★★★☆☆ Récréatif et rafraîchissant
Habana 2150, planche du tome 2 © Vents D'Ouest / Héloret / CailleteauCuba, 2190. Le sixième clone de Fidèle Castro est toujours le Lidor Maximo Cuba. Se morfondant dans leur maison de retraite, Waldo et Rico ont décidé de monter un petit salon de thé paisible et discret… Bien sûr, quelques filles plantureuses semblent attendre au comptoir la venue de je ne sais quel prince charmant fortuné… Mais, allez savoir pourquoi, cela suffit pour attirer l’attention du Commissaire Ignacio Torquemado de la Brigade des Mœurs… Pour amadouer le zélé policier, nos deux compères lui offrent quelques verres de Pacificador, un rhum mythique dont la distillerie a été réduit en cendre en 1943… L’occasion Waldo et Rico de raconter comment ils se sont trouvés en possession de ce divin nectar de plus de cent ans d’âge…

Tout a commencé en 2150, lorsqu’ils ont décidé de quitter précipitamment Cuba et les hommes de Pépé Camacho pour foncer vers les côtes de Floride à bord d’un appareil déclaré volé… Après quelques accrochages avec un chasseur de la base de Miami, leur vaisseau s’abîme en mer. Ils sont alors recueillis à bord du El Buccanero, le navire de la tristement célèbre Carmen Morena, une pirate sans foi ni loi qui rançonne les navires entre Cuba et Saint Domingue… Ils n’ont d’autre choix que de participer à la vie à bord et de se rendre utile en utilisant leurs compétences pour se faire bien voir de la capitaine… quitte à faire un croc-en-jambe au pilote officiel de la flibustière pour prendre sa place…

C’est ainsi qu’ils vont plonger dans les profondeurs pour tenter de retrouver le trésor contenu dans les entrailles du U-Boat U-666, coulé en 1942 par un avion américain et dont la cargaison était destinée au Führer…


un récit d’aventure irrésistible et azimuté pleine d’esprit (frappeur)
Voilà quatre années déjà que nous étions sans nouvelles de Waldo et Rico, deux vieillards malicieux qui partage le souvenir de leur tumultueuse jeunesse. S’ils ont pris leur retraite à Cuba pour monter leur maison close, pardon, leur salon de thé, cette seconde aventure s’en éloigne de quelques encâblures… Cette nouvelle aventure nous précipite à nouveau dans l’année 2150 où l’on retrouve nos deux baratineurs de première reconvertis en pirate chasseur d’épave…

Habana 2150, planche du tome 2 © Vents D'Ouest / Héloret / CailleteauDans cet univers délicieusement rétro-futuriste, on se laisse une nouvelle fois entraîner par ce récit déjanté enchâssé dans le premier, un récit d’aventure mêlant allégrement piraterie, seconde guerre mondiale, trésors spiritueux, fantôme d’officier SS, entourloupes en tous genre et mensonges éhontés… Le scénario est drôle et enlevé, rythmé par des scènes particulièrement savoureuses que Thierry Cailleteau, scénariste originel d’Aquablue ou plus récemment de Julie Doohan semble avoir pris un malin plaisir à écrire. La série s’inscrit à bien des égards dans la droite ligne de la potache et déjantée Folle Histoire de Max et Léon de Jonathan Barré et David Marsais…

Son complice, Héloret, à qui l’on doit notamment les dessins du Robin des Bois de Pierre Boisserie semble lui aussi s’être amusé comme un petit fou en mettant en scène ces deux héros attachants et roublards. Sa mise en scène dynamique et son trait tirant vers la carricature s’avère indéniablement efficace et contribue à rendre la lecture de l’album particulièrement plaisante.

Habana 2150, planche du tome 2 © Vents D'Ouest / Héloret / CailleteauIl aura donc fallu attendre quatre années avant que de pouvoir lire les souvenirs de la folle jeunesse de Waldo et Rico, vieillards roublards et hâbleurs reconvertis en tenancier d’un bordel chic à Cuba… Pardon, d’un salon de thé…

Se situant au large de Cuba dans les années 50 (2150 !), cette nouvelle aventure les verra endosser la panoplie du pirate chasseur d’épave sous le commandement de la terrible mais sensuelle Carmen Morena, capitaine du bien nommé El Buccanero qui mène son équipage d’une poigne de fer sans s’encombrer de gant de velours… Les entrailles du U-Boat de la seconde guerre mondiale contiennent bien des mystères, des secrets et des trésors, réservant à nos joyeux drilles bien des surprises !

Second opus de Habana 2150, U-666 s’avère être un pur divertissement, tout aussi drôle et déjanté que l’était le premier et force est de reconnaître que l’enthousiasme et le plaisir que Thierry Cailleteau et Héloret semblent avoir pris à écrire et dessiner cette histoire qui ne se prend jamais au sérieux s’avère pour le moins communicatif !


- Sieg heil Obersurmführer !
- Figue aïl !
- C’est un malentudu, Obersurmführer ! Ne nous faites pas de mal. Nous sommes de bons nazis ! Après votre mort tragique, l’Allemagne a gagné la Seconde Guerre Mondiale. Toute la planète est devenue national-Socialiste ! Nous sommes des citoyens de la République National-Socialiste de Cuba. La devise de notre pays est « Ein Volk, ein Reich, ein Lider Maximo !
- Figue aïl !dialogue entre Waldo, Rico et le spectre d’un Obersurmführer
Chronique by El Loco