★★★★☆ Le poids de l’héritage
Elias Ferguson, planche du tome 1 © Vents d'Ouest / Lender / Second / RalentiAvril 1937. Etudiant au Merton College d’Oxford, le jeune Elias Ferguson apprend le suicide de son père. Brillant scientifique, ce dernier travaillait en secret à un projet de train sous-marin à même de relier l’Europe et les USA et dont l’alliage novateur utilisé pour la construction attire bien des convoitises dans une Europe en marche vers la guerre…

Soutenu par Andrew, le majordome de la famille, et par Francis, un ami de son père désireux de défendre ses intérêts, Elias il prend les rênes de l’entreprise familiale et fait ses premiers pas dans le monde des affaires…

Alors que des agents allemands cherchent à l’éliminer et que les américains semblent prêts tout pour acquérir les secrets de ce précieux alliage qui pourrait décider le l’issue de la guerre qui s’annonce, Elias Ferguson va devoir, malgré la désinvolture de sa jeunesse, apprendre les codes du milieu pour préserver l’héritage de son père et, accessoirement, sa vie…


un récit d’aventure uchronique
L’ombre de Jules Verne plane sur cette série d’aventure épique mettant en scène un jeune adolescent qui va se retrouver bien malgré lui au cœur d’une intrigue mêlant action et espionnage dans une version uchronique des années 30…

Elias Ferguson, planche du tome 1 © Vents d'Ouest / Lender / Second / RalentiFéru d’histoire, Simon Second a signé quelques romans jeunesses avant de se lancer dans la bande-dessinée avec ce récit d’aventure uchronique rythmé et entraînant. Comme dans les films de James Bond, l’album s’ouvre sur un prologue qui plonge d’emblée au cœur de l’action, avec un homme qui tente comme il peut d’échapper à ses poursuivants sur l’Île d’Islay, en Ecosse, et qui va finir par s’écraser au pied d’une falaise… Planche suivante, on découvre un ado impertinent qu’on devine intelligent et dont le sens de la répartie s’avère particulièrement aiguisé… C’est Elias, le fils du prologue qui se pensait rejeté par son père alors même que ce dernier ne cherchait qu’à le protéger de la rapacité des hommes… Le scénario de l’auteur italien s’avère dynamique à souhait, alternant scène d’action débridée et séquence plus intimistes avec un dosage tout juste parfait.

Impossible de ne pas être impressionné par le talent de Shell Lender qui signe lui aussi son tout premier album. Le trait plein d’élégance du dessinateur italien est rehaussé par les couleurs délicates d’Albertine Ralenti qui illuminent littéralement les planches de l’album. Les compositions de ces dernières s’avèrent redoutablement efficaces, soutenant avec force l’action alors que ses créations graphiques qui mettent en place l’univers délicieusement uchronique imaginé par Simon Second s’avèrent particulièrement inventives… Si, présentant les principaux personnages de l’histoire, la couverture s’avère on ne peut plus réussie, bénéficiant d’une maquette élégante le quatrième de couv s’avère tout aussi séduisant…
Elias Ferguson, planche du tome 1 © Vents d'Ouest / Lender / Second / Ralenti
1937-l’Héritier amorce un récit d’aventure uchronique haut en couleur qui s’inscrit dans la mouvance de Jules Verne teinté d’une bonne dose de Ian Fleming…
Signé par un nouveau venu dans la bande dessinée et par un dessinateur qui l’est tout autant, la série s’avère dynamique et entraînante. Parfaitement calibré, le scénario de Simon Second pose les jalons d’un récit épique riche en péripéties d’autant plus virevoltantes que notre jeune héros, avec toute la fougue de sa folle jeunesse, s’avère aussi horripilant qu’attachant… Quant au trait souple et élégant de Shell Lender, il anime avec force les différents protagonistes du récit alors que son approche très cinématographique du cadrage et de la composition pose le cadre de cet univers délicieusement uchronique…

Un premier album particulièrement convaincant donc, dont on attend la suite avec impatience…


- Qu’est-ce que tout cela veut dire ?
- Ça veut dire que l’enfance, c’est terminé. A partir de maintenant, tu joues ta vie.dialogue entre Elias et Francis

Chronique by Le Korrigan