★★★★☆ Un secret bien gardé
Teleportation Inc. © Drakoo / Sordet / Latil / KaoriLa téléportation est longtemps restée un rêve fou… Elle est désormais devenue réalité. Mais sa mise en œuvre, nécessitant des masses d’énergie considérable pour surmonter les contraintes des lois de la physique, un contrôle drastique de cette technologie s’est imposé. C’est pour cela qu’a été créé la C.T.G. (Compagnie de Téléportation Galactique)… Sa mission : récupérer les voyageurs égarés et traquer les fuyards à travers la galaxie. Parmi ces Agents de Retour, tout à la fois espions émérites et enquêteurs chevronnés, Lubia Thorel est indéniablement l’une des meilleures.

Mais après être passé à un cheveu de la mort suite à l’effondrement d’un immeuble, elle souffre de multiples contusion… C’est alors que Dzakos en personne vient la trouver sur son lit d’hôpital pour lui annoncer la fin de sa mission… Feignant une grosse fatigue, elle s’empresse de retrouver Trev dès que son patron a tourné le dos, bien décidée à mener élucider cette étrange affaire …


Après un premier tome aussi jubilatoire que décoiffant, Dominique Latil et Romain Sordet sont de retour pour parachever leur enthousiasmant diptyque de SF.
Teleportation Inc. © Drakoo / Sordet / Latil / Kaori
un subtil et détonnant dosage d’humour et d’action virevoltante
C’est bien évidemment le dessin incroyablement dynamique de Romain Sordet qui attire d’emblée l’œil et ce dès la somptueuse couverture au moins aussi efficace que celle du premier opus. Difficile de croire en feuilletant l’album que le dessinateur alsacien signe avec Téléportation Inc. sa toute première série. Il se dégage de ses planches une énergie folle. Son découpage virevoltant et ses cadrages vertigineux donnent la furieuse impression d’être le spectateur d’un film à grand spectacle, impression par ailleurs renforcée par des effets pyrotechniques particulièrement soignés et la colorisation bluffante d’Aurélie F. Kaori dont nous avions pu apprécier le travail dans le déjanté Dragon & Poisons d’Isabelle Isabelle Bauthian et Rebecca Morse…
Le dessin souple et expressif de Romain Sordet semble faire la jonction entre la BD européenne et le manga en mettant en scène des personnages particulièrement expressif… Mais l’artiste n’est pas uniquement un formidable metteur en scène, sans doute hérité d’une longue expérience de storyboarder.. Teleportation Inc. © Drakoo / Sordet / Latil / KaoriIl fait montre d’un impressionnant talent pour esquisser les contours d’un univers riche et foisonnant en truffant ses planches de mille et un petits détails qui confèrent sa cohérence à l’ensemble, du design léché des véhicule aux architectures futuristes en passant par les objets technologiques disséminés ça et là… Une première série d’un dessinateur impressionnant de maîtrise…

Venons-en à présent au scénario de Dominique Latil… Tout d’abord, le scénariste ne s’est pas contenté d’utiliser la téléportation comme élément d’un récit SF. On sent qu’il a creusé son sujet et réfléchit aux conséquences de l’usage d’une telle technologie malgré un scénario axé sur l’action… Son tandem de héros antinomiques et complémentaires fonctionne à merveille grâce à des dialogues truculents et un sens du rythme aiguisé… Certaines scènes sont d’ores et déjà culte, telle celle où Anarch’on Trevoyar (Trev pour les intimes) use de son arme fatale pour tirer Lubia d’un très mauvais pas…Indéniablement rafraîchissant, le scénario n’en est pas moins intelligent pour autant et ravira les amateurs de l’Arme Fatale de Richard Donner ou du Die Hard de John McTiernan, film dans lequel le dosage entre humour, action et scène à grand spectacle et tout juste parfait…

Teleportation Inc. © Drakoo / Sordet / Latil / KaoriLa science-fiction occupe une place de choix dans la bibliographie de Dominique Latil et Teleportation Inc. ne fait pas exception…

Dans le monde futuriste qu’il esquisse, la téléportation n’est plus un vieux rêve mais une réalité. Pour réguler son usage, des agents de la Compagnie de Téléportation Galactique sillonnent la galaxie pour traquer fuyards et voyageurs égarés. Nous allons suivre l’enquête mouvementée de l’agent Lubia Thorel qui, s’associant à un agent d’audit de la compagnie peu habitué au terrain, va mettre à jour l’un des secrets les mieux gardés de la galaxie…

Subtil mélange d’humour et d’action ce diptyque enthousiasmant (qui en appelle d’autres !) est mis en image par nouveau venu dans le neuvième art… Son sens du mouvement et du découpage et son trait souple et expressif donnent furieusement l’impression de de visionner un film sur grand écran… M’est avis qu’on entendra parler de Romain Sordet dans un avenir proche…


- C’était quoi cette horreur ?
- Un plan crétin mais. Mais efficace.dialogue page 28

Chronique by Le Korrigan