Après s’être couvert de gloire aux côtés de son roi, Lord Macbeth s’en revient auprès de son épouse. Il lui apprend que, sur le chemin du retour, il avait fait une bien étrange rencontre : trois inquiétantes sorcières lui ont prédit qu’il deviendrait roi alors que Banquo, son frère d’arme, engendrerait une lignée de rois…
Le soir même, le roi Duncan est accueilli au château de Macbeth pour honorer l’artisan de la victoire de sa présence, provoquant l’ire de son héritier qui trouve que Macbeth n’a rien fait d’autres que son devoir de vassal envers son suzerain… Dans les coulisses de la fête, l’ambitieuse Lady Macbeth explique à son époux qu’il ne pouvait aller à l’encontre de la prophétie des sœurs du destin. Et puisque Duncan dormirait en leurs murs, il fallait en profiter pour l’occire et s’emparer de la couronne… D’abord réticent, Macbeth se range aux sombres dessins de son épouse et, bien qu’en proie au doute, il accomplit nuitamment son funeste forfait…
Apprenant la mort sanglante de leur père, ses deux fils s’enfuient du château, craignant d’être accusé du meurtre suite à l’altercation entre Malcom et Ducan lors du banquet célébrant la victoire, se désignant par là-même comme les instigateur du meurtre…
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Après avoir adapté avec le brio que l’on sait de Poe,
l’Enfer de Dante, le de Cervantès et le de Leroux, Paul et Gaétan Brizzi s’emparent de l’un des chefs d’œuvre de William Shakespeare pour en signer une somptueuse et puissante adaptation…
Guerrier intrépide et courageux, Macbeth a tout du héros chevaleresque combattant pour des idéaux et servant loyalement son monarque. Sans doute aurait-il continué de vivre cette vie honorable si sa route n’avait pas croisé celles des trois sorcières, sorte d’incarnation des Parques de la mythologie romaine. Ont-elles le don de prophétie ou sont-elles de viles et maléfiques tentatrices désireuses de pousser l’honorable Macbeth à commettre régicide et fratricide pour servir des ambitions dont il n’avait jusqu’alors aucune conscience… Mais n’est-ce pas l’ambition démesurée de son épouse qui le pousse à commettre l’irréparable, à se déshonorer en renonçant à tout ce à quoi il avait cru jusque-là ? Alors que Lord Macbeth semble encore tiraillé entre ses ambitions et son devoir, elle se fait tentatrice, faisant miroiter la couronne à son époux, et le seconde dans cette tâche dont il semble incapable en maquillant le meurtre pour faire accuser les gardes, ce que son mari n’a pas eu le courage de faire devant l’horreur de son acte… Parmi les ombres dansantes que sont les hommes qui subissent leur destiné, Lady Macbeth semble être la seule à savoir ce qu’elle veut et à se donner les moyens d’y parvenir…
Le fantastique occupe une place d’importance dans cette tragédie, des Trois Sœurs du Destins aux cauchemars hallucinés qui hantent les meurtriers, emportant Lady Macbeth dans la folie et donnant au nouveau roi la certitude qu’il ne peut être vaincu… Le facétieux destin en décidera autrement et il sera châtié pour ses crimes impardonnables…
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Si le récit servi par ces formidables conteurs que sont les frères Brizzi s’avère particulièrement captivant, c’est une fois encore leurs somptueux dessins qui envoûtent et transportent le lecteur dans cette tragédie sanglante à l’issue funeste. Evoquant le travail des graveurs du XIXe siècle, tel Gustave Doré qui illustra par ailleurs cette pièce de Shakespeare, leur approche graphique s’avère fascinante. Leurs planches sont sublimes et mettent en valeur les protagonistes de l’histoire de façon particulièrement bluffante, retranscrivant avec force les doutes et les tourments des Macbeth, les faisant évoluer dans des décors magnifiques. Leur trait nous entraîne dans une écosse fantasmée teintée de fantastique. L’atmosphère qui règne dans l’antre des sorcières est délicieusement oppressante, les paysages écossais remarquablement retranscrits et les songes hallucinés des époux régicides sinistres et glaçants. Difficile une fois encore de ne pas être saisi en découvrant leur traitement de la lumière qui projette des ombres dansantes et inquiétantes sur les murs du sinistre château de Lord Macbeth. L’usage parcimonieux de la couleur accentue avec force la puissance de la tragédie, le rouge sang portant la marque de l’infamie du crime se détachant des planches en noir et blanc. On imagine sans mal un orchestre symphonique souligner les hallucinations des Macbeth ou les étranges apparitions sorties du chaudron des sorcières pour accentuer leur dramaturgie.
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Après avoir adapté avec la virtuosité qui est la leur Don Quichotte de Cervantès, l’Enfer de Dante, le Fantôme de l’Opéra de Leroux ou La Chute de la maison Usher de Poe, Paul et Gaétan Brizzi s’emparent d’une des plus remarquable tragédie du Barde d'Avon pour la trnasposer en bande-dessinée.
Artisan de la victoire écrasante du Roi Ducan, Lord Macbeth revient en son château couvert de gloire. Retrouvant son épouse aimante, il lui parle de cette étrange rencontre qu’il a faite sur le chemin du retour : trois inquiétantes sorcières qui lui ont prédit qu’il deviendrait roi. Rongé par l’ambition, Lady Macbeth pousse son époux à assassiner le roi pour que les dits des sorcières se réalise. D’abord réticent, tiraillé entre son ambition et son sens du devoir et de l’honneur, Lord Macbeth suit les recommandations de son épouse et assassine son suzerain pour ceindre sa couronne alors que les héritiers de Duncan prennent la fuite, se désignant aux yeux de tous comme parricide.
Formidables conteurs, les frères Brizzi font une nouvelle fois montre de leurs talents de metteur en scène, hérité de leur passé d’animateurs. Adoptant un style fascinant évoquant les graveurs du XIXe siècle, leurs crayons virtuoses mettent en scène des personnages tourmentés animés par leurs passions et une ambition dévorante. Leur travail sur les ombres et la lumière sublime leurs compositions alors que l’usage parcimonieux de la couleur rouge rend les visions fantasmatiques de Macbeth plus saisissante encore… Cette adaptation du Macbeth de Shakespeare s’avère au final aussi somptueuse que fascinante.
- Il faut agir maintenant. L’occasion nous est donnée et elle vient du ciel. La laisser passer ferait de nous ferait de nous de véritables ingrats à la fortune qui nous tend les bras.
- Que veux-tu dire ?
- Ducan est ici, à quelques pas de toi. Il est dans nos murs et jamais une telle occasion ne se répétera. La prophétie Macbeth, la prophétie. Je n’en ai pas dormi de la nuit. Tu dois tuer Ducan.
- Tu es folle !
- Tu es ambitieux, je le sais, et ta voie est tracée. Les sœurs du destin te mettent au défi. Saisi cette chance. Tu seras roi.dialogue entre Lady Macbeth et son époux