 Pressé par les autorités, Milton Barret, le shérif d’El Passo, attend le renfort d’une compagnie de Texas Rangers pour organiser une chasse à l’homme et traquer la bande de Jésus Blanco, révolutionnaire et bandit charismatique qui a fomenté une révolte à la mine et enlevé Nancy, l’institutrice de la ville…
Mais, lorsque le train arrive en gare, seul Angel Luis Sinisterra en descend avec pour tout bagage un étui contenant deux fusils à lunette de précision… Ça ne pèsera pas bien lourd face à Blanco et ses trente desperados… Confiant, Sinisterra affirme qu’il n’a besoin de personne pour mater une simple émeute. Les deux hommes vont commencer les investigations par la mine de Carrizo Mountains où les contremaîtres maltraitent péones et gamins qui y triment comme des esclaves…
Tous deux ignorent encore que loin d’avoir été enlevée, Nancy est la maîtresse de Jésus Blanco et que tous deux rêvent de révolution…
 Le prolifique et talentueux Christophe Bec est aux commandes de ce western spaghetti porté par des personnages aussi charismatiques qu’intrigants.
La structure narrative de son scénario met en place avec intelligence les différents protagonistes de l’histoire, de cette institutrice désireuse de quitter son mari violent pour vivre avec un hors la loi recherché, despérado amoureux qui rêve révolution mais se laissera aller à ses sombres penchants… Sans oublier ce Texas Ranger énigmatique suivi comme une ombre par un homme vêtu de noir dont on ignore encore tout des motivations… Par petite touches, le scénariste compose un saisissant portrait d’Angel Luis Sinisterra, homme instruit qui ne supporte pas qu’on puisse maltraiter des enfants, car il le fut jadis, alors qu’il n’était qu’un gamin… Ce que certains vont comprendre à leurs dépens… Mais le Shérif n’est pas franc du collier et semble lui aussi cacher un lourd secret.  Le tandem qu’il forme avec le ranger qui donne son nom à la série annoncée comme une trilogie s’avère bougrement intéressant, les dialogues percutants de Christophe Bec contribuant à dépeindre leur étrange relation… De son côté, l’aspirant révolutionnaire au grand cœur reste avant tout un bandit et un salopard, sclérosé par ses préjugés…
Signée par Sébastien Grenier, la couverture claque indéniablement… Telle une affiche de film, elle pose les différents protagonistes de l’histoire : le shérif, le ranger, l’institutrice et une bande de bandits mexicains… Dans un style très différent de celui adopté pour la Bête Humaine ou son Clément V, le Sacrifice des Templiers, Germano Giorgiani signe des planches remarquablement composées. Son trait nerveux et incisif est joliment mis en valeur par les couleurs subtiles de la talentueuse Sandrine Cordurié qui posent avec art les ambiances de chaque scène, notamment celles se déroulant de nuit, rehaussées de délicats jeux de lumière… On appréciera tout particulièrement le dynamisme des cadrages qui confère à l’ensemble une dimension délicieusement cinématographique…
 Pour une étoile ou deux amorce une trilogie prometteuse qui devrait combler les amateurs de western spaghetti grâce à un scénario intrigant porté par des personnages aussi charismatiques qu’énigmatiques et ambivalents…
Sous la pression des notables de la ville, Barret, le shérif d’El Passo, a fait appel à une compagnie de Texas Rangers pour traquer Jésus Blanco, outlaw et révolutionnaire mexicain qui a poussé les ouvriers de la mine de Carrizo Mountains avant d’enlever Nancy, l’institutrice de la ville… Mais c’est un homme seul qui descend du train, un certain Angel Luis Sinisterra qui affirme n’avoir besoin de personne pour mater une simple émeute… Sinisterra et Barret vont faire équipe pour traquer Blanco, ignorant que Nancy est sa maîtresse alors qu’une singulière semble suivre le Texas Ranger à la trace…
Ce tome d’introduction pose avec finesse le contexte et les personnages de ce western haut en couleur porté par les dessins tout en contraste de Germano Giorgiani (la Bête Humaine, Clément V, le Sacrifice des Templiers) et les couleurs subtiles et généreuses de Sandrine Cordurié… Loin d’être manichéens, les héros de l’histoire sont des personnages complexes et tourmentés dont on devine les fêlures alors que le passé de Sinisterra nous est révélé par bribes… L’énigmatique homme en noir se glissant dans son sillage entretien un suspens soutenu, sans rien savoir du rôle qu’il aura à tenir cette histoire violente qui joue avec art avec les codes du genre… La couverture de Sébastien Grenier est quant à elle, comme de coutume, particulièrement somptueuse, accrochant le regard du chaland et son intérêt pour Sinisterra…
Vous, shérif, vous attirez l'attention comme un corbillard en plein jour.Angel Luis Sinisterra
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