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Publié sous forme de feuilleton d’octobre 1881 à janvier 1882 dans le magazine écossais
Young Folks,
l’île au Trésor de Robert Louis Stevenson s’est imposé comme un roman d’aventure jeunesse incontournable…
Profondément ancré dans l’imaginaire collectif à travers ses multiples adaptations cinématographiques ou en bande-dessinée, le roman a imposé une iconographie du pirate archétypal. De nombreux auteurs de BD, et non des moindres ont adapté ce récit, de François Corteggiani et Michel Faure en passant par Hugo Pratt et Mino Milani, Sébastien Vastra et son récit anthropomorphique, sans oublier Mathieu Lauffray et Xavier Dorison qui ont imaginé une suite se déroulant une décennie après les faits relatés dans le roman, Pascal Bertho et Tim Mcburnie qui imaginent la vie de Jim après la découverte du trésor ou Riff Reb's qui en a fait un somptueux roman illustré… Parmi ces multiples et fascinantes adaptations, celle de David Chauvel et Fred Simon, sortie entre 2007 et 2009 et republiée depuis sous la forme d’intégrale s’avère être un récit d’aventure jeunesse on ne peut plus enthousiasmante.
Cette nouvelle édition, dite « prestige », porte ma foi bien son nom : une couverture somptueuse reprenant l’illustration du premier tome réhaussée d’un liseré d’or et d’une couverture toilée du plus bel effet.
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Le scénario rythmé et entraînant de David Chauvel s’avère être une remarquable adaptation du roman originel, donnant à chacun des personnages de l’histoire la place et l’ampleur qu’il occupe dans le livre de Stevenson. On retrouve ce souffle aventureux qui entraîne le lecteur dans l’histoire, avec ce jeune narrateur qui allait devenir le héros d’une chasse au trésor riche en surprises et en rebondissements et portée par des personnages fascinant, mauvais et inquiétant ou au contraire bons et généreux, avec comme figure de proue Long John Silver qui fut quartier-maître du Capitaine Flint à bord du Walrus… La façon dont le scénariste le met en scène retranscrit toute sa fascinante ambiguïté : d’abord sympathique, il semble tisser des liens d’amitiés avec le jeune Jim Hawkins, incarnant un temps la figure paternelle qui dut faire défaut au jeune orphelin avant que les masques ne tombent et qu’il laisse voir son véritable visage : celui d’un opportuniste prêt à tout et doté d’une âme sombre à qui il est impossible de faire pleinement confiance. Le scénariste conserve la veine littéraire du roman avec les récitatifs de Jim, narrateur de cette histoire de pirate et de chasse au trésor…
Rehaussé par les couleurs lumineuses de Jean-Luc Simon, le dessin généreux de Fred Simon colle parfaitement ce récit d’aventure jeunesse. Composées avec soin, ses planches mettent joliment en scène les personnages iconiques de l’histoire, du sinistre Chien Noir en passant par David Livesey, le chevalier Trelawney, le Capitaine Smollett, Pew ou Ben Gunn, tous évoluant dans ces décors exotiques qui servent d’écrin à l’aventure.
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Faisant partie des romans d’aventure emblématiques de la littérature jeunesse, L’Île au Trésor de Robert Louis Stevenson a été mainte fois adapté par de grands nom de la bande-dessinée… Mais force est de reconnaître que cette version de David Chauvel et Fred Simon compte parmi les plus fidèle tant à l’histoire qu’à ses personnages, à commencer par Long John Silver qui a imposé une vision moderne et désormais archétypale du pirate.
Sa transposition au neuvième art ne lui a pas fait perdre son souffle épique et aventureux et le scénariste a eu le bon goût d’en conserver la veine littéraire à travers les récitatifs de Jim Hawkins qui est toujours, comme il se doit, le narrateur de l’histoire en plus d’en être le jeune héros. Sa relation avec Silver, d’abord amicale et bienveillante avant de tourner au vinaigre lorsque les masques tombent, qui sous-tend l’histoire, est par ailleurs joliment retranscrite. Le trait généreux de Fred Simon s’avère idéal pour mettre en image le scénario, animant avec expressivité chacun des personnages iconiques du récit qu’il fait évoluer dans des décors délicieusement exotiques.
Gageons que cet édition intégral, proposé dans cette version somptueuse, avec ce dos toilé et cette magnifique illustration rehaussée d’or, sera pour les plus jeunes l’occasion de découvrir ce récit intemporel, voire de leur donner l’envie de se plonger dans le roman de Stevenson…
- Oh ! Arrêtez-le ! C’est Chien Noir !!
- Peu importe son nom ! Le fait est qu’il n’a pas payé sa consommation ! Harry, Ben rattrapez-moi ce gaillard !
- Qui disais-tu que c’était ? Chien quoi ?!
- Chien Noir ! Monsieur Trelawney ne vous a-t-il pas parlé des flibustiers ? Chien Noir est l’un d’eux.
- Chein Noir ? Non, ça ne me dit rien. Pourtant il me semble que je l’ai déjà vu. Il a dû venir ici avec un mendiant aveugle.
- A coup sûr, j’ai connu cet aveugle. Il s’appelait Pew.
- Mais oui ! Pew, c’était bien son nom ! Il avait l’air d’un vrai requin, celui-là !dialogue entre Jim Hawkins et Long John Silver