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Les adieux ne durent jamais
Les adieux ne durent jamais



Fiche descriptive

Roman Graphique

Jim

Laurent Bonneau

Laurent Bonneau

Bamboo

Grand Angle

1er juillet 2026


29€90

9791041117765

Chronique
Les adieux ne durent jamais
Mon père, cet inconnu

Pour réussir à faire son deuil, il faut parfois que les morts reviennent nous aider. Mattéo vient de perdre son père. Victor tombe amoureux trop vite. Lennon croit encore au pouvoir des chansons.

C'est l'histoire de trois amis partis en road trip, de nuits trop courtes, de fêtes de village et de concerts ratés...Et de cette maison, surtout, qu'ils vont devoir vider.La maison du père. Les silences. Et les mots laissés sur un miroir.
un chef d'oeuvre!


Mon père, cet inconnu
Les adieux ne durent jamais © Bamboo / Bonneau / JimMatéo, Victor et Lennon s’apprêtent à quitter Bordeaux pour aller assister à la soutenance de Lydie, la cousine de Mattéo que ses deux amis apprécient beaucoup…

Il y a trois mois, Mattéo perdait son père sans sembler affecté plus que cela. Il faut dire que ce dernier a mis les voiles quand il n’avait que cinq ans sans jamais vraiment chercher à le revoir… Bien qu’il semble aller bien, Victor et Lennon s’inquiète pour lui… Et lorsque Mattéo leur apprend que le but de leur voyage n’est pas de soutenir Lydie mais d’aller sur la côte basque pour vider la maison paternelle, et l’aider à fermer la porte comme on tire un trait sur son passé, ses potes n'n restent pas moins surpris…

Bien qu’il ne l’avoue pas, ça lui fait quand même quelque chose de pénétrer dans la maison de son père où il n’avait jamais mis les pieds… Et qui a accroché ce post-it sur le miroir de la salle de bain et où il est écrit « je ne suis pas mort »… Mattéo ne s’était pas rendu à ses obsèques et le corps de son père, disparu en mer, n’a jamais été retrouvé… Le jour suivant, un autre post-it fait son apparition… Se pourrait-il qu’il soit encore en vie ?


Les adieux ne durent jamais © Bamboo / Bonneau / Jim
un road-movie intimiste et bouleversant
Tranchons dans le vif sans plus attendre : j’ai du mal avec Jim, il m’énerve… Je ne parviens toujours pas à comprendre comment il s’y prend pour mettre en scène des personnages si crédibles, si touchants, si bouleversants d’humanité, avec une aisance confondante et une facilité tout juste désarmante…

Certes, la facilité n’est sans doute qu’apparente… Mais quand même, comment expliquer qu’une fois l’album achevé, on a l’étrange impression d’avoir pris part à son histoire et de laisser sur le bord de la route une poignée d’amis avec qui on a fait un bout de chemin, des gens qu’on a la furieuse impression de connaître tant l’auteur nous a fait entrer dans leur quotidien et leur intimité… Il faut dire qu’en partant de l’intime, de la perte d’un père et d‘une amitié touchante de sincérité, Jim touche à l’universel en s’interrogeant sur la relation filiale, sur le rapport au père, sur son absence avec laquelle il a fallu grandir et se construire… et sur le deuil… Les adieux ne durent jamais © Bamboo / Bonneau / JimAvec subtilité, l’auteur nous fait ressentir l’émotion qui submerge Mattéo lorsqu’il pénètre dans la maison de son père défunt, découvre cet environnement qui a été le sien, se construisant des souvenirs à rebours, tentant de définir les contours évanescents de cet homme qui fut son père durant quelques années à peine… Même absent, il est là, dans cette pièce où il jouait du clavier et de la guitare, dans ses disques qu’il écoutait, dans ce miroir où Mattéo croit un instant l’apercevoir, dans ce poster de Bowie, dans ces vêtements qui semblent attendre son retour, dans cette brosse à dent qui ne servira plus, dans cette bouteille de vin qu’il ne finira pas ou dans ce canapé où il a dû s’assoir, tant de fois…

Le trio formé par Lennon, Mattéo et Victor est lui aussi confondant de justesse… Tous trois s’avèrent très différents et l’amitié qui les unit est retranscrite avec finesse et délicatesse. Ils se chambrent avec tendresse, se comprennent sans avoir besoin de trop en dire, s’amusent, s’engueulent, vivent, rêvent, aiment, avec la force de leur âge… En chacun d’eux, le lecteur pourra reconnaître l’une ou l’autre facette d’un de ses amis, les douleurs silencieuses, la complicité revigorante, ces souvenirs en apparence anodins mais qui font encore, des années après, partie intégrante de l’être que nous sommes devenus en leur compagnie… Et il y a ce père que Mattéo cherche, sans en avoir pleinement conscience, à connaître et à rencontrer… Des objets aux reproches de ceux qui l’ont connu à cette discussion à distance et au-delà de la mort qu’ils auraient l’un et l’autre sans doute aimé avoir du vivant du père… Les adieux ne durent jamais © Bamboo / Bonneau / JimPourquoi faut-il attendre la disparition des êtres chers pour oser s’ouvrir à eux, sans que ce trop-plein de pudeur qui nous empêche parfois de leur dire ce qu’on a sur le cœur… Oui, Jim parle des émotions avec justesse et délicatesse et nous bouleverse, une fois encore, avec cette histoire qui nous parle de la vie avec une désarmante simplicité…

Après L’Etreinte, Laurent Bonneau retrouve Jim pour un nouveau récit poignant qu’il met en scène avec la délicatesse qui caractérise son travail narratif et graphique. La rencontre entre ces deux auteurs parait presqu’être une évidence tant ils abordent tous deux l’intime avec une même justesse. Le scénariste et le dessinateur semblent être complémentaires et la force de ce récit réside dans leurs talents conjugués… Qu’elle est la part de l’écriture et celle de l’improvisation dans cette histoire portée par des dialogues qui sonnent juste et qui semblent avoir été capturés sur le vif… On peine à croire que Mattéo, Victor et Lennon ne sont que des êtres de papier tant ils semblent être authentiques dans leur attitude et leur réaction face à la vie et aux rencontres qu’ils font… Les teintes automnales que l’artiste a donné à ses planches composées avec le plus grand soin baigne le récit d’une mélancolie poignante, rendant la lecture de l’album plus bouleversante encore…

Les adieux ne durent jamais © Bamboo / Bonneau / JimCinq années après l’Etreinte, Jim retrouve Laurent Bonneau pour une nouvelle histoire qui part de l’intime pour toucher à l’universel…

Mattéo, Victor et Lennon partent de Bordeau pour aller assister à la soutenance de Lydie, une cousine de Mattéo que Victor apprécie beaucoup… Alors que le voyage commence, Mattéo leur annonce qu’il leur a menti : la soutenance n’était qu’un leurre destiné à les entraîner dans un voyage vers son passé. Le but de leur road-trip est de vider la maison de son père avant sa mise en vente… Mattéo n’a que peu connu que cinq petites années avant qu’il les abandonne lui et sa mère pour ne plus jamais les revoir… Sa disparition ne l’affecte pas outre mesure… Mais, bien qu’il ne se l’avoue pas, pénétrer dans cette maison qu’il n’a pas connue et où tout porte la marque de son père, réveillant en lui des émotions bien enfouies… Et que penser de ces post-it qu’il retrouve sur le miroir et où son père a écrit « je ne suis pas mort » ?

Avec cette même facilité désarmante qui caractérise son œuvre depuis Petites Eclipses, Jim nous entraîne dans l’intimité d’une poignée d’individu unis par une solide amitié et nous dépeint avec finesse leur quotidien, ces petits moments de vie, de rires et de larmes qui font le sel d’une vie… A travers des dialogues bouleversants de justesse et du questionnement sur ce père disparu que Mattéo n’a que trop peu connu, l’auteur s’interroge sur la filiation, sur le deuil, sur le rapport aux autres, sur les rencontres qui peuvent illuminer une journée, sur l’amitié qui soutien une existence, sur l’amour, sur la mort… bref, sur la vie… Le soin apporté à l’écriture des personnages… le talent confondant de l’auteur à dépeindre l’intime avec une facilité désarmante… sa façon de nous laisser nous faire submerger par les émotions lors de certaines séquences… Tout cela fait que le lecteur a la furieuse impression de faire partie de la bande, de participer à ce road-trip, de vivre avec eux ces petits moments volés à l’éternité… Comme si l’album s’adressait à nous tant il réveille des sensations et des émotions que nous avons ressenti au plus profond de notre être. Quand on referme le livre, on quitte presque à regret ces amis qu’on a l’étrange et pénétrante impression de… connaître… Tant et si bien qu’on peine à croire que Mattéo, Lennon et Victor ne sont que des êtres de papier… Le dessin réaliste de Laurent Bonneau, ses couleurs automnales et mélancoliques qui mettent si joliment en valeur ses compositions, contribuent à happer et entraîner le lecteur dans ce récit aussi poignant que bouleversant et qui laisse une question lancinante en suspens : « pourquoi faut-il attendre que les êtres qu’on aime disparaissent pour enfin leur parler ? ».


Je m‘appelle Mattéo Grandpierre. J’ai perdu mon père il y a trois mois. J’ai perdu mon père il y a trois mois et je m’en fous. Ça ne m’a pas affecté. Rien. Ça a été comme assimiler une information froide, distante, un truc à classer dans un coin de mon hémisphère droit. Et rien de plus. L’amour filial n’a jamais été un sentiment particulièrement développé dans la famille.Mattéo
a
Le Korrigan




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