Fiche descriptive
20€
Chronique | ![]() ![]() |





Rédemption
![]() ![]() ![]() ![]() Délaissant sa famille Stéphane Vernot s’est entièrement consacré à son travail pour assurer son avenir et celui des siens. Son couple a explosé en plein vol et Max, son fils, a claqué la porte pour ne plus revenir…Un soir comme les autres, il allait recevoir un appel en provenance de Bolivie qui allait à jamais bouleverser sa vie : un homme lui apprend que son fils est décédé alors qu’il était incarcéré dans la prison de San Pedro… Refusant de se morfondre dans sa solitude et de se laisser dévorer par la culpabilité et honte de ne pas avoir tenté de renouer les liens avec son enfant, il vend son petit appartement à perte et décide de partir en Bolivie pour élucider les mystères entourant la mort de son fils… Après avoir pris contact avec le journaliste qui lui a annoncé sa mort, il fait un braquage avec un pistolet factice pour se faire incarcérer dans cette étrange prison autogérée pour pouvoir enquêter au cœur même de l’enfer… l’humanité au cœur des ténèbres Le talentueux Jean-Blaise Djian associe sa plume à celle de sa fille, Pauline, et retrouve pour l’occasion Sébastien Corbet qui a mis en images sa Chenue et ses envoûtantes enquêtes de Fanch Karadec… Des Quatre de Baker Street au Grand Mort [url=http://sdimag.fr/index.php?rub=0&art=Affiche_Fiche&aff_param=2&ID=5282#3749]Hector le boucher - Adieu veau, vache et cochon ![url=], s’il est une chose qui caractérise l’œuvre de Jean-Blaise Djian, c’est l’humanité qu’il parvient à insuffler à ses personnages qui confère à ses histoires cette force et cet impact… Il en va de même avec ce nouvel album et ce personnage de père à la dérive et en quête de rédemption… Ce personnage sur lequel repose le récit s’avère touchant tant le scénariste parvient, en peu de planches, à nous faire ressentir sa détresse et sa solitude mais aussi et surtout cette culpabilité qui le ronge et qui va le pousser à tout faire pour se faire enfermer dans cette étrange prison où son fils a trouvé la mort… Avec cette question lancinante : pourquoi son fils a-t-il tenu à l’avertir alors qu’il avait coupé les ponts avec lui ? Mais Vernot n’est pas le seul personnage marquant de l’histoire, de son ex-compagne à Romaro Gomez, le journaliste bolivien, en passant par le jeune Miguel, la généreuse Juanita, véritable rayon de soleil dans les ténèbres de San Pedro ou le sinistre Raul Fernandez, délégué élu qui espère bien garder la prison sous sa coupe en faisant régner la terreur… A travers cette histoire poignante, il nous dépeint avec force détail un univers carcéral hors norme : prison auto-gérée dirigé par des délégués élus et où règne en maître la loi du plus sanglant, campagne électorales, bars et restaurants dans son enceinte, criminalité galopante, visite touristiques, drogues qui circulent au grand jour, détenus qui peuvent recevoir famille et enfants… San Pedro ressemble plus à un coupe-gorge quartier particulièrement malfamés qu’à un pénitencier dont il ne garde le nom que parce que les forces de l’autres empêchent les prisonniers d’en sortir… La description de ce lieu hallucinant qui sert de cadre au récit s’avère tout à la fois glaçante et fascinante…Sébastien Corbet nous livre une fois encore un album parfaitement maîtrisé. La couverture tout d’abord est de celle qui attire l’œil, avec ce condamné qui se présente menotté à l’entrée de la prison et semble renoncer de lui-même à sa liberté pour pénétrer volontairement en ces lieux inquiétants où semble déjà croupir le lecteur… Son trait élégant et son encrage épais lui permettent de composer des planches s’avère particulièrement efficace, les silences, les non-dits et les regards renforçant avec art la dramaturgie de l’histoire. La scène où le père, sonné, vient d’apprendre la mort de son fils et se souvient de son départ fracassant est tout juste bouleversant de justesse et d’émotions… Et c’est loin d’être la seule de l’album ! L’artiste parvient à esquisser et suggérer les liens subtils et complexes qui se nouent entre Stéphane Vernot et les autres protagonistes de l’histoire, de Miguel à Juanita en passant par l’inquiétant Raul Fernandez qui voit tout le profit qu’il pourrait tirer du profil atypique du français, mais aussi le danger qu’il peut potentiellement représnter… Réalisée à quatre mains avec Eric Le Pape et faisant la part belle à la lumière, les couleurs délicates de l’album renforcent l’immersion au cœur de San Pedro… Graphiquement et scénaristiquement, c’est indéniablement un grand album ! ![]() Avec au nom du fils, Jean-Blaise Djian, Pauline Djian et Sébastien Corbet signe un roman graphique poignant mettant en scène un père prêt à tout pour élucider la mort de son fils qui s’était laissé enfermé dans la sinistre prison autogérée de San Pedro pour y effectuer un reportage en immersion…Pour se faire, il va commettre un braquage avec un pistolet factice pour mener l’enquête au cœur même des ténèbres, là où se côtoient la lie de l’humanité…Il va peu à peu se rapprocher de l’homme qu’il sait être l’assassin de son fils… Mais peut-il en se vengeant risquer la vie d’innocents ? Sublimé par des couleurs envoûtantes, le dessin sensible de Sébastien Corbet met en scène de façon impeccable ce récit tout à la fois violent et plein d’humanité porté par un homme brisé en quête de rédemption… - Je suis venu dans un but précis et je vais avoir besoin de votre aide.
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Au nom du fils - Dans l'enfer de la prison de San Pedro, planche de l'album © Rue de Sèvres / Corbet / Djian / Djian / Le Pape
Au nom du fils - Dans l'enfer de la prison de San Pedro, planche de l'album © Rue de Sèvres / Corbet / Djian / Djian / Le Pape
Au nom du fils - Dans l'enfer de la prison de San Pedro, planche de l'album © Rue de Sèvres / Corbet / Djian / Djian / Le Pape