 Alors que les dieux arpentaient le monde, une horde de cavaliers dirigés par le cruel Glandyth Glandyth-A-Krae, Comte des Denledhyssisn, y semait la terreur, ne laissant derrière eux que ruines et cendres…
Corum Jhaelen Irsei, le Prince à la Robe écarlate, est désormais le dernier survivant d’un race oubliée… Capturé et mutilé, il aurait dû mourir sous la main du cruel Glandyth, ancien esclave des Vadhagh affranchi par la mère de Corum, lorsqu’il fut sauvé par le comte Moidel dont la forteresse est bientôt attaquée par l’armée Mabden… Durant l’assaut, Corum est invoqué en rêve par Shool, un mystérieux sorcier qui va lui confier une périlleuse mission : voler le cœur d’Arioch, Chevalier des Epées, Maître des Cinq Plans, le plus puissant Seigneur du Chaos, responsable de la destruction de son peuple et maître de Glandyth… En échange, le sorcier remplace son œil amputé par celui de Rhynn et sa main par celle de Kwll, artefacts appartenant à deux anciens dieux défunts.
Le Prince Corum va alors se lancer dans une quête vengeresse pour retrouver son honneur et son intégrité perdue, ignorant qu’il n’était que le jouet des dieux…
 Corum Jhaelen Irsei n’est peut-être pas la plus célèbre incarnation du Champion Eternel, Elric de Melniboné et Dorian Hawkmoon occupant une place de choix parmi les amateurs de fantasy. Mais ceux qui ont lu ses chroniques n’en ont pas moins apprécié sa quête aventureuse et le place parfois parmi les meilleurs romans de Moorcock… Les amateurs de BD se souviennent de l’œuvre de jeunesse de Mike Mignola… C’est désormais à David Chauvel et Luca Merli de s’emparer de ce héros tourmenté dont le destin sera, comme celui de ses pairs, tragique…
Après Elric et Hawkmoon dont les univers fascinants ont tous deux fait l’objet d’une adaptation en jeu de rôle, c’est donc à Corum de rejoindre la sympathique collection consacrée nés sous la plume de Michael Moorcock. David Chauvel s’empare de la matière du roman avec virtuosité. Il en conserve l’ossature et les lignes de force, la violence et la poésie sombre et tourmentée, parvenant à rendre particulièrement fluide le récit malgré les nombreux noms de lieux, de peuples et de dieux qui l’émaillent, immergeant avec force le lecteur dans le lore de la saga… La présentation du monde est faite de façon concomitante au récit tout à la fois épique et tragique… Si ce premier opus colle à l’intrigue du roman, l’auteur prend quelques libertés avec certains éléments de l’histoire… Un élément notamment fera sans doute tiquer les puristes : Rhalina du mont Moidel dont va s’éprendre Corum n’est pas la belle Magravine dépeinte dans le roman mais un jeune homme séduisant qui semble répondre à l’apparence androgyne de Corum… Ce changement n’enlève rien à l’intensité et à la dramaturgie du récit, bien au contraire même peut-être, en lui apportant une touche de modernité audacieuse…

Difficile de ne pas être fasciné par la couverture de l’album tant elle s’avère somptueuse… Et quand je dis « la » couverture, je devrais dire « les » puisqu’à la version couleur classique s’ajoute celle de la version noir et blanc tout juste sublime… La mise en couleur de l’album ordinaire est sans conteste de haute tenue, avec un saisissant travail sur la lumière qui vient nimber chaque case et accentuer la dramaturgie et la dimension épique de l’histoire… Pourtant, les planches de la version noir et blanc s’avèrent plus belle encore ! Elles donnent la mesure du formidable talent de l’auteur italien tant la puissance de son trait sublime littéralement le récit. Il s’en dégage une énergie confondante, rehaussée par un encrage élégant et un formidable travail sur les textures et sur les ombres. Feuilleter la version noir & blanc suffit à vous donner furieusement envie de vous y plonger… Difficile de choisir entre les deux versions qui s’avèrent au final très complémentaires pour les amateurs de dessins… Si vous êtes amateurs de l’œuvre de Moorcock, n’hésitez pas : prenez les deux !
 Après Elric et Hawkmoon, c’est au tour de Corum d’avoir les honneurs d’être adapté en bande-dessinée par une prestigieuse équipe d’auteurs talentueux et chevronnés…
Dernier survivant des Vadhagh après que le château familial ait été réduit en cendres et ses habitants massacrés, Corum Jhaelen Irsei poursuit le cruel Comte Glandyth-A-Krae pour le punir de ses méfaits… S’il tue plusieurs de ses hommes, il finit par être défait par le Comte qui le torture avec délectation, lui crevant un œil et l’amputant d’une main… Il est recueilli par le comte Moidel dont la forteresse ne tarde pas à être prise d’assaut par l’armée Mabden… Invoqué en rêve par Shool qui lui fait don de l’œil de Rhynn et sa main par celle de Kwll, Corum accepte la mission que lui confie le mystérieux sorcier : voler le cœur d’Arioch, Chevalier des Epées, maître du Comte Glandyth…
Scénariste chevronné à qui l’on doit notamment Arthur, les 5 Terres, Robilar ou le Maistre Chat ou encore Wollodrin (pour ne citer qu’eux !), David Chauvel signe avec ce premier opus une délicieuse adaptation de la fascinante Trilogie des Epées que plusieurs connaisseurs estiment être l’une des meilleures sagas de Michael Moorcock, écrivain britannique qui a profondément marqué des générations de lecteurs et… de rôlistes ! Si le scénariste respecte la trame et l’esprit profondément épique et résolument tragique du récit, il prend, non sans audace, le parti de modifier certains éléments de l’histoire, modifications qui viennent moderniser le récit de façon pertinente… Même si on se doute que les lecteurs les moins neuroflexible crieront à l’hérésie moorcockienne… La couverture de l’album est tout juste somptueuse, tout comme ses planches savamment composées par un Luca Merli très inspiré s’appuyant sur la bible graphique du virtuose Ronan Toulhoat. Et si ses couleurs sont magnifiques, baignant chaque case d’une lumière fascinante, je ne peux que recommander aux amateurs d’acquérir sans tarder la version noir & blanc de l’album qui donne la juste mesure du formidable travail graphique du dessinateur italien… Ce Chevalier des Epées amorce une saga de haute tenue, David Chauvel et Luca Merli signant une formidable adaptation de la saga d’un des grands maîtres de l’heroic-fantasy…
Vous avez l’impression de rêver, et vous avez raison. Nous sommes dans ce qu’on pourrait appeler le rêve d’un dieu. Ou bien dans un rêve qu’il aurait laissé devenir réalité. Je parle bien sûr du Chevalier des Epées, Maître des Cinq Plans.dialogue entre
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