    Iris et Herbert n’ont pas eu le temps de faire leur deuil après les tragiques événements de leurs dernières aventure… Après avoir démis le tyran, Herbert se doit d’assumer ses nouvelles fonctions de suzerain de Vaucanson … Mais c’est peu dire que cela ne l’enchante pas particulièrement ! Aussi parvient-il à convaincre les familles du Conseil que, bien qu’il ait dépassé la limite d’âge, son père le Duc est le plus à même de diriger la cité…
Si le Duc est fier de son fils, il songe sérieusement à lui trouver une épouse digne de ce nom, la mort de leur petit-fils étant, selon lui, l’occasion pour son fils de se séparer d’Isis… Idée que partage d’ailleurs la duchesse… Voilà qu’ils lui présentent des prétendantes… Si quelque peu naïf, Herbert ne se doute de rien, Isis voit bien qu’on tente de la mettre à l’écart… Mais, lorsqu’elle échappe de peu à un empoisonnement, Herbert, soupçonnant ses parents de ne pas y être étrangers, décide de quitter le duché sans plus attendre… Mais la soif de pouvoir fait tourner bien des têtes et un sombre complot se fomente à l’ombre du pouvoir tandis que les membres du conseil sont loin d’être d’une fidélité à toute épreuve…
Plus que jamais au Zenith, Donjon repars de plus belle sous la houlette de Joann Sfar et Lewis Trondheim pour un récit riche en trahison, complots machiavéliques et situations joyeusement improbables…
 Aux temps de la grande aventure succède la monotonie du quotidien et son lot d’indicibles complots… Hubert n’est clairement pas fait pour le pouvoir même si sa première décision semblait dictée par le bon sens… Mais comment pouvait-il deviner que ses parents aller tenter de faire exploser son couple en plein vol alors qu’Isis et lui traversaient des moments bien difficiles ? On n‘est jamais trahi que par les siens ma pauvre dame ! Les deux scénaristes ont tissé une belle natte scénaristique où plusieurs intrigues se mêlent et s’entremêlent avec des scénettes irrésistibles telles celles ou Herbert, Isis, Marvin et Pizuine devisent des étranges traditions draconistes, celle(s) ou Mavin s’occupe, à sa façon, d’Elyacin, le fils adoptif d’Isis et Herbert, celles ou Herbert, présidant un conseil de moins en moins docile, s’exerce au difficile exercice du pouvoir, jusqu’au petit détour chargé de nostalgie au Donjon… Les dialogues sont comme de coutume irrésistibles et délicieusement décalés, rendant la lecture de ce nouvel opus particulièrement jubilatoire… Et, comme toujours, les auteurs parviennent à nous prendre en traître en ménageant de vrais moments d’émotions…
Le dessin de Boulet s’avère toujours bougrement efficace, qu’il s’agisse de ses œuvres plus personnelles comme de ses albums de Donjon où son trait souple et formidablement expressif renforce avec art le comique de situation savamment distillé les Sfar et Trondheim dans leur scénario…
 Pour ce onzième opus de Donjon Zenith, Joann Sfar et Lewis Trondheim retrouvent Boulet pour un nouvel opus qui s’inscrit dans la droite ligne d’un Game of Thrones revisité par les Monty Python sous gaz hilarant…
Après avoir chassé l’usurpateur, Herbert et ses compagnons parviennent à replacer son père à la tête du duché de Vaucanson… Mais la cité pacifiée, voilà que le Duc et la Duchesse se mettent en tête de profiter (lâchement) de la mort du fils d’Isis et d’Hubert pour trouver à leur fils une épouse digne d’eux… Naïf, Herbert ne se rend tout d’abord compte de rien… mais lorsqu’Isis échappe de peu à un empoisonnement, Herbert se fâche et quitte la demeure familiale avec fracas… Mais le trône du Duc est plus fragile que jamais et de sombres complots s’ourdissent dans l’ombre…
Les albums de Donjons se suivent à un rythme soutenu et le plaisir est toujours intact… On retrouve la folie créatrice des deux scénaristes à travers ce récit où l’aventure est un peu reléguée au second plan pour laisser place à de sombres machinations et autres magouilles dans les coulisses du trône du duché de Canard-Ville… Dialoguistes hors pairs, scénaristes à l’inventivité débridé, Lewis Trondheim et Joann Sfar signent un scénario truffé de bons mots et de scènes et de dialogues irrésistibles qui raviront les amateurs de cette série au long cours. Fidèle à lui-même, le dessin de Boulet s’avère encore et toujours formidablement expressif, donnant vie à cette hallucinante galerie de personnage plus ou moins monstrueux mais toujours joyeusement barrés…
- Tout va bien ? Il a été sage ?
- Oui, madame ; cette nuit il n’a tué personne.dialogue entre isis t un (pauvre) serviteur
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