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l'Elu
l'Elu



Fiche descriptive

Roman Graphique

Fulvio Risuleo

Antonio Pronostico

Antonio Pronostico

Steinkis

Aux Confins

16 mars 2026


22€

9782368469316

Chronique

L'ÉLU raconte l’ascension et la chute de Petrullo, un poète raté en crise d'inspiration, recruté par une entreprise mystérieuse.

Dans un bureau kafkaïen où il ne fait que recopier des phrases absurdes, haï de ses collègue, méprisé par sa supérieure, il devient soudain l’employé favori du patron, un écrivain-charismatique vénéré par tous. Alors tous se mettent à l'apprécier...

Mais derrière l’apparence ubuesque de cette entreprise se cache une machination géniale.
un excellent album!


Ceci n’est pas kafkaïen
l'Elu, planche de l'album © Steinkis / Pronostico / RisueloUn jeune poète participe à un modeste salon littéraire où les écrivains sont presque plus nombreux que les chalands… Deux hommes en costume cravate s’arrêtent à sa table et se montrent admiratifs de son travail. Mais ce qui semble les intéresser c’est le fait que ses poèmes soient écrits à la main…

Ils lui proposent de travailler pour leur entreprise dans un grand bureau où il règne une ambiance des plus étranges… Son travail consiste à recopier des adresses sur des enveloppes pleines et closes puis des bribes de phrases aussi absurdes que son salaire est élevé… Les autres employés lui semblent bizarrement hostiles… Jusqu’à ce qu’il devienne l’Elu ! Ce statut d’employé favori du patron, un écrivain charismatique vénéré par tous qui passent ses journées enfermé dans son bureau, le place au cœur de l’attention de ces collègues..

Mais le poète ignore que derrières les apparences de cette entreprise ubuesque se cache une machination diabolique et glaçante…


le monde surréaliste et impitoyable de l’entreprise
L’Elu est un album singulier et déstabilisant, tant dans le fond que dans la forme… Il sort des sentiers battus pour nous proposer un récit aux apparences kafkaïennes porté par une narration surprenante.

Les planches de l’albums sont suivies du brouillon manuscrit annoté, raturé et parfois même illustrés de croquis qui reprennent les propos de la planche… Au départ à la lettre… avant que de subtiles différences puissent apparaître çà et là, ajoutant à l’étrange et diffus sentiment d’entrer dans un univers parallèle qui s’éloigne à chaque page un peu plus de notre réalité… Cette étrange redondance renforce l’aspect totalement absurde et délicieusement oppressant de l’histoire et le dessin, froid et inexpressif, presque clinique, renforce le malaise qui va grandissant au fil de l’album… A moins que l’on ne suive le processus créatif de l’histoire qui se construit sous nos yeux dans toutes son irréalité… Les auteurs abandonnent avec un plaisir le lecteur à ses doutes, laissant son imagination donner un sens à ce récit apparemment décousu qui dresse un portrait étrange de cette entreprise dont on ne sait rien en particulier et du monde du travail en général… Dans cet univers absurde, le héros ne perçoit pas les enjeux de son travail abrutissant et en apparence futile et cela ne le dérange pas le moins du monde. Il se contente de faire ce qu’on attend de lui, docilement, pour toucher son salaire, même si pour lui tout n’a ni queue ni tête… Et il accepte tout aussi docilement son rôle d’Elu qui lui confère un statut envié et le place au centre d’un jeu dont il ignore les règles…

Puis un « petit » grain de sable va venir gripper la mécanique entrepreneuriale, faisant basculer la vie du poète et donnant un sens assez savoureux à l’histoire qui perd sa dimension surréaliste pour se réancrer dans la réalité par un twist aussi savoureux qu’inattendu… L’Elu est au final moins surréaliste et absurde qu’il n’y parait… Tout en restant étrangement déstabilisant…

l'Elu, planche de l'album © Steinkis / Pronostico / RisueloAvec l’Elu, Fulvio Risuleo et Antonio Pronostico nous entraîne dans un univers kafkaïen absurde et délicieusement déstabilisant…

Repéré dans un modeste salon littéraire, un poète va être embauché dans une entreprise pour recopier à la main des fragments de phrases vide de sens. Méprisé par les autres employés, il s’applique néanmoins à sa tâche qui lui assure un revenu confortable. Sa vie change du tout au tout lorsque le patron, vénéré par ses employés et qui passe ses journées enfermé dans son bureau, fait de lui l’Elu… Le regard de ses collègues change alors radicalement…

Voilà un roman graphique aussi déstabilisant dans son fond que dans sa forme… Chaque planche de l’album est suivie de sa version manuscrite, raturée, corrigée, gribouillée, comme si on entrait dans la fièvre créatrice d’un scénariste dérangé… Cette redondance narrative renforce l’aspect profondément kafkaïen de l’intrigue et le sentiment d’oppression qui va aller grandissant, décrivant un monde du travail totalement barré… Mais un twist scénaristique inattendu va donner sa cohérence à cette histoire en apparence décousue sans disperser entièrement ce sentiment de malaise renforcé par un dessin volontairement froid et clinique, presque dénué d’émotion… L’Elu offre au lecteur une expérience profondément déstabilisante mais pas désagréable pour autant… un véritable OLNI (Objet Livresque Non Identifié) inclassable et baroque qui nous replonge dans l’absurde à la toute dernière case…


Maintenant je suis censé recopier des phrases. Il m’est interdit de reformuler. D’absurdes monceaux de phrases absurdes collectés par la cheffe de serice.le futur Elu

Le Korrigan




Inspiration jeux de rôle

Cette fiche n' est référencée comme inspi pour aucun jeux de rôle.