Entretien avec Esther Gil et Laurent Paturaud


Bonjour et tout d’abord merci de vous prêter au petit jeu de l’entretien et de nous consacrer une partie de votre temps si précieux !

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? (âge, passions, études, parcours …)

Esther : Je suis née en 1967 et je n'arrive pas à réaliser que j'ai déjà 52 ans. Je suis toujours cette petite fille timide qui s'invente des histoires dans son monde intérieur. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai cherché à retranscrire sur le papier les aventures des héros imaginaires que je faisais vivre dans mes pensées. L'écriture de scénarios pour la bande dessinée est venue tardivement dans ma vie, lorsque j’ai rencontré celui qui allait devenir mon compagnon, Laurent Paturaud, dessinateur de bande dessinée. En échangeant avec lui sur son travail de dessinateur, j’ai découvert la méthode de réalisation d’un album. Sensible aux graphismes et à la liberté d’expression de ce média, j’ai alors eu envie de matérialiser sous forme d’albums de bande dessinée toutes ces histoires que je portais depuis tant d’années.

Laurent Paturaud dans ses oeuvresLaurent: j'ai 50 ans, je suis passionné par le dessin depuis que je sais tenir un crayon, je crois. Vers l’âge de 9 ou 10 ans, j’ai réalisé mes premières bandes dessinées. Toutes les cases étaient de taille identique et les dessins à l’intérieur ne représentaient que des personnages très simplifiés sans aucun détail ni décors… J'ai su très tôt que je voulais dessiner dans le but de raconter des histoires. Par la suite cependant, mal conseillé, j'ai d'abord suivi des études de comptabilité jusqu'en terminale, mais trop loin de mes aspirations premières, j'ai complètement abandonné cette voie pour suivre des cours de graphisme publicitaire. Avant de me lancer dans la création véritable de bandes dessinées, j'ai réalisé des logos, des affiches, des maquettes de magazines et donné des cours de dessin...

Enfant, quels lecteurs étiez-vous et quels étaient vos auteurs de chevet ? La BD a-t-elle toujours occupée une place de choix ?
Esther GilEsther : Dans ma famille, nous n'avions pas beaucoup de livres dans notre bibliothèque lorsque j'étais enfant, mais il en a deux que j'ai lu des dizaines de fois je crois bien, il s'agit d'Alice au Pays des merveilles illustré par Sir John Tenniel et l'île mystérieuse illustrée par Jules Férat. Ces deux livres ont certainement été à la source de ma passion pour l'illustration et ensuite la bande dessinée. Lorsque je regarde les planches réalisées par les dessinateurs sur des histoires que j'ai inventées, j'ai l'impression de redevenir la petite fille timide et solitaire, émerveillée par les dessins. Pour ce qui est de la bande dessinée, je lisais exclusivement des aventures dans les périodiques « Pif Gadget » et « Picsou Magazine », puis plus tard j'ai découvert les œuvres de Gotlib dont je suis une grande fan... Pour moi, la bande dessinée était donc associée à jeunesse et humour et ce n'est que tardivement que j’ai appris que le neuvième art pouvait rimer avec histoire, fantastique, aventure, lorsque j'ai rencontré Laurent qui m'a fait connaître les oeuvres d'Yslaire, Bilal, Gibrat...

Mata Hari, rough de la planche 33© Laurent Paturaud Laurent: J'ai commencé à lire de la bande dessinée au début de l’adolescence ; d'abord des albums que mes grand-parents m'offraient à Noël comme Tintin ou Astérix avant de découvrir, vers 14 ans, les premiers albums à l'humour décapant parus chez « les Humanos » comme « Lucien » de Margerin , « Kebra » de Tramber et Jano... Lycéen, j'ai découvert des séries plus réalistes qui m'ont marqué durablement comme « La Quête de l’Oiseau du Temps » de Le tendre et Loisel, « Thorgal « de Rosinski et Van hamme, ou des séries historiques comme « Les 7 vies de l’épervier » de Cothias et Juillard, « les Passagers du Vent » ou encore « Les Compagnons du Crépuscule » de Bourgeon.

Laurent, Quels sont vos « maîtres » en bande dessinée ?
Les auteurs qui m'ont véritablement donné envie de faire ce métier sont tout d'abord Enki Bilal (tellement innovant graphiquement !), Bernard Hislaire à travers sa série « Sambre » puis Guillaume Sorel ( un véritable génie selon moi !) avec la lecture de « l’île des Morts » scénarisée par Thomas Mosdi (avec qui j'ai débuté ma première série (hélas abandonnée) « Les Passants du Clair de Lune ».

Esther, comment qualifieriez-vous le métier de scénariste ?
Pour moi le scénariste est avant tout un travailleur de l'ombre, puisque le scénario en tant que tel n'est pas l’œuvre finale. C'est un outil de travail qui permet de donner des indications au dessinateur sur la composition et la structure de l'album (description des personnages, des lieux, de la mise en scène) dont seuls les dialogues seront conservés dans les bulles. J'attache donc une très grande importance aux dialogues qui pour moi doivent sonner un peu comme une mélodie. Ils ne sont pas uniquement discours mais également musique. Lorsque j'élabore le scénario je fais des propositions de mise en scène mais je laisse toute liberté aux dessinateurs de s'accaparer le récit pour l'illustrer.

Mata  Hari, planche 33 colorisée © Laurent Paturaud Vous êtes mari et femme et c’est votre deuxième collaboration : ce n’est pas trop difficile de travailler ensemble (rires)
En réalité, depuis notre rencontre, nous souhaitions travailler ensemble sur des projets créatifs et la bande dessinée nous l'a permis. Élaborer, puis réaliser en commun de tels projets demande quelques sacrifices, puisque, pendant toute la création d'un album nous « vivons » en compagnie de nos personnages et ce n'est pas toujours facile pour notre entourage. Parfois nous aimerions prendre un peu de recul... Mais ce qui est vraiment un plus pour nous, c'est de pouvoir tout partager dans le processus créatif, sans concessions ni crainte de déplaire à l'autre... Nous savons rapidement ce qui convient à chacun et nous n'hésitons pas à modifier un dialogue, recomposer une scène, etc. ce qui peut parfois être source de tension bien sûr ! (rires)

Quelles sont pour vous les grandes joies et les grandes difficultés du métier ?
Imaginer des histoires, des personnages et créer avec une grande liberté des ouvrages partagés avec des lecteurs que nous avons parfois la chance de rencontrer lors de séances de dédicaces, fait partie des moments très appréciables de notre métier. Cependant il ne faut pas oublier que, malheureusement, la plupart des auteurs vivent difficilement de leur art qui reste très souvent peu ou mal rémunéré.

Mata  Hari, recherche de couverture © Laurent PaturaudComment vous est venu l’idée de travailler sur le personnage de Mata Hari ?
Esther : Après avoir visité le musée des Confluences à Lyon dont plusieurs salles étaient dédiées à la collection Guimet, un ami nous a offert un livre intitulé «les cocottes» de Catherine Guigon et parmi les biographies présentées dans cet ouvrage j'ai été littéralement captivée par celle de Mata Hari. Je me suis prise de passion pour cette femme à la forte personnalité, grande amoureuse devant l'éternel. Découvrant le lien qui unissait Émile Guimet et Mata Hari, je venais de trouver le sujet de mon prochain scénario et j'ai décidé de construire ce récit comme une ode à l'amour fou qui peut pousser à prendre des décisions parfois inconsidérées...

Mata Hari a toujours fasciné et, depuis sa mort, au moins un livre par an lui est consacré. Jusqu’à présent, elle n’avait pas été l’héroïne, à ma connaissance, d’albums de bande dessinée. Mais, hasard du calendrier, 15j après la sortie de votre album, paraissait chez Glénat : Rendez-vous avec X : Mata Hari de Virginie Greiner et Olivier Roman. L’avez-vous lu ?
Effectivement le hasard a voulu que deux albums dédiés à Mata Hari sortent à quelques jours d'intervalle. Nous ne l'avons pas encore lu car nous sommes très sollicités par les dédicaces et n'ayant pas de temps libre en ce moment nous n'avons pas le loisir de lire beaucoup. Mais les vacances de Noël approchent et ce sera un plaisir de découvrir Mata Hari vue par un autre regard que le nôtre.

Mata  Hari, recherche de couverture © Laurent PaturaudVous vous démarquez beaucoup de vos prédécesseurs en choisissant de parler longuement de Margaret Zelle Mac Leod et pas seulement de Mata Hari. Pourquoi ce choix ?
Esther : les œuvres (films, bandes dessinées, récits) présentent en effet Mata Hari sous l'angle de l'espionnage alors que pour moi, loin d'être une femme fatale ou une manipulatrice, elle fut surtout victime des circonstances de la guerre. Espionne de pacotille, elle n'a accepté ce « rôle » que pour continuer de vivre dans le faste, ne comprenant pas les nouvelles règles qu'imposait la guerre aux citoyens d'alors. Nous avons préféré mettre en valeur ses choix de vie et sa volonté de séduire envers et contre tout pour ne pas rester dans l'ombre, ce qui, finalement, la conduisit vers sa fin tragique.
Je reprendrais une citation de Victor Hugo « Que reste-t-il excepté d'avoir aimé ? ». Un personnage comme Mata Hari me permet d'explorer une facette de l'amour fou qui résonne avec mes sentiments profonds.

Avec vos deux albums communs, on comprend que vous aimez beaucoup le XIXe et le début du XXe siècle et en lisant Mata Hari, on voit même un petit clin d’œil à Esther puisqu’une librairie parisienne s’appelle « Gil » ! Je suppose que c’est pour rendre hommage à votre titanesque travail de recherche … Quelles furent vos principales sources documentaires ? Auriez-vous un ouvrage en particulier à conseiller aux lecteurs désireux d’en apprendre davantage sur l’époque ou sur cette femme hors du commun ?
Effectivement dans Mata Hari, il y a une librairie GIL et dans Victor Hugo aux frontières de l'exil, il y a une affiche sur un mur mentionnant « Maison Gil Alcool vins fins et spiritueux » (rires).
Nous avons cherché avant tout à rester fidèles à la période historique que nous illustrons et avons réuni pour cela une importante documentation visuelle essentiellement d'époque (photographies, films, gravures, peintures, etc.) afin que le lecteur s'immerge au mieux dans ce récit. Plusieurs ouvrages firent partie de nos sources d'inspiration et de référence notamment ceux de Philippe Collas (petit fils de Pierre Bouchardon) : « Mata Hari, la dernière danse de l'espionne » et l'ouvrage d’Hervé Beaumont « Les aventures d’Émile Guimet un industriel voyageur »

Mata  Hari, recherche de  couverture © Laurent PaturaudAvez-vous eu l’occasion de vous rendre au musée Frise de sa ville natale de Leeuwarden en Hollande dans lequel sont exposés des objets « intimes » de Margaret Zelle ainsi que ses albums photos et ses lettres ?
Malheureusement, nous n'avons pas eu l'occasion de nous rendre en Hollande sur les terres natales Mata Hari, mais dès que l'occasion se présentera nous irons sur les pas de la belle danseuse découvrir le musée qui lui rend hommage.

On voit bien comment pour l’héroïne vous vous êtes inspirés des photos prises à l’époque puisque vous mettez en scène une séance de pose puis à la page suivante le cliché qui y correspond (p.37-38) et que vous citez également la prestigieuse maison Reutlinger. Avez-vous également eu des films de fiction en tête au moment de l’élaboration du personnage ?
Nous avons préalablement visionné tous les films disponibles qui retracent la vie de Mata Hari. Celui avec Greta Garbo et celui avec Jeanne Moreau bien sûr, mais aussi celui réalisé en 1984 avec l'actrice néerlandaise Sylvia Krystel et plus récemment, le film réalisé pour la télévision française avec Maruschka Detmers et Bernard Giraudeau, ce dernier étant le plus réaliste selon nous quant à la personnalité de Mata Hari et son procès.

Certains peintres semblent également vous avoir marqué, Laurent, vous rendez un superbe hommage à Mucha sur la couverture. Pour quelle(s) raison(s) ?
Les bandes dessinées m’inspirent surtout pour leur technique narrative, mais pour ce qui est du dessin et surtout de la couleur, ce sont surtout les œuvres des grands peintres et illustrateurs qui m'inspirent. Le Caravage, Rembrandt et Delacroix sont mes maîtres, mais, passionné par le 19ème siècle, les grands peintres de la période romantique, symboliste, orientaliste et de l'art nouveau comme Gustave Moreau, Alphonse Mucha ou Klimt sont également des références incontournables pour moi.
Alphonse Mucha contemporain de Mata Hari, aurait pu la peindre, mais lorsqu'elle est arrivée à Paris, lui, de son côté, porté par le succès, se rendit en Amérique où il décida de se consacrer à un projet auquel il rêvait depuis longtemps : une série de grands tableaux célébrant l’Épopée slave.

Mata  Hari, recherche de couverture © Laurent PaturaudVous aviez mis plus de 3 ans pour réaliser « Victor Hugo ». Combien de temps vous a-t-il fallu cette fois ?
Pour réaliser l'intégralité de cet album de bande dessinée sur Mata Hari il nous a fallu deux années.

Vous étiez tributaires du réel pour les personnages principaux. Quel personnage vous a donné le plus de fil à retordre? Lequel avez-vous au contraire pris le plus de plaisir à mettre en scène ?
Dessiner et mettre en scène la sensuelle et sulfureuse Mata Hari fut un véritable plaisir et j'avoue que ce sont, non pas des personnages en particulier, mais plutôt les scène de guerre qui furent pour moi les plus difficiles à réaliser. L'opposition entre l'horreur de la guerre et les magnificences de la Belle Époque n'a pas été évidente à illustrer. Je préfère généralement dessiner des formes sensuelles et l'idée de représenter l'horreur des tranchées fut assez difficile et douloureux...

Esther, comment avez-vous eu l’idée d’utiliser deux types de narration : une narration à la première personne dans les récitatifs (Mata Hari en voix off) et des dialogues plus traditionnels ? Quel effet souhaitiez-vous produire auprès du lecteur ?
C'est récurrent chez moi de partager en voix off les pensées de mes personnages principaux.

Dans « Victor Hugo » et « Jules Verne » il y a déjà de longs monologues intérieurs. C'est quelque chose qui me touche lorsque l'on découvre les pensées profondes d'un personnage. J'avais envie d'exprimer en off cette petite voix intérieure qui peut nous pousser à faire le meilleur comme le pire. Avec Mata Hari, il s'agissait de donner certaines clés. Pourquoi ce besoin de briller en société, pourquoi enjoliver son histoire personnelle ? Que cachaient les mensonges ou les rires à gorge déployée dans les situations désespérées ? Que se passait-il lorsque les feux de la rampe s'éteignaient ?

Autant de questions auxquelles je souhaitais trouver des réponses à partager avec les lecteurs.
Mata  Hari, storyboard de la planche 31 © Laurent Paturaud
Laurent, on remarque dans ce nouvel album une certaine déconstruction des cases et du gaufrier traditionnel dans les scènes de danse mais pas seulement ainsi qu’une multiplication de pleines pages… Est-ce l’influence de votre activité d’illustrateur ?
Lorsque je réalise une bande dessinée, je conçois généralement une scène au travers d'une suite de cases composées sur une page. Je ne « pense » pas souvent mes pages comme un illustrateur, mais Esther m'a suggéré « d'exploser » un peu tout ça et de proposer une composition plus éclatée, sans cases, pour certaines scènes. Il m'a fallu un peu de temps pour proposer une composition originale et intéressante, mais après quelques recherches, je suis arrivé à représenter graphiquement ce que j'avais à l'esprit.

Laurent, quelles techniques utilisez-vous traditionnelles ou numériques ?
Mes dessins préparatoires et l'encrage des dessins se font toujours de manière traditionnelle sur papier (crayon, pinceau, encre acrylique et feutre noir), mais pour le montage des pages en cases, la mise en couleur et l'intégration du texte, j'utilise l'outil numérique pour plus d'efficacité.

Comment s’est organisé le travail entre vous ? Du synopsis à la planche finalisée, quelles furent les différentes étapes de la réalisation?
Laurent: Esther Gil écrit un résumé complet de l'album. Ensuite, pour chaque séquence, elle me propose un découpage précis comportant les dialogues et les voix off avec une suggestion de mise en scène. Sur cette base, je choisis mes cadrages et le nombre de cases que j'adapte en fonction du rythme de la séquence.

Je réalise d'abord un story-board assez précis d'une séquence complète (entre 4 et 8 pages généralement) et je le montre à Esther pour que nous en validions ensuite la mise en scène avant la réalisation finale des pages.
Je commence le dessin finalisé de mes pages sur papier (dans un format deux fois plus grand que le format imprimé). Je dessine un crayonné assez précis puis je l'encre au feutre noir et (ou) au pinceau.

Ensuite, je scanne ces pages et effectue leur mise en couleur grâce à un logiciel de retouches photo comme Photoshop. J’applique via l'outil informatique l’ensemble des couleurs sur un calque indépendant grâce au stylet d’une tablette graphique que j’utilise comme un pinceau. Le rendu d’une colorisation numérique m’apparaissant un peu lisse et impersonnel, j’'ajoute en incrustation un calque réalisé à partir d’une feuille de papier scannée et que j’ai préalablement recouverte d’une couche encrée uniformément répartie. La texture est alors clairement visible sur l’image finale, et j’obtiens ainsi à l’impression un résultat très proche d’une mise en couleur traditionnelle à l’aquarelle.
Mata  Hari, crayonné de la planche 31 © Laurent Paturaud
Quelle étape vous procure le plus de plaisir ?
Les premières étapes de la réalisation d'un album de BD sont pour moi les plus passionnantes. C'est lorsque je recherche la documentation, que j'effectue les croquis préparatoires (décors, personnages, costumes, etc.) et que j'élabore la mise en scène et le story-board que mon travail me comble le plus.

Comme « Victor Hugo », cet album est publié chez Daniel Maghen qui est très connu pour le soin qu’il porte à l’édition des titres qu’il choisit. Pourriez-vous nous dire comment est née cette collaboration et ce qu’elle vous apporte ?
Alors que nous venions de commencer à réfléchir à notre projet mettant en scène « Victor Hugo », l'équipe de Daniel Maghen nous contacte et nous propose collaborer avec nous sur un album de bande dessinée. A la lecture de notre projet, ils se sont montrés tout de suite enthousiastes. Comme les éditions Maghen n'éditent que très peu d'albums, un soin tout particulier est accordé au suivi de chaque étape de la réalisation d'une bande dessinée. En tant qu’auteur, on bénéficie également d’une grande liberté quant à la réalisation du projet (timing, pagination, etc.), ce qui, dans l'acte de création, est idéal.
Mata  Hari, encrage de la planche 31 © Laurent Paturaud
Laurent, allez-vous exposez ? Et peut-on espérer un Artbook chez Maghen ou bien un portfolio comme le « Second Empire » que vous aviez réalisé avec les Sculpteurs de bulles ?
Rien n'est encore défini précisément pour le moment, mais il y aura des surprises pour les mois et années à venir autour de cet album sur Mata Hari, notamment avec les Sculpteurs de Bulles...

Esther, vous avez travaillé sur Victor Hugo et Mata Hari avec Laurent et sur Jules Verne avec Carlos Puerta dans Jules Verne et l’astrolabe d’Uranie : pourquoi cet intérêt pour des personnages historiques ? Vous envisagez de créer de purs personnages de fiction ?
J'ai imaginé de nombreux personnages de fiction pure (qui n'ont pas fait l'objet d'albums édités) mais à travers le premier album sur Victor Hugo j'ai découvert le plaisir de plonger dans les biographies de personnalités historiques.
La partie recherche de documentation et d'informations est le moment que je préfère. Je m'immerge littéralement dans ma période de prédilection, et, complètement absorbée par leurs biographies, je les fais miennes et c'est un peu comme si je vivais leurs propres aventures.
Et pour en revenir à mon émotivité et ma timidité presque maladives, c'est en quelque sorte assez confortable pour moi de dévoiler mes propres sentiments et convictions à travers des figures aussi illustres.
Mata  Hari, planche 31 colorisée © Laurent Paturaud
Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vos autres projets (communs ou non !) ?
Il est encore un peu trop tôt pour en parler précisément...

Tous médias confondus, quels sont vos derniers coups de cœur?
Esther : « ADN Baroque » par le contre-ténor Théophile ALEXANDRE et le concertiste Guillaume VINCENT
Laurent: La bande dessinée « Macbeth, roi d’Écosse » de Thomas Day et Guillaume Sorel

Pour finir et afin de mieux vous connaître, un petit portrait chinois à la sauce imaginaire…

Si vous étiez …


Mata  Hari, Laurent Paturaud © Laurent Paturaudun personnage de BD :
Esther : Julie dans Sambre (Yslaire)
Laurent: le chevalier Bragon (la quête de l'oiseau du temps)

un personnage de roman:
Esther : Alice !
Laurent: Michel Strogoff

un personnage de cinéma:
Esther: Tomas (personnage principal masculin) du film « The Fountain » de Darren Aronosfsky
Laurent: Indiana Jones

une chanson:
Esther: « SOS d'un terrien en détresse » de Michel Berger et Luc Plamondon extrait de l'opéra rock « Starmania » (tout est dit me concernant...)
Laurent: « Avec le temps » de Léo Ferré

une découverte scientifique :
Esther: Internet
Laurent: l'imprimerie

une recette culinaire:
Esther: Un dessert sans hésiter ! Le chou à la crème vanille légèrement caramélisé sur le dessus... Entre autres smiley
Laurent: La Truffade

une boisson:
Esther: Virgin Mojito à la Vichy Célestins
Laurent: Un vin de Bourgogne Pinot noir

une ville:
Esther: ce n'est pas une ville, ce sont des îles sur le lac Majeur, les îles Borromées, des perles d'architecture et de romantisme à fleur d'eau...
Laurent: Venise


Quel(le) est :
votre principal qualité:
Esther: l'enthousiasme
Laurent: la ténacité

votre principal défaut:
Esther: la gourmandise (on en revient aux choux à la crème... rires !)
Laurent: Une procrastination récurrente (rires !)

votre devise :
Esther: Que l'amour soit ton bouclier !
Laurent : Faire de son mieux et transmettre le meilleur


Merci encore une fois d’avoir pris le temps de nous répondre ! Et à nouveau félicitations pour ce somptueux album. Ça donne très envie de découvrir votre prochain opus!

Article by bd.otaku