Comme tous les soirs, au coucher du soleil, le père de Jean-Thomas l’enferme dans un cabanon pour le protéger, lui et sa famille, de sa terrible malédiction… Docile et résigné, le garçon s’y installe dans la pénombre et attends que la transformation s’opère… Car Jean-Thomas est un loup-garou.
Mais un jour où l’adolescent s’est attardé pour raconter des histoires à une bande de gamins qu’il a pris en amitié, le père n’a pas le temps de fermer la porte et Jean-Thomas en profite pour s’enfuir dans la nuit, sous les yeux médusés des gamins qui l’avaient suivi… Sous sa forme de loup, il sème la panique dans les rues de Québec, bientôt recherché par les gendarmes de la ville…
Heureusement, sa mère le retrouve avant eux et le ramène chez eux. Pour la première fois depuis bien longtemps, Jean-Thomas se réveille dans son lit… Peu après, il découvre que la boucherie du village a été ravagée et que son amie Maggie qui y travaillait a mystérieusement disparu. Se pourrait-il qu’il soit responsable de ces tragiques événements ? C’est alors qu’il apprend l’arrivée en ville de Langelier, redoutable chasseur de loups-garous.

Van Lalonde, auteur québécoise, signe avec cette
Nuit aux Loups un premier album pour le moins prometteur qui nous entraîne dans un Québec du début du XIXe siècle teinté de fantastique…
Le personnage de Jean-Thomas s’avère d’emblée particulièrement attachant. Victime d’une malédiction dont on apprendra les origines au fil de l’histoire, le jeune garçon est bon comme du pain blanc. Généreux et bienveillant, il prend plaisir à conter des histoires à une bande d’adorables gamins et culpabilise d’être possiblement à l’origine des dégâts de la boucherie de Maggie et coupable de sa mystérieuse disparition… Les relations houleuses entre ses parents rendent la situation de l’adolescent plus compliquée encore car il se sent responsable de la mésentente entre son père et sa mère et de leurs continuelles disputent… Désirant protéger son fils et sa famille, son père se montre très dur avec lui et refuse d’écouter son épouse qui aimerait qu’il cesse d’enfermer Jean-Thomas dont elle sait qu’il ne ferait pas de mal à une mouche…

Les gamins de la bande gravitant autour du jeune garçon sont tous plus pétillant de vie les uns que les autres et sont une bouffée d’air frais pour Jean-Thomas alors que l’arrivée dans la ville du chasseur de loup-garou ajoute à l’atmosphère, faisant peser une sourde menace sur le récit et l’avenir du jeune homme. Solidement charpenté et riche en retournements de situation savoureux, le scénario est tout à la fois rythmé et entraînant. Les tournures de phrases et les expressions typiquement québécoise ajoutent au charme de cette série qui démarre sous les meilleurs augures…
L’autre point fort de l’album est incontestablement son dessin. Le trait de Van Lalonde s’avère tout à la fois follement élégant et délicieusement expressif. La dessinatrice donne vie aux personnages de façon particulièrement convaincante et les anime avec art, soignant leurs expressions et leurs attitudes. Retranscrivant avec force leurs émotions et leurs ressentis, l’autrice parvient à les rendre tous, à leur façon, tout particulièrement attachants. Quant à ses décors, il sont magnifiques tout simplement et nous immergent dans le Québec du XIXe siècle recouvert par la neige, entre superstitions et modernité… Le découpage, les cadrages percutants et la mise en couleur soignée lorgnent du côté des meilleurs films d’animation, soutenant remarquablement bien l’action virevoltante de ce premier opus…

Avec ce premier album, Van Lalonde fait montre de ses saisissant talent de conteuse et de metteuse en scène avec un récit fantastique aussi captivant qu’entraînant…
Jean-Thomas n’est pas un garçon comme les autres. Chaque soir, avant le coucher du soleil, son père l’enferme pour le protéger dans un cabanon dont il ne pourra sortir qu’au matin… Car l’adolescent est victime d’une terrible malédiction : la nuit venue, il se transforme en loup et n’a au réveil que peu de souvenirs de ses actes. Après avoir échappé à la vigilance de son père et erré toute la nuit durant dans les ruelles enneigées de Québec sous la forme d’un loup, Jean-Thomas découvre avec horreur que la boucherie de son amie Maggie a été ravagée et que cette dernière a disparue corps et âme… Se pourrait-il qu’il soit la cause de ce drame ?
Porté par un trait plein d’élégance et débordant de vie et d’énergie, des couleurs somptueuses et un savoir-faire hérité de dix années passées dans le film d’animation, le scénario inventif de l’autrice est porté par des personnages plein de charmes. Bienveillant et généreux, Jean-Thomas s’avère d’emblée très attachant, comme chacun des personnages de l’histoire, de la bande de gamins qui gravitent autour de lui en passant par ses parents et Maggie… Il n’y a guère que l’inquiétant chasseur de loup dépêché pour traquer le garou qui nous semble pour le moins antipathique… Mais la jeune scénariste nous ménage des rebondissements savoureux et des retournements de situation vertigineux… Il nous tarde de lire la suite de ce récit jeunesse intelligent qui s’achève sur un cliffhanger délicieusement frustrant…
- On avait des tonnes de livraisons ! J’te cherche partout depuis tantôt pis j’te trouve en train de perdre ton temps icitte ! Là, t’as fini de marcher sur la Lune ? T’as fini avec tes maudites histoires de légendes ! A cause de toé, il est trop tard pour retourner à la maison !
- Quoi ?
- Chhh ! Pas si fort ! T’as pas vu le soleil en train de se coucher ? On se rend directement aux cabanes en charrette, sinon on aura pas le temps !
- Hein ? Mais la charrette, tu vas en faire quoi ?
- Je reviendrai la porter à la maison après t’avoir enfermé. C’est tout… C’était à toé d’y penser.
- Quoi ?! Ça veut dire que tu vas me laisser tout le seul dans le bois le temps de revenir ?
- … Plus de questions.dialogue entre Jean-Thomas et son père