité de ses commanditaires… dangereux pour un tueur qui va devoir nager en eau trouble, faisant jouer un camp contre l’autre pour espérer s’en sortir indemne…



Matz et Jacamon poursuivent donc leur narration du cheminement de ce tueur à gage dont on ignore le nom et qui porte sur le monde un[...]
surréaliste
Si Tardi a choisi le réalisme pour dénoncer l’absurdité de la grande guerre, Larcenet et Casanave ont opté pour le surréalisme et la légèreté. A travers ce cinquième tome des Aventures Rocambolesque, à l’instar de la superbe Ligne de Front, tome 2 de la série, s’attaque au mythique soldat inconnu et écornent quelque peu sa légende, ce dernier perdant d’ailleurs ce qui faisait paradoxalement son identité : son anonymat.



Après la première guerre mondiale, est venue la seconde, puis toutes les autres… Les morts se sont fort logiquement accumulés et l’Etat, dans sa grande mansuétude, a adopté de nombreuses lois aussi absurdes que totalitaires dont l’esprit est de bannir tout ce qui est inutile et de ce fait considéré comme une perte de temps (ciné, musée, livres, disques, consol[...]
Conte cruel
Taxi Malloy est un conte cynique et cruel concocté par François Dimberton, un scénariste rare mais talentueux, comme le montre cet album.



Molloy est un pauvre gars, quelque peu benêt, qui a eu une enfance des plus difficile. Mais tout change l’année de ses 16 ans, suite au décès du chien de sa grand-mère… Cette dernière, n’écoutant que son cœur n’hésite pas un seul instant et décide de le sortir de l’orphelinat où il a grandit depuis la mort, tragique, de ses parents.

A 18 ans, il réalise son rêve d’enfance : devenir chauffeur de taxi. Bien calé dans son siège rouge en porc de Ceylan, les mains sur le volant en acajou de Cuba de son taxi de quatrième main, ses premiers clients sont de superbes jeunes femmes qui troublent quelque peu le brave jeune homme plutôt simplet[...]
un superbe oiseau de malheur
L’oiseau Noir est un scénario subtil, très joliment écrit, qui se déroule dans une campagne française, peu après la guerre. Le scénario de Le Tendre est, comme très souvent, fort bien mené et le dessin si envoûtant Jean-Paul Dethorey et sa mise en couleur pleine de finesse et de nuance le servent admirablement bien.



Le destin tragique de ce jeune allemand entraîné dans une guerre de par sa naissance, est des plus poignants. Et sa tentative désespérée d’échapper aux cauchemars récurrents et à la culpabilité qui le rongent est à la fois touchante et révoltante. La tension engendrée par la venue de Manfred dans ce petit village réveille les blessures encore mal cicatrisées de la guerre. Il y a ceux qui le rejettent car il voient en lui un de ces boches qui fut la cause de tous[...]
féminisme antique
Rossi et Le Tendre nous invitent à un voyage dans l’antiquité grecque, alors que les dieux frayaient encore avec les hommes et se jouaient d’eux. Il s’attache au personnage de Tirésias, avant que celui-ci ne devienne le devin de la cité de Thèbes. Prolongeant leur rencontre autour du diptyque de la gloire d’Héra, les deux auteurs nous ont à nouveau concocté un récit touchant, plein de sensibilité et d’humour, et dans lequel une fois encore les hommes sont les jouets des dieux.



Tirésias est un guerrier farouche et lunatique qui collectionne les conquêtes amoureuses et les hauts faits d’armes. Force est de reconnaître que ses réparties cinglantes et sa façon de dénigrer les autres le rendent pour le moins antipathique. Pourtant, ce personnage est voué à se transformer, dans to[...]
Sombre et dérangeant
Jolie ténèbre est un conte cruel et sublime, envoûtant et dérangeant, un conte pour adulte habillé avec des dessins enfantins. Car si l’amorce de l’histoire possède les attributs du conte de fée, et si la couverture évoque une petite fille dormant paisiblement, on sombre vite dans le un univers plus sombre, dans un cauchemar macabre… car à l’instar du dormeur du val, cette dernière ne se réveillera jamais, foudroyée à l’aurore de sa vie. Elle servira de décor à une étrange tragédie…



Le titre de l’album, délicieuse oxymore, situe d’emblée le problème. Les ténèbres et la mort peuvent aussi receler des beautés cachées. Le dessin à quatre mains de Kerascoët (pseudo derrière lequel se cachent la scénariste Marie Pommepuy et Sébastien Cosset), tout en rondeur respire de vie et con[...]
aux portes de la mort
Le scénario de Mathieu Gallié, à qui l’on doit l’étrange Algernon Woodcock mais aussi Wendigo et Mangecœur mis en image par le même dessinateur est des plus surprenant. Il a pour cadre un hôpital où sont soigné des enfants atteint du cancer. Les non dits, la peur de la mort et de la déchéance ont poussé une poignée d’enfants à se forger un monde imaginaire, une sorte d’échappatoire, sans doute pour donner un sens à cette absurdité qu’est la maladie, ou plutôt une raison supplémentaire de se battre pied à pied, de s’inventer des ennemis terrifiants pour pouvoir les affronter, de personnifier la maladie pour avoir quelqu’un à combattre… alors qu’ils sont démunis face à ce crabe invisible qui les détruit de l’intérieur. Les dialogues ont fait l’objet d’un soin très particulier et l’argot parl[...]