★★★☆☆ Génius, un androïde qui vous veut (trop) de bien
Genius, planche du tome 1 © Glénat / Hirlemann / Salma / RalentiMax est un ado solitaire délaissé par un père tellement accaparé par son travail qu’il culpabilise de laisser son fils seul à la maison. Or, Max a toujours aimé les robots… Et quoi de mieux qu’un androïde pour rompre la solitude de son gamin ?

Sur le papier, l’idée est excellente : Genius, androïde de dernière génération, est un concentré de technologie à même de devenir le meilleur ami de son fils unique… Mais Max se montre pour le moins réticent et boude son cadeau ultra sophistiqué…

Parviendra-t-il à devenir le meilleur ami de Max ? Rien n’est moins sûr en vérité… D’autant qu’au fil des jours, Génius semble développer des sentiments très humains qui peuvent inquiéter les humains qui vivent avec lui..


Les humanoïdes rêvent-ils d’amitié électriques ?
Depuis Isaac Assimov et ses ingénieuses et pertinentes lois de la robotique, chercheurs et ingénieures rêve de créer un androïde à même d’assister l’homme dans sa vie de tous les jours. Le scénariste d’Animal Lecteur (entre autres !) s’empare de cette thématique pour signer une série originale qui interroge le lecteur tant sur l’amitié et la différence que sur l’adolescence ou le concept de robot humanoïde…

Genius, planche du tome 1 © Glénat / Hirlemann / Salma / RalentiLe scénariste compose un avenir crédible qu’il ne situe pas précisément mais dont on comprend qu’il se situe dans un futur plus ou moins proche. Constitué de courts récits, ce premier tome s’intéresse surtout à la relation étrange qui se noue entre Max et son « ami » Androïd qui ne va pas cesser d’évoluer au fil de l’album mais aussi celle existant entre Max et son père stakhanoviste. A travers le personnage de Max, l’auteur aborde le mal-être de l’adolescence qui peine à trouver sa place, qui souhaiterai un père plus présent sans toutefois lui dire explicitement, sachant que cela ne changerait rien de le verbaliser… Si son regard sur Genius se nuance entre le début et la fin de l’album, c’est l’androïde qui évolue le plus, au fil de ses reprogrammations sauvages destinées à juguler un comportement jugé déviant par les acheteurs et donc par le constructeur, soucieux de répondre à leurs attentes… On appréciera la capacité de l’auteur de glisser une séquence très didactique de l’histoire de la robotique, des origines aux jours futurs, tout en lui donnant une réelle valeur narrative.

Genius, planche du tome 1 © Glénat / Hirlemann / Salma / RalentiC’est là que le talent de Stephane Hirlemann intervient… Radicalement différent de son travail sur le magnifique et tragique homme sans sourire (sur un scénario de Stephane Louis), son trait tire vers les pure mais s’avère follement expressif. Il parvient à retranscrire tant la nonchalance de Max, ado dans toute sa splendeur, que les émotions émergentes de Genius, qui inquiètent, interpellent et bouleversent tour à tour…

Sergio Salma, le Créateur de Nathalie, prête sa plume à Stéphane Hirlemann, dessinateur du formidable Homme sans Sourire pour signer un récit d’anticipation intéressant qui interroge tant sur l’amitié et la différence que sur l’adolescence ou les androïdes…

Si la thématique du robot qui se dote de sentiments n’est pas nouvelles, l’approche de Génius n’en demeure pas moins sensible et originale et le tandem formé par Max, l’ado délaissé et solitaire et Génius, l’androïde, particulièrement intéressant…


- C’est une poupée en latex ?
- Bonjour Max. Je m’apelle Genius et je suis ton meilleur copain.
- Serres-lui la main. Donne-lui une chance.
- Oui. Serre-moi la main max. Je suis ton meilleur ami.
- Franchement, tu me déçois papa.dialogue entre Max, son père & Génius

Chronique by Le Korrigan