★★★★☆ Lost in la Marne
Va-t'en guerre !, planche de l'album © Jungle / Mousse / Ducoudray / RalentiPour assurer la renommée de l’association des « Marraines de Soldats » dont elle occupe la présidence, la baronne de Pomfrougnac a décidé d’organiser un grand concours dont le gagnant serait un poilu désigné par son beau-frère, le général Pichard. Ce dernier a sans doute autre chose à faire que de s’occuper des marottes de sa belle-sœur mais la baronne possédant une photo pour le moins compromettante, il n’a guère d’autre choix que de les assister et de laisser Madame Zaza, une voyante extralucide exhumer un nom des archives de l’armée… Le gagnant sera le soldat Carapat…

Et voilà donc notre voyante, accompagnée de la jeune et timide Louise, du secrétaire du général qui a perdu une occasion de se taire, et de Sharpnel, un véritable colosse au corps couvert de cicatrices, qui prennent la route du front pour retrouver l’heureux gagnant de ce concours truqué…
Le chemin sera comme il se doit semé d’embûches et d’indicibles dangers…


Va-t'en guerre !, planche de l'album © Jungle / Mousse / Ducoudray / RalentiRejoignant Satchmo dans la toute jeune mais très prometteuse collection RamDam, Va-t’en-guerre ! nous propose un récit irrévérencieux et satyrique qui nous entraîne dans un improbable road-movie au cœur de la Grande Guerre.

un récit mordant et surréaliste pendant la Grande Guerre
Aurélien Ducoudray donne vie à formidable galerie de personnages tous plus barrés et excessifs les uns que les autres. Entre cette baronne hautaine voulant damner le pion aux autres association venant en aide aux poilus et les renvoyer à leur tricot, un général qui fait plus que fraterniser avec l’ennemi, une jeune fille timide et réservée qui nous réserver bien des surprises, une force de la nature bien plus sensible qu’il n’y parait, un secrétaire assez peu enthousiaste à l’idée de monter au front, une voyante gentiment timbrée , sans oublier une foule de figurants jubilatoires et truculents pas piqués des hannetons , chaque séquence est un joyeux festival de scénettes burlesques et déjantées riches en rencontres incongrues, en quiproquos truculents et en savoureux faux-semblant. Va-t'en guerre !, planche de l'album © Jungle / Mousse / Ducoudray / RalentiIl règne sur l’ensemble une douce folie qui s’inscrit dans l’esprit des films de Terry Gilliam tant pour la tendresse que les auteurs portent à chacun de leurs personnages, tour à tour sublimes et pathétiques, que pour les situations burlesques, iconoclastes comiques ou dramatiques frôlant parfois le surréalisme. Ajoutons à cela des dialogues particulièrement savoureux et indéniablement percutants qui impulsent un rythme de comédie-dramatico-burlesque à l’ensemble et vous obtenez un récit orignal et décalé follement entraînant.

Au dessin, Marion Mousse fait une nouvelle fois montre de son talent de metteur en scène. Le trait acéré du dessinateur du formidable GoSt 111 donne vie aux improbables personnages créés par le scénariste dont les trognes taillées à la serpe s’avère délicieusement expressive alors que leurs postures et leur gestuelles, très théâtrales, caractérisent avec finesse chacun d’entre eux. Les subtiles couleurs d’Albertine Ralenti soulignent avec force et justesse l’aspect comique ou dramatique de chaque scène, contribuant à poser cette atmosphère étrangement décalée qui baigne cet improbable récit.

Va-t'en guerre !, planche de l'album © Jungle / Mousse / Ducoudray / RalentiAvec cet improbable road-movie satyrique, Aurélien Ducoudray et Marion Mousse signent un album jubilatoire et décalé.

Grâce à des dialogues irrésistibles et un dessin formidablement dynamique et expressif, Va t’en guerre ! nous entraîne au cœur de la Grande Guerre à la suite d’une troupe hétéroclite composée d’une voyante azimutée, d’une jeune fille effacée, d’un colosse bardé de cicatrices et d’un secrétaire découvrant le front lancés à la recherche d’un poilu jusqu’alors inconnu, lauréat d’un concours truqué destiné à assurer la renommée d’une association de marraine de guerre…

Oscillant entre comédie burlesque et tragédie humaine, un vent de douce folie évoquant les œuvres de Terry Gilliam souffle sur cet album truculent et irrévérencieux riche en quiproquos et en rencontres incongrues… C’est peu dire que nous avons été conquis par cet histoire originale menée tambour battant !


- Quel barouf, celui-là !
- C’est vrai qu’il fait un peu peur à dormir les yeux grands ouverts.
- Vous ne dormez pas mon petit ? C’et le bruit ?
- Oh non, vous savez, j’ai l’habitude du bruit… A l’usine, les machine tournent 24 heures sur 24. Ça ne nous empêche pas de nous endormir sur el travail…
- Vous avez peur alors ?
- Qui n’aurait pas peur ? Vu où nous allons…dialogue entre Zaza et Mademoiselle Louise
Chronique by Le Korrigan