★★★★★ Once Upon a Time in Milan
Gauloises, planche de l'album © Futuropolis / Serio / IgortQuelqu’un a tué Pupa le ventriloque, protégé du parrain local… Son assassin doit payer… On raconte qu’il serait le tueur aux gauloises, un napolitain résidant à Milan qui fait son boulot sans aucun d’états d’âmes…

Un boxeur raté né en Sardaigne, coureur de jupon au visage cabossé, exécuteur des basses œuvres de la mafia, va être chargé de la basse besogne…

Bien qu’ils l’ignorent encore, l’un et l’autre ont rendez-vous… et l’un d’eux, sans doute, ne s’en relèvera pas…


J’avoue avoir été fasciné par Rhapsodie en bleu, le précédent album de Andrea Serio, un récit tragique et mélancolique librement inspiré du roman de Silvia Cuttin. Aussi, ce présent album, scénarisé par Igort à qui l’on doit notamment Fat Waller et les Cahiers Ukrainiens, ne pouvait que m‘attirer, irrésistiblement…Gauloises, planche de l'album © Futuropolis / Serio / Igort

chronique d’une rencontre annoncée
On retrouve dès la couverture la sensibilité poétique d’un artiste hors norme… Réalisées au crayon, les planches du dessinateur italien frôlent le sublime et sont une invitation à la contemplation et à la rêverie, contrastant étrangement avec le propos sombre et implacable de l’histoire. Composées avec soin, chacune de ses cases est un petit tableau qui donne à voir autant qu’à ressentir alors que son découpage impulse un rythme tout à la fois lancinant et fascinant à l’album… Difficile de ne pas se laisser entraîner et envoûter par la beauté des compositions d’Andrea Serio, par ses couleurs sensibles et délicates qui posent avec maestria cette atmosphère unique qui baigne Milan et ce récit au scénario évanescent…

Bien que s’inscrivant dans une veine classique, l’intrigue minimaliste d’Igort est d’une redoutable efficacité : présentation des protagonistes et de leurs parcours, élément déclencheur qui va provoquer leur rencontre et confrontation finale… Pas de dialogues, juste des récitatifs ciselés où un narrateur omniscient nous raconte chacun des personnage de façon délicieusement distanciée… Gauloises, planche de l'album © Futuropolis / Serio / IgortAvec l’aide de l’artiste, le scénariste compose en effet les portraits saisissant de deux tueurs, jouant avec art de l’ellipse et usant avec finesse des non-dits pour tisser son récit où apparaissent, tandis que les deux tueurs avancent inexorablement l’un vers l’autre pour une ultime confrontation, les différentes pièces d’un puzzle narratif qui vont s’assembler de façon implacable et envoûtante alors que l’album s’achève sur un climax savamment orchestré…

Après le sublime Rhapsodie en bleu, Andrea Serio est de retour avec un polar fascinant signé Igort…

Sublime et poétique, ce récit ciselé et évanescent raconte l’itinéraire de deux tueurs de la mafia qui marche inexorablement vers le lieu de leur confrontation… Les planches de l’album sont une invitation à la contemplation alors que les couleurs fascinantes contrastent avec la noirceur du propos et avec l’âme froide et sombre des deux principaux protagonistes…

Gauloises est un polar atypique, tout à la fois sublime, envoûtant et fascinant qui ne laissera personne indifférent.


il avait commencé tout gosse. D’abord deux ou trois livraisons, et puis, un peu plus tard, son premier mort. Presque par hasard.le narrateur

Chronique by Le Korrigan