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Bandes Dessinées


charme désuet et envoûtant
La brigade de l’étrange est une série au charme délicieusement suranné dont les intrigues, à la lisière du fantastique et ancrée dans l’histoire ne sont pas sans évoquer la série des Brigades du Tigre que le film de Jérôme Cornuau et son prologue BD signé par Xavier Dorison, Fabien Nury et Jean-Yves Delitte ont remis au goût du jour.



L’univers et les codes graphiques, avec des dialogues très présents et de longs récitatifs n’est pas sans rappeler les albums de Black et Mortimer, bien que la précision du trait de Frédéric Marniquet n’égale pas celle de Jacobs. Le trait, brut de décoffrage souffre de nombreuses imperfections et la mise en couleur, très sobre, ne rehausse pas l’aspect plutôt terne que donne l’album au prime abord.
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Au pays des géants!
Œuvre magistrale d’auteurs connus pour une talentueuse incursion dans le cyberpunk, « Servitude » nous dépeint un monde médiéval-fantastique d’une grande cohérence et d’une grande beauté ; ceci grâce aux traits splendides d’Eric Bourgier et du fait d’un traitement monochrome du plus bel effet, le tout étant bien entendu soutenu par la scénarisation tragique et touffue de Fabrice David.



Tout au long de ce premier tome, les auteurs distillent des informations permettant aux lecteurs de découvrir leur univers. De fait, il vous faudra plusieurs lectures pour comprendre tout ce que vous avez vu, car certains ressorts narratifs prochains et certains acteurs des tomes qui suivront n’apparaissent parfois que le temps d’une image. C’est dense, sans pour autant être indigeste, grâce a[...]
Seule contre tous ?
Avec « Mysteries », Roger Seiter nous livre une adaptation d'un roman éponyme de Wilkie Collins, un auteur anglais de la fin du 19ème siècle.



Comme pour la série « Fog », l'action se situe au sein de la bonne société britannique durant la période victorienne. Une bonne moitié de l'album consiste à planter le décors en livrant les divers éléments qui serviront de base à l'intrigue. Roger Seiter se livre également à une description des moeurs de l'époque avec lesquelles son héroïne, Valéria, ne semble pas en harmonie. Ceci étant posé commence alors le volet enquête policière de cette histoire. A ce propos, Valéria m'a étrangement fait penser au personnage de Miss Marple avec une cinquantaine d'années en moins. Une bonne mise en bouche pour préparer le second tome.


tragique mélancolie
Le vieil homme qui n’écrivait plus est un album à trois voies plein d’humanité. Le tournage d’un film à notre époque va pousser les habitants d’un petit village à se pencher sur un passé douloureux.

Subtil et remarquablement bien écrit, l’auteur nous entraîne à la découverte d’un passé révolu mais dont les répercutions sont encore de nos jours bien palpables…

Chaque personnage expose sa vision parcellaire de la vérité, entraînant le lecteur dans sa vision des faits, et le perdant peu à peu… Que s’est-il passé dans cette sombre période, qu’est—il arrivé au cavalier allemand? Quelle est la part de vérité dans le roman Augustin Morel? Ces récits multiples, entrecoupés de fragments du roman et à cheval sur deux époques confèrent à l’histoire un rythme particulier et envoûtant qu[...]
noir et envoûtant
Ce qui attire d’emblée l’attention du lecteur, c’est le trait et la mise en couleur hallucinante de Benjamin Carré qui immerge d’emblée le lecteur dans une ambiance oscillant entre le cinéma des années 50 et Blade Runner et ses univers urbains sombres et délavés par la pluie. Après avoir travaillé pour le monde du jeu vidéo, du jeu de rôle et du jeu de société (Zombie), il signe là une première BD est de toute beauté…



L’atmosphère qui se dégage des planches est à la fois étouffante et dérangeante, comme l’était celle distillée dans un jeu vidéo très typé au design soigné : Max Payne. On y retrouve le cynisme du personnage principal et cette histoire à la première personne que l’on retrouve aussi dans les romans noirs.

Le[...]
un avenir sombre
Ce troisième et dernier opus des Choniques de Centrum clos en beauté la triologie adaptée du roman de Jean-Pierre Andrevon, le Travail du Furet.



Les dessins et la mise ne couleur de Afif Khaled font une fois encore merveille et immerge le lecteur dans un univers étouffant où si le présent est déjà noir, le pire est encore à venir. S’il s’éloigne de l’ambiance de polar sombre distillé dans le roman pour s’ancrer fermement dans un univers plus axé vers la science fiction, la tonalité de cette trilogie reste la même que celle de l’œuvre originelle dont elle est tirée.



Ce troisième opus fait la part belle à l’action puisque l’on voit le docile petit soldat se rebeller contre le système qu’il a servi corps et âme[...]
Noir et sanglant
C’est toujours avec un réel plaisir que l’on découvre une nouvelle enquête de l’inspecteur Canardo, même si ses premières enquêtes, plus personnelles, étaient plus poignante que les dernières… Au fil des années (près d’un quart de sièce !), cet anti-héros, alcolique, déglingué par la vie et des nuits de veille à tenter d’oublier, s’est imposé comme un personnage majeur de la BD franco-belge, imposant le style du détective animalier bien avant le superbe Blacksad.



D’un style graphique très classique, avec juste ce qu’il faut d’ombre pour s’éloigner de la ligne claire, Sokal n’a pas son pareil pour rendre sexy une personnage animalier telle cette nurse aux mains sanglantes… Mais c’est réelleme[...]
polar politique
Ultimate Agency est une série qui s’inscrit dans le polar noir par sa tonalité, son sujet et son personnage, Louis Barma, Balou pour les dames et Lou pour les autres. Par son discours et son rôle de narrateur à la première personne, il fait immanquablement penser à Nerstor Burma, détective, né sous la plume du grand Léo Malet et mis en image par le grand Tardi.



Le premier tome, faisant la part belle à l’action et au suspens, pouvait faire penser à une nième série mettant en scène un détective sans renouveler vraiment le genre, creusant un sillon déjà tout tracé. Mais le second tome, en renforçant plus encore la proximité entre fiction et histoire contemporaine, donne à la série une tonalité particulièrement savoureuse.

La trame imaginée par François Corteg[...]
léger et poétique
Oscar & Monsieur O est un album poétique et touchant signé par l’immense Moynot et édité dans la superbe collection Carrément BD. Carré, comme son nom l’indique, au dos toilé, chacun des albums de la collection est un délice graphique.



Sorti un an après le superbe Monsieur Khol (scénarisé par Dieter), on y retrouve tout le charme et la délicatesse de cet album léger et envoûtant. Les pinceaux de l’artiste font une fois de plus merveille et c’est avec un réel plaisir qu’on le retrouve dans un scénario subtil et troublant portant sur les affres de la création après s’être intéressé au problème de l’identité.



Le scénariste et dessinateur du Temps des Bombes retrouve ici une époque qui lui est chère et qu’il sait for[...]
dans les pas d'un tueur
HH Holmes se propose de raconter la vie du premier tueur en série à ensanglanter le sol américain. Meurtrier inconnu du grand public, personnage étrange et complexe, qui a reconnu près de trente meurtres mais soupçonné d’en avoir commis près de deux cent, HH Holmes.



Graphiquement, c’est tout bonnement superbe! On ne peut qu’être admiratif devant l’immense talent de Fabrice Le Hénanff, dessinateur du superbe Caméléon paru chez Casterman et déjà scénarisé par Henri Fabuel. Ses planches sont de toutes beauté, à la fois sombres et sanglantes, oppressantes et magnifiques et ce malgré une impression qui ne donne pas toutes sa mesure aux couleurs tourmentées de la palette de l’artiste.



Ce premier tome présente ce tueur dont une zone d[...]
Juste et subtil
Comme le souligne Martin Vidberg, scénariste, dessinateur et personnage principal du journal d’un remplaçant, tout le monde à peu ou prou son avis sur l’éducation nationale car tous le monde a usé ses fonds de culottes sur les bancs d’école, et tous ont leurs souvenirs, bons ou mauvais… Mais le métier d’instituteur n’a pas bonne presse en ce moment. Médias et politiques ont très largement contribué à le discréditer, les seconds en sous affirmant que les lacunes des élèves sont du seul fait des enseignant (M. De Robien décriant la méthode globale à hauts cris en faisant montre de sa méconnaissance du sujet et des pratiques des enseignants n’en est qu’une illustration), les seconds en relayant les propos de seconds et en parlant des mouvements [...]
Kivalaséki ?
Faire rire est un art délicat et difficile. Parvenir à faire dérouiller les zygomatiques d’un lecteur en une demi planche, et ce 96 fois par album, avec des scénettes fort bien construites aux chutes surprenantes et déroutantes relève déjà de la gageure. Mais Diego Aranega, scénariste et dessinateur de Victor Lalouz ne s’arrête pas là!

Car en plus de proposer des strip aussi hilarants que percutants, l’auteur construit une histoire complète, rythmés par les éclats de rires.



Son personnage de looser inadapté socialement et professionnellement est un modèle d’anti-héros absolu : doté d’un physique ingrat que nulles qualités ne vient contrebalancer, obsédé sexuel patenté qui passe sa vie entre son boulot improbable de présentateur radio et [...]