Fiche descriptive
24€
Chronique | ![]() ![]() |





Reservoir Dogs vampirique
![]() ![]() ![]() ![]() Lorsqu’Alexandre est appelé pour une urgence à l’hôpital, son fils le comprend parfaitement, malgré sa promesse d’aller chasser les hérissons avec lui… Ce que sa famille ignore c’est qu’il n’est plus employé à l’hôpital… Après avoir été radié de l’ordre, il continue à travailler comme médecin… mais pour la pègre…Suivant un protocole strict, il doit soigner les blessures par balles d’un malfrat sous l’œil menaçant de son grand-frère… Mais un homme armé s’invite dans l’entrepôt qui sert actuellement au docteur pour ses opérations illégales… Malgré les délires de l’intrus, qui prétend être un chasseur de vampire mordu par l’une de ses proies et en passe de se transformer, Alexandre n’a d’autre choix que de l’examiner, l’homme étant particulièrement nerveux et menaçant… Passé les premiers examens, le Docteur doit se rendre à l’évidence : l’homme a subi de singulières et inexplicables mutations… Mais de là à prêter foi à ses dires, il y a un gouffre qu’Alexandre se garde de franchir… Mais le docteur n’est pas encore au bout de ses surprises : la situation déjà très tendue va encore… s’envenimer... ![]() un huis-clos horrifique fascinant, somptueux et parfaitement maîtrisé Avec le Serment, Mathieu Gabella, Mathieu Mariolle et Mickaël Bourgouin signent un récit haletant, fascinant et délicieusement oppressant…Attirant d’emblée l’œil du chaland, la couverture est un petit chef d’œuvre de composition et de réalisation… Un œil distrait verra dans le caducée une représentation de la baguette d’Asclépios, attribut du dieu grec de la médecine… Mais le bâton autour duquel est censé s’enrouler une couleuvre est une seringue tandis que le reptile s’avère autrement plus dangereux et menaçant… Les hommes se trouvant de part et d’autre du caducée ne sont pas des disciples d’Asclépios mais des hommes en tenue anti-bactériologique… Pour couronner le tout et intriguer davantage encore le lecteur potentiel, la scène est couronnée par les crocs acérés d’un vampire… Cerise sur le gâteau : l’album est somptueusement édité, avec un dos toilé du plus bel effet et une couverture mate qui donne la furieuse impression de lire un tirage spécial. Assisté de Mathieu Mariolle, le scénario de Mathieu Gabella est construit comme celui d’une excellente mini-série TV. Découpé en quatre chapitre rythmés et entraînants s’achevant chacun sur un cliffhanger haletant qui induit un page turner frénétique et complété par un court épilogue, le récit s’avère bougrement efficace avec une montée en puissance savamment orchestrée, le tout ponctué de révélations fracassantes qui prennent le lecteur à contre-pied et l’entraîne là où n’imaginait même pas être conduit… Le scénariste revisite le mythe du vampire avec une certaine audace mais surtout avec un indéniable brio… Les dialogues sont d’autant plus percutants qu’ils sont servis par une galerie de personnages fascinants qui rendent le récit plus accrocheur encore… Se déroulant pour l’essentiel en huis-clos, malgré quelques flashs-back par ailleurs très bien sentis, l’ambiance n’est pas sans rappeler celle de Reservoir Dogs, saisissant chef d’œuvre de Quentin Tarantino…L’épilogue laisse une porte entrouverte pour un nouveau récit, ce qu’on ne peut qu’espérer au vu du plaisir que nous avons pris à dévorer cet album ! Une chose est sûre : les amateurs du Monde des Ténèbres du génialissime Mark Rein•Hagen, par ailleurs fondateur de White Wolf Publishing, seront aux anges… des ténèbres… Si ce thriller de fantasy-urbaine s’avère remarquablement bien construit, force est de reconnaître que Mickaël Bourgouin y fait montre l’étendue de son talent… Après les remarquables Blue Note, Giant, Bootblack et Harlem qui nous immergeait de façon saisissante dans l’Amérique de la Grande Dépression, l’auteur nous entraîne dans un récit d’urban-fantasy somptueux, genre dans lequel on ne l’attendait peut-être pas… mais dans lequel il excelle ! D’inspiration très cinématographique, grâce à un découpage de haute tenue et des cadrages ébouriffants qui dynamisent le récit, ses compositions sont tout juste somptueuse, posant avec art cette ambiance oppressante et presque suffocante qui se devait de baigner le récit. Ses couleurs froides et blafardes et son formidable traitement de la lumière renforcent quant à elle l’atmosphère de ce huis clos nerveux et riche en rebondissements vertigineux qui malmènent les personnages comme le lecteur… Les scènes d’actions sont chorégraphiées avec le plus grand soin, y immergeant presque viscéralement le lecteur… On entend presque le fracas des balles, le crissement des pneus et le bruit sourd des corps qui tombent sur le sol… Le travail de l’artiste sur l’attitude de chacun des personnages renforce l’impact de cette histoire délicieusement déstabilisante… ![]() Retrouvant Mathieu Mariolle avec qui il avait signé l’excellent Blue Note et rejoint par Mathieu Gabella, Mickaël Bourgouin signe les somptueux dessin d’un récit d’urban-fantasy, genre dans lequel on ne l’attendait peut-être pas… Mais dans pour lequel il excelle !Pour conserver son train de vie après avoir été radié de l’ordre des médecins, Alexandre est devenu à l’insu de sa famille le médecin de la Pègre… Ce soir-là, comme bien souvent, il doit soigner un braqueur sous la menace de son frère dans un entrepôt désaffecté reconverti en clinique de fortune. Mais un intrus va déjouer ses nombreux systèmes de sécurité et s’y introduire… Prétendant être un chasseur de vampire affecté par sa proie, il va, sous la menace d’une arme, exiger du docteur qu’il l’opère pour l’empêcher de se transformer en créature de la nuit… S’il le prend tout d’abord pour un illuminé, les premiers examens laisse entrevoir de mystérieuses mutations… Calibré comme une excellente série TV en quatre épisodes qui sont autant de chapitres, le Serment est un petit chef d’œuvre du neuvième art, un concentré d’efficacité et d’inventivité… Les scénaristes signent un récit d’urban-fantasy rythmé et follement entraînant qui revisite avec audace et modernité la figure du vampire… Plein de chausse-trappe et de faux semblants, leur huis-clos s’avère solidement charpenté, porté par des dialogues pêchus et ciselés et un sens du rythme tout juste bluffant… Le travail graphique de Mickaël Bourgouin est quant à lui ébouriffant, avec des cardages et un découpage somptueusement cinématographique qui fait la part belle à l’action, un remarquable travail sur la lumière et la couleur et une capacité à donner vie à une poigné de personnages particulièrement inquiétant… Difficile d’en dire plus sans en dire trop… Mais le fait est que ce Serment est l’une des délicieuses et dérangeantes surprises de ce début d’année… Un petit bijou sombre et inquiétant qui, dans son genre, fera date… L’épilogue laisse une porte entrouverte pour une suite possible… On ne peut que l’espérer tant nous avons été enthousiasmés et fasciné par ce Serment ! - Putain de maniaque.
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![]() | Vampire est un jeu de rôle dédié au Monde des Ténèbres, univers bâti par Whitewolf s’appuyant sur les romans d’Anne Rice et sa célèbre trilogie des Vampires et sur la littérature gothique. |
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Entretien avec Mathieu Gabella [Entretiens BD]
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le Serment, planche de l'alum © Glénat / Bourgouin / Gabella / Mariolle
le Serment, planche de l'alum © Glénat / Bourgouin / Gabella / Mariolle
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