Le Capitaine Volostan est inquisiteur, traquant l’hérésie partout où elle se trouve… Affecté par une malédiction qui le tue à petit feu, il est secondé dans sa lourde tâche par Henge une jeune femme recueillie dès son plus jeune âge par l’église et qui possède des dons similaires à ceux des sorcières qu’ils traquent sas répits. Cette dernière est hantée par une vision obsédante et récurrente, celle d’un puissant guerrier accompagné d’un astre couleur de sang…
Ce guerrier solitaire arpente les terres ravagées et hantées par des forces obscures qui gangrènent le monde… S’il incarne la lumière, qui est celui dont on devient l’oppressante présence et qui se cachent au sein même des ténèbres ? Qui est le dévoreur de monde qui s’est extirpé de sa prison magique pour corrompre les âmes des vivants.
Superbement édité dans un format avec son dos toilé et sa couverture rehaussée d’or, on peine à croire que
Deathbringer soit le premier album d’Ismaël Legrand. Il faut dire que s’il est venu sur les tard au neuvième art, il a fait ses premières armes dans l’animation, le jeu vidéo et l’illustration pour le jeu de société.

Et c’est peu dire que l’artiste né aux Québec en 1985 impressionne. Ses planches en noir et blanc où semblent s’affronter la lumière et les ténèbres sont confondantes de maîtrise et confèrent à l’ensemble une dimension éminemment cinématographique. Son récit sombre, tourmenté, limite malsain, se déroule dans un univers d’inspiration médiévale où s’affrontent deux factions que tout semble opposer : l’inquisition qui prétend défendre les hommes contre le mal incarné par des sorcières servant un maître impie, une entité plusieurs fois séculaire qui œuvre à son retour sur Terre… Si ses décors, impressionnants, sont inquiétants à souhait et contribuent à distiller cette atmosphère oppressante qui nimbe chaque case, dépeignant un monde agonisant saisissant, son travail sur les matières est lui aussi de haute tenue, ancrant son récit dans un monde sensible et cohérent. Ses sorcières sont terrifiantes, malsaines et terrifiantes et si Volostan s’avère être un personnage captivant, avec ses zones d’ombres, celui Henge qui peine à trouver sa place dans ce monde, écartelé entre les ténèbres et la lumière, l’est plus encore et confère toute sa force à l’histoire alambiquée écrite par Ismaël Legrand.
Car l’histoire est clairement âpre, exigeante, sombre et tourmentée… Si sorcières et Inquisition s’opposent, magie noire, mensonges, dissimulation, corruption, prophéties, torture et nécromancie sont de la partie et tout semble pouvoir arriver tant des twists savamment orchestrés viennent faire basculer les certitudes et bouleverser les rapports de force… S’amorçant sur le destin individuel du Capitaine Volostan, le récit prend au fil des événements une tout autre dimension : ce n’est plus le destin de l’un ou l’autre des protagonistes dont il est désormais question mais celui du monde même…

Avec Deathbringer, Ismaël Legrand fait une entrée fracassante dans le neuvième après avoir travaillé dans l’animation, le jeu vidéo ou l’illustration de jeux de société…
Dans un monde médiéval agonisant, secondé par Henge, une sorcière recueillie par l’Eglise dès son plus jeune âge, le Capitaine Volostan traque l’hérésie de par le monde et tente de trouver un remède à la malédiction qui le ronge et finira par le tuer… Cherchant sa place dans ce vaste monde, écartelée entre son présent et ses origines, Henge est hantée par les visions d’un guerrier solitaire arpentant les terres gastes, combattant les abominations qu’il rencontre… Mais l’inquisiteur et son assistante ignorent encore qu’une entité monstrueuse cherche à regagner la Terre dont il a été banni il y a des éons.
Somptueusement édité, avec dos toilé et couverture rehaussé d’or, le travail de l’artiste impressionne par sa maîtrise du noir et blanc. Ses compositions où semblent s’affronter la lumière et les ténèbres s’avèrent fascinantes et distillent cette atmosphère oppressante et malsaine qui fait la force de ce récit médiéval et mystique où deux factions se livrent une lutte à mort à l’issue longtemps incertaine. Le soin apporté aux décors comme aux personnages, plus complexes et contrastés qu’il n’y paraissait au prime abord, font de ce récit exigeant un titre incontournable pour tout amateur de dark-fantasy. Ismaël Legrand est indubitablement un auteur dont on entendra parler dans un avenir proche…
- n quoi suis-je différente des sorcières que nous traquons ?Henge