Haut de page.

La trilogie Marseilleise : Fanny
Marcel Pagnol en BD



Fiche descriptive

Roman Graphique

Marcel Pagnol en BD

Tome 2

Éric Stoffel, Serge Scotto

Amélie Causse (storyboard et décors de Winoc)

Amélie Causse

Bamboo

Grand Angle

27 mars 2024


19€90

9782818984291

Chroniques
La trilogie Marseilleise: Marius
« L’envie de loin »
La trilogie Marseilleise : Fanny
mélancholia
La trilogie Marseilleise : César
Révélations…

"Il faut dire que... à cause de certain petit voyou de navigateur, la petite a le coeur brisé... Elle a le coeur brisé, et elle en mourra !"

Marius a finalement cédé à ses désirs de voyages et d'évasion. Embarqué sur un navire pour découvrir le monde, il disparaît, abandonnant à quai Fanny, la marchande de coquillages du Vieux-Port de Marseille.

La jeune fille, désemparée, apprend alors qu'elle est enceinte. En proie au déshonneur, et poussée par sa mère et par César, le père de Marius, elle accepte la demande en mariage du vieux Panisse, de trente ans son aîné.

Mais quelque temps après les noces, Marius réapparaît, guéri de ses rêves de contrées lointaines et désormais prêt à courtiser la belle Fanny...
un excellent album!


mélancholia
Fanny, planche de l'album © Bamboo / Causse / Stoffel / Scotto / WinocMalgré l’amour qu’il portait à Fanny, Marius a répondu à l’appel du grand large et s’est embarqué sur un navire pour découvrir le monde, abandonnant la belle Fanny à sa tristesse et à sa mélancolie…

César souffre du départ impromptu de son fils et devient plus irascible encore que d’habitude, guettant le facteur dans l’espoir qu’il lui apporte une lettre de ce fils indigne tandis que la mère de Fanny et sa tante, sachant que la jeune femme a fauté avec Marius et sans espoir d’un retour prochain de son amoureux, espère bien la voir épouser Panisse, un veuf aisé et attentionné qui avait déjà demandé sa main…

Mais Fanny se sait enceinte et ne veut pas cacher son état à son futur époux. Ce dernier, trop heureux de pouvoir enfin avoir un fils accepte à condition qu’elle garde pour elle le secret que l’enfant est de Marius… Mais, peu après les noces et la naissance du « bébé de sept mois », Marius réapparait, apparemment guéri de ses rêves de contrées lointaines…


Fanny, planche de l'album © Bamboo / Causse / Stoffel / Scotto / Winoc
le second volet d’un chef d’œuvre de Pagnol
Mon père et ma mère m’ont initié à Pagnol que j’ai découvert sur le petit écran avant de me plonger dans ses romans. Et si j’ai adoré son Manon des Sources, son Schpountz, son Topaze ou sa Femme du Boulanger, sa Trilogie Marseillaise est sans doute l’une de ses œuvres qu’il m’a le plus marqué, tant pour son aspect délicieusement théâtral (le film fut adapté d’une pièce à succès), ses scènes d’anthologies (telle celle de la mythique partie de cartes) ou le fait que chacun des personnages s’avère si profondément humain, avec ses parts d’ombre et de lumière, qu’ils nous sont indéniablement attachants… où est-ce simplement à cause de cette histoire d’amour tourmenté où un homme choisit de poursuivre ses rêves plutôt que d’épouser la femme qu’il aime… et qui le regrettera amèrement…

Découpé en deux albums et dessiné par le talentueux Sébastien Morice, Marius était sorti il y a près de quatre années… C’est la talentueuse Amélie Causse (à qui on doit les dessins de l’adaptation du fascinant roman d’Olivia Ruiz, La commode aux tiroirs de couleurs) qui reprend les personnages pour signer un second volet en un seul tome alors que le projet originel était de consacrer deux albums à chaque volet de la trilogie… Le résultat n’en reste pas moins entraînant. La dessinatrice renoue avec l’aspect théâtral du récit originel avec des personnages toujours aussi truculents aux trognes délicieusement expressives qui déclament les fameuses tirades nées sous la plume de Pagnol et qui confère tout son charme à ses récits. Il suffit de lire les dialogues pour entendre leur accent chantant, sentir l’air iodé de la Grand Bleue, entendre les mouettes et les cigales et ce Vieux Port plein de vie et de secrets… Fanny, planche de l'album © Bamboo / Causse / Stoffel / Scotto / WinocS’appuyant sur un storyboard de Winoc qui signe aussi les décors, les planches de l’album s’avèrent lumineuses et colorées. S’il existe une filiation entre le trait d’Amélie Causse et celui de Sébastien Morice, son dessin n'en reste pas moins doté d’une forte personnalité et il nous tarde de découvrir ses prochains albums tant le travail de cette artiste s’avère sensible et envoûtant…

Comme de coutume, Éric Stoffel et Serge Scotto ont su s’emparer de la « matière pagnolesque » pour le transposer au neuvième art… On y retrouve la force des dialogues de Pagnol, ses personnages sur lesquels le romancier posait un regard plein de tendresse… La tristesse de Fanny nous brise le coeur, de même que celle de César, le père de Marius, bien trop fier pour reconnaître que l’absence de son fils lui cause bien du chagrin… Bon comme du bon pain, le vieux Panis s’avère tout aussi touchant, avec sa façon pragmatique d’envisager son mariage avec la jeune Fanny qui porte pourtant l’enfant d’un autre qu’elle n’a cessé d’aimer… A travers ce récit, Pangol nous parle d’une femme de son temps, cette époque où les « filles-mère » étaient pointées du doigt mais où il n’était pas rare qu’une enfant naisse « prématurément », peu après le mariage !

Fanny, planche de l'album © Bamboo / Causse / Stoffel / Scotto / WinocLe verbe de Pagnol, la tendresse qu’il porte à chacun de ses personnages et son sens de la comédie et de la dramaturgie ont marqué des générations de lecteurs, spectateurs et amateurs de cinéma…

Mais force est de reconnaître que cette collection dédiée à son œuvre s’avère être une excellente idée pour permettre aux plus jeunes de découvrir ces récits truculents, drôles et bouleversants, qui, malgré les années, ont su conserver leur charme et leur fraîcheur… Avec Fanny, Éric Stoffel et Serge Scotto poursuive la trilogie Marseillaise amorcé avec Sébastien Morice et poursuive par la talentueuse Amélie Causse à qui l’on doit notamment les dessins de l’adaptation du premier roman de l’inénarrable Olivia Ruiz.

On retrouve Fanny qui se morfond de l’absence de Marius, César, bien trop fier pour reconnaître qu’il souffre du départ de son fils, le vieux Pannis bon et généreux, et cette foule de personnages bigarrés qui portent les dialogues chantant et envoûtant dont Marcel Pagnol a le secret… S’appuyant sur les storyboard de Winoc, les planches lumineuses de l’album servent joliement cette remarquable transposition du second volet de la trilogie Marseillaise. Vivement la suite et fin de cette trilogie !


- César, tu attends quelqu’un ?
- Moi ? Pourquoi veux-tu que j’attende quelqu’un ?
- Je ne sais pas, moi… Depuis tout à l’heure, tu es là à t’agiter, à regarder la pendule…
- Moi ?
- Eh bien , il m’a semblé que tout à l’heure…
- Mônssieur Panisse Pourquoi m’espionnes-tu ? Par qui es-tu Pay-yé ? A quoi ça te sert ?
- Monsieur César, je ne t’espionne pas.
- Pourquoi viens-tu avec des yeux luisant de policier me demander si j’attends quelqu’un ?
- Oh, mais césar, dans le fond, que tu attendes quelqu’un ou que tu n’attendes personne J’ai l’honneur de t’informer que je m’en-fous-com-plè-te-ment !
- Je ne te demande rien d’autre.
- h bien tu es servi.dialogue entre Panisse et César
Le Korrigan




Inspiration jeux de rôle

Cette fiche n' est référencée comme inspi pour aucun jeux de rôle.