     Dans une autre vie, Clark faisait partie de la tristement célèbre bande de William Quantrill et servait sous les ordres de Winter… Mais, lors d’un massacre, il a refroidi un homme qui allait abattre un gamin, provoquant la colère des hors-la-loi. Si Clark a pu leur échapper, sa femme a été tuée et il traque depuis les membres de son ancienne bande pour la venger…
Mais, parfois, le chasseur devient proie et un ancien de son gang l’abat d’un coup de carabine et l’abandonne pour mort au bord d’une rivière. Il est recueilli par une jeune femme qui l’emmène dans un fortin perdu au milieu d’une vallée ou des veuves, des orphelines ou d’anciennes prostituées se sont organisées en communauté…. Remis de sa blessure, le destin va lui donner l’occasion de payer sa dette à ces femmes en défendant leur petit coin de paradis…
Après les excellents Sykes et Texas Jack, tous deux dessinés par Dimitri Armand, Pierre Dubois revient au western, chevauchant cette fois-ci en compagnie d’Alain Henriet et d’Usagi.
 Jouant avec malice avec les codes du western, Pierre Dubois signe un scénario original qui aborde de manière originale la condition des femmes, grandes oubliées des récits se déroulant durant la conquête de l’Ouest… Comme le souligne par ailleurs l’excellent Women of the West, collectif chapeauté par Tiburce Oger… Féministes avant l’heure, une poignée d’entre elles s’est regroupées pour survivre dans un monde d’hommes, assumant seule leur survie, cultivant, apprenant à se défendre seule et se serrant les coudes pour faire face à l’adversité… D’intéressantes figures féminines se dégagent d’entre elles, telle Joe qui gère la petite communauté ou la jeune Dorothy qui a sauvé Clarck d’une mort certaine et qui en tombe amoureuse, comme dans les contes de fées… Parmi l’imposante galerie de personnages, il en est un qui sort du lot : Scurly, un colporteur singulier aux allures de Père-Noël dont on devine qu’il a un pas mal roulé sa bosse et qui n’hésite pas à risquer sa couenne pour sauver les habitants du fortin et préserver leur mode de vie… S’il a un passé de tueur, Clarck est au final quant à lui un bon gars, embrigadé dans la troupe de Winter dans la foulée de la Guerre de Sécession… A l’instar d’un Jack Beauregard affrontant la Horde Sauvage qu’il cherchait à éviter, Clarck va servir sa vengeance en protégeant cette petite vallée oubliée et les femmes qui y vivent de la rapacité des hommes...
 Le dessin d’Alain Henriet s’avère saisissant. Délaissant la civilisation, le dessinateur nous offre des visuels d’une nature tout à la fois belle et sauvage… Son découpage offre de jolies respirations au récit, alternant scène d’action nerveuses et débridées et scènes plus contemplatives, impulsant par là même un rythme très particulier de narration… On imagine qu’il a dû adapter le récit de son complice et formidable conteur Pierre Dubois qui aime à écrire ses scénarios comme un roman, faisant confiance au talent du dessinateur pour s’en emparer et le mettre en scène… Les cadrages font la part belle à ce western atypique, à la fois romantique et romanesque… A noter qu’il existe deux version de cet album, l’une en noir et blanc permettant de mieux apprécier les talents de dessinateur et d’encreur de l’artiste, l’autre en couleur où Usagi soigne tout particulièrement les ambiances… Pour les amateurs du travail d’Alain Henriet, il sera bien difficile de choisir entre les deux ! Mais pourquoi choisir ? Prenez les deux  !
 Après les excellent Sykes et Texas Jack, Pierre Dubois revient au western en chevauchant cette fois aux côtés du talentueux Alain Henriet qui vient de terminer la série Black Squaw scénarisée par Yann…
On ne quitte pas sans risque la bande de Quantrill… Clark l’a appris à ses dépens… Depuis, il traque sans pitié les meurtriers de sa femme… Mais ses anciens compagnons de route ont eu vent de ses projets de vengeance et le laisse pour mort, au bord d’un rivière… Recueilli par une jeune femme, il est emmené dans un fortin où des veuves, des orphelines ou d’anciennes prostitués vivent en communauté… Lorsqu’il apprend qu’un riche propriétaire menace leur petit coin de paradis, Clark décide de faire cause commune avec un colporteur qui semble avoir eu plusieurs vies pour défendre ce petit coin de paradis de la rapacité des hommes…
Revisitant un genre très codifié, le talentueux conteur qu’est Pierre Dubois signe un scénario iconoclaste qui donne le beau rôle aux femmes, souvent relégué au rang de petits choses fragiles ou de femmes fatales dans les westerns… Mais si bon nombre d’entre elles s’avèrent hautes en couleur, le personnage de Scurly, le fameux colporteur, est de ceux dont on se souviendra tant il s’avère intrigant et attachant… Les découpage ample et généreux d’Alain Henriet nous donne à voir de somptueux visuels d’une nature sauvage et indomptable alors que ses séquences de fusillades sont menées tambour battant avec un dynamisme saisissant… Cette Vallée oubliée existe en version noir et blanc et en version couleur… Si l’une permet d’apprécier les talents de dessinateur et d’encreur de l’artiste, la seconde nous offre des ambiances bien senties grâce au joli travail de colorisation d’une Usagi très inspirée. Un album très sympathique à la pagination généreuse qui a toute sa place dans la prestigieuse collection Signé…
- T’es là pour me descendre ?
- T’es mort ?
- Non.
- Alors c’est que je ne suis pas là pour ça.dialogue entre Clark et Scurly
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