Je viens de lire cet album en avant-première du festival de saint Malo (étonnants voyageurs) c’est une magnifique surprise. Il s’agit du premier scénario d’un bon dessinateur Jacques Terpant. Il était souvent cité comme talentueux, mais je trouvais qu’aucun scénariste ne lui avait permis de s’exprimer vraiment.
Sans doute le pensait-il aussi car il écrit là un premier scénario en adaptant un roman, qui est une surprise totale.Aux antipodes des univers que l’on connaît de lui.
Il installe un monde dans un royaume finissant qui serait un bout de l’Europe, un monde imaginaire , un royaume perdu à la tête duquel un Margrave héréditaire, dépassé par la chute annoncée et incompréhensible de son monde, dans un geste déses[...]
le mythe du savant fou
Adapter une nouvelle de Lovecraft et parvenir à en conserver l’intensité dramatique et l’horreur latente savamment distillée par le maître du fantastique n’est pas chose aisée. Le pari audacieux de Florent Calvez était des plus risqué et ce d’autant plus qu’Herbert West, réanimateur est l’une des nouvelles les plus brillantes de l’auteur américain.
Autant le dire de suite, le pari est plus que réussi tant l’auteur est parvenu à retranscrire fidèlement l’ambiance suffocante de cette nouvelle épistolaire. Son trait nerveux renforce la tension presque palpable qui se distille au fil des pages, alors que le lecteur plonge peu à peu dans l’abîme d’une indicible horreur dont l’issue sera, on le sait, funeste. [...]
les coulisses du pouvoir
Tout droit sorti de Spawn, Sam et Twitch reprennent du service dans une série parallèle fort réussie. Ce premier opus nous propose une enquête fort efficace où se mêle politique, corruption, meurtres et chantages.
Le trait de Paul Lee fait plus que coller à l'ambiance sombre de l'intrigue, il contribue fortement à poser une atmosphère de polar avec une redoutable efficacité. Son travail sur l'éclairage, sur les cadrages et les décors emprunte au vocabulaire cinématographique pour ancrer définitivement son récit dans un genre clairement défini. L'impression de visionner un classique du genre n'est pas que fugace tant et si bien que l'on se prend à imaginer les mouvements de caméra entre les cases.
L'intrigue est classique mais n'en reste pas moins efficace. L'[...]
un western kabbalistique envoûtant
Le premier tope de Lune d'argent sur Providence paru en 2005 (et oui, déjà!) avait fait peu ou proue l'unanimité. Et il faut bien le reconnaître, cet album avait tout pour plaire, de sa couverture superbement lêchée au trait et aux couleurs magnifiques d'Eric Hérenguel, en passant par un scénario original et captivant teintant le genre classique du western d'un fantastique envoûtant...
C'est sans doute peu dire que cet album était attendu et, autant le dire tout de suite, l'attente ne fut pas déçue! Ce second opus possède toute les qualités du premier. Il suffit d'admirer la couverture, plus belle encore quel la précédente (est-ce possible?) pour s'en convaincre. Le travail sur la couleur de cet album est une fois de plus saisissant. L'auteur fait montre une fois encore de [...]
une séduisante réécriture
Adapter l'univers d'Edgar Poe en bande dessinée n'est sans nul doute pas chose aisée. Mais quel plaisir de retrouver l'atmosphère étrange et inquiétante de ses nouvelles qui contribuèrent à poser les bases du roman policier.
Roger Seiter et Jean Louis Jean-Louis Thouard ne semblent pas vouloir se contenter de proposer à leurs lecteurs une adaptation littérale de Poe en Bd. Il réinterprètent ses histoires, se les réapproprie en conservant les bases de son univers et leur atmosphère si particulière.
Car si la présentation du Scarabée d'or est très fidèle à l'originale, certaines scènes ont été rajoutées sans doute dans le but de nouer des liens forts entre William Wilson et Edgard Legrand, introduisant aussi Kitty, un troisième personnage, féminin celui là, qui entretie[...]
chabrolesque glauque
Au cours d'une soirée mondaine, un inconnu remet à Lestrade, député-maire d'une cité de province, un DVD sordide filmé par celui que les médias ont surnommé le tueur à la ficelle. Pour Lestrade, appelé a devenir ministre dans le prochain gouvernement, cela pourrait bien sonner le glas de ses ambitions politiques, et ce d'autant que la victime n'est autre que sa maîtresse. Il se confie à son ami, le commissaire Zélian qui décide de substituer l'ordinateur de la victime contenant sa correspondance avec Lestrade afin de protéger la carrière de ce dernier. Mais, très vite, la police est persuadée d'avoir affaire à un imitateur à cause de nombreux détails troublants.
Avec le Protocole du tueur, Didier Convard, le scénariste du Troisième Testament, signe un polar rythmé particul[...]
dans la lignée d'Oz
La série poursuit son bonhomme de chemin avec ce troisième opus, premier d'un nouveau dyptique. Le format de la série est intéressant puisqu'il fait bougrement penser à celui d'une série TV américaine dont on a l'impression que le style et l'ambiance commencent à déteindre sur la bande dessinée dans les séries formatées US semblent se développer.
Dans cette série, le fil rouge est constitué par le personnel du Temple, prison haute sécurité qui a donné son nom au premier diptyque. Au fil des tomes, ces personnages s'étoffent, montrent leurs fêlures et leurs travers. Les relations se nouent et se dénouent dans l'espace confiné de la prison sont le sel de la série. La tension qui monte est palpable et l'immersion dans l'univers carcérale étouffante. Chaque diptyque se propose d[...]
sublime dessin mais...
Fort du succès de la série TV, et avant son adaptation sur grand écran et ses déclinaisons jeux vidéo, et autres romans, Laurent Turner et Matthieu Venant nous ont concocté un premier album au graphisme fort réussit.
Il n'y a aucune fausse note dans le trait dynamique de Matthieu Venant, ses impressionnants cadrages, ses personnages très expressifs qu'il met en scène et la mise en couleur somptueuse de Lorien.
Cependant, l'album laisse sur sa fin et laisse une furieuse impression de râté. A l'instar de son adaptation au cinéma, le point faible de cet album réside dans le scénario qui n'est pas à la hauteur. Les scènes burlesques et percutantes se succèdent et les héros traversent moult péripéties mais il n'y a pas à proprement parler d'histoire. Certes, l'essence mêm[...]
l'ouvrier de la mort
Les Contes de l’Ankou nous entraînent dans le sillage des récits envoûtants d’Anatole le Braz. Ce grand conteur a su collecter et coucher par écrit contes, chansons et légendes populaires, sauvegardant par la même un patrimoine inestimable. Son ouvrage le plus connu, Légendes de la Mort, s’est attaché à cerner ce personnage énigmatique et inquiétant qu’est l’Ankou. Les voyageurs ayant arpentés les terres de Bretagne savent qu’on le trouve au détour de nombreux monuments et c’est au cœur même des lieux de culte que son squelette armé d’une faux attend patiemment…
Cette trilogie sombre et captivante nous propose de nous lancer à la suite de Guillaume Cadic, un écrivain qui, hanté par la mort de sa femme, a décidé de re[...]
un polar tarantinesque
Avec Du plomb dans la tête Matz fait montre de sa formidable capacité à nous conter des histoires efficaces et percutantes.
La premières scènes et ses dialogues ciselés évoquent immanquablement les meilleurs films de Quentin Tarantino, de l’incontournable Reservoir Dog en passant par le superbe Pulp Fiction. La discussion légère et décalée qui entame l’album n’est pas sans rappeler l’échange anodin entre copains autour d’une table de restaurant sur le message portée par Like a Virgin et sur l’absurdité des pourboires ou les digressions sur le mac Donald du duo inimitable formé par Samuel L. Jackson / John Travolta.
Tout commence par une discussion dans une voiture entre deux types apparemment ordinaires qui devisent sur l’utilité de porter une paire de pompe[...]
conventionnel mais efficace
Damoclès est la nouvelle série de Joël Callède, l'excellent scénariste des Enchaînés, thriller époustouflant mis en images par Gihef. Délaissant les histories contemporaine, il nous propose une série d'anticipation tendance cyberpunk dynamique et rythmée mise en image par Alain Henriet dont le sens du mouvement et des cadrages ont pu être admiré dans Golden Cup, un crossing-over de la série Golden City.
Oeuvrant pour une société de protection des personnes, les principaux protagonistes de ce premier tome auront fort à faire pour protéger le fils de leur client, un riche industriel ayant fait fortune dans le commerce d'armes. Car les membres du groupuscule révolutionnaire baptisé Sherwood semble bien déterminés à le forcer à abandonner ses activités.
Le context[...]
du charme désuet des manoirs écossais
Après avoir du abandonner les aventures de Scott & Hasting après une accusation de plagiat émanant des ayant droit de Jacobs (représenter un rouquin barbu et un militaire blondinet semble désormais interdit), Marniquet a, par une pirouette scénaristique, proposé une sorte de suite en imaginant un nouvel héros, Sean Mac Gregor, qui n'est autre que l'écrivain qui a rédigé les aventures de Scott & Hasting. La filiation ne s'arrête évidemment pas là car l'ambiance de la première série trouve dans celle ci des raisonnances évidentes...
Le scénario qu'il nous propose se situe à la lisière qui sépare le fantastique du réel. La série de meurtre à laquelle l'écrivain écossais va être confronté étant pour le moins étrange. Brad Mordock, célèbre aventurier et chasseur américain est ret[...]