★★★★☆ Quelques mots d’amour
La fiancée - d’après la vie d’Odette Nilès, l’amoureuse de Guy Môquet, planche de l'album © Soleil / Vaccaro / AbolivierDrancy, 1940. Âgée d’à peine 15 ans, Odette entrée en résistance. Distribuant des tracts et participant à plusieurs manifestations, elle est arrêtée, sans doute sur dénonciation, en novembre 1941. Condamnée à mort, sa peine est commuée en emprisonnement.

Après plusieurs centres de détention, elle échoua au camp de Choisel, à Châteaubriant où existait une réelle solidarité et une fraternité entre les détenus. Entre la jeune fille et un adolescent de dix-sept ans jouant de l’harmonica naquit une belle et touchante histoire d’amour. Attirés l’un par l’autre mais ne voulant céder, elle lui promit néanmoins un baiser.

Le jeune homme s’appelait Guy Môquet. Le destin ne permit pas à Odette de tenir sa promesse…


L’autre lettre de Guy Môquet
Le tragique destin de Guy Môquet et la lettre bouleversante qu’il a adressé à ses parents avant son exécution fait partie à part entière de l’Histoire de France. Fusillé avec ses compagnons en représailles de l’assassinat de Karl Hotz, commandant des troupes d'occupation en Loire-Inférieure. La fiancée - d’après la vie d’Odette Nilès, l’amoureuse de Guy Môquet, planche de l'album © Soleil / Vaccaro / AbolivierCet évènement marquant de la seconde guerre mondiale connut de retentissants échos par-delà nos frontières puisque Winston Churchill et Franklin Roosevelt réagirent dans un trac mémorable où ils condamnaient fermement l’idée qu’un homme puisse être exécuté pour les actions d’un autre, évènement d’autant plus notable que les Etats-Unis n’étaient alors pas encore entrés en guerre…

Mais il est une autre lettre, moins connue mais tout aussi bouleversante que le jeune homme adressa à Odette dont il était tombé amoureux alors que tous deux étaient emprisonnés à Choisel… Une lettre d’amour pleine d’émotions qui montre aussi le formidable courage de ce gamin de dix-sept ans qui savait sa mort proche. Pour écrire son roman graphique l’écrivaine et journaliste Gwenaëlle Abolivier a rencontré Odette, âgée de 98 ans, chez elle, et recueilli son histoire. Car si le destin tragique de Guy Môquet est en lui-même bouleversant, il l’est plus encore lorsqu’il est raconté par la bouche de celle qui l’a aimé et qui l’a aimé en retour.

La fiancée - d’après la vie d’Odette Nilès, l’amoureuse de Guy Môquet, planche de l'album © Soleil / Vaccaro / AbolivierSolidement documenté, l’histoire nous montre comment de jeunes gens ont su se lever contre la barbarie pour défendre le bien commun et leur patrie, rappelant aux générations qui les ont suivi que rien n’est jamais acquis et qu’il faut parfois oser prendre les armes pour défendre des valeurs aussi belle que la liberté, l’égalité et la fraternité…

un témoignage précieux et bouleversant
Les aquarelles d’Eddy Vaccaro apportent la délicatesse et la sensibilité qui était nécessaires pour mettre en image cette histoire bouleversante, retranscrivant avec pudeur et justesse les émotions d’Odette lors des différents évènements qui jalonnèrent sa jeune vie, de son engagement dans la résistance à son emprisonnement en passant à ces petites victoires arrachées à ses geôliers qui sont autant de soleil et d’honneur retrouvé. Le travail graphique du dessinateur esquisse un portrait tout en nuance d’une jeune femme idéaliste et insouciante qui va être confrontée à la noirceur du monde…

La fiancée - d’après la vie d’Odette Nilès, l’amoureuse de Guy Môquet, planche de l'album © Soleil / Vaccaro / AbolivierLa fiancée - d’après la vie d’Odette Nilès, l’amoureuse de Guy Môquet fait revivre les heures sombres de l’occupation à travers le destin d’une jeune fille idéaliste et insouciante qui devint résistante aux premières heures de l’occupation.

Arrêtée et condamnée à mort avant de voir sa peine commuée en emprisonnement, elle rencontra lors de sa détention dans le camp de camp de Choisel un jeune homme dont elle tomba amoureux. C’était Guy Môquet qui allait être, avec 26 autres otages, exécuté en représailles de l’assassinat de Karl Hotz, commandant des troupes d'occupation en Loire-Inférieure.

Après avoir recueilli le témoignage d’Odette presque centenaire, l’écrivaine et journaliste Gwenaëlle Abolivier a eut la bonne idée d’en faire la narratrice de sa propre histoire, rendant son récit plus poignant encore. Car si on connaît la courte vie et la tragique fin du jeune résistant communiste qui fait désormais partit intégrante de l’histoire de France, le rencontrer vivant et amoureux à travers les yeux de son tendre amie, vivre à leurs côtés ses derniers moments de joie volés à l’éternité s’avère tout juste bouleversant… D’autant que les aquarelles d’Eddy Vaccaro mettent joliment en scène cette histoire d’amour d’autant plus belle et touchante qu’on sait qu’elle sera éphémère…


C’est là que j’ai fait la connaissance de Guy. Il jouait de l’harmonica. C’était un moment formidable ! Puis Guy a commencé à jouer en sourdine « Bella Ciao ». Les garçons reprenaient l’air en sifflant, les filles nous chantions. Il fallait faire très attention… car c’était un champ révolutionnaire interdit dans le camp.Odette

Chronique by Le Korrigan