Après nous avoir entraîné pour un baroud d’honneur dans le Marseille antique avec son jubilatoire
Massilia Aeterna, Scotch Arleston tire sa révérence et abandonne son célèbre enquêteur et son inénarrables tonton, laissant les commandes au seul Loïc Nicoloff qui l’épaulait depuis neuf albums déjà…
Lorsque l’album s’ouvre, on retrouve Léo Loden en bien fâcheuse posture, pendu sur l’armature métallique de la sono d’une rave party sauvage…
Quelques jours plus tôt, le célèbre détective et tout jeune papa était engagé pour retrouver le fils du créateur du richissime créateur des boutiques La Farigoule Provençale et d’une cardiologue de la Timone, parents séparés et assez peu investit dans l’éducation de leur enfant…
Fausse piste et chausse-trappe sont au menu de cette enquête bien plus dangereuse qu’elle en a l’air…
Si, privé d’un de ses deux papas, Léo Loden peut légitiment se sentir orphelin, force est de reconnaître qu’il n’a rien perdu de son flair et de son énergie débordante, ni de sa formidable capacité à se mettre dans des situations inextricables…
Une fois encore, l’enquête s’avère parfaitement rythmée, avec ce subtil dosage d’humour et d’action qui fait le charme de la série… Avec un prologue intrigant, le scénariste capte d’emblée l’attention du lecteur avant d’entamer un flashback qui permettra au lecteur de comprendre comment notre Léo a pu se mettre dans un tel pétrin… Si le récit repose en grande partie sur le caractère bien trempé des principaux protagonistes, sa force est de faire de Marseille un personnage à part entière et d’en révéler plusieurs facettes dans chacun des albums de la série…
Fidèle à lui-même, Serge Carrere fait montre de sa parfaite maîtrise du sujet… Il met en scène une Marseille grouillante de vie, des quartiers huppés aux quartiers plus interlopes et son trait expressif donne vie à une formidable galerie de personnage connus ou nouveaux venus dans la série, porté par des dialogues irrésistibles et percutants…
On retrouve dans ce vingt-sixième tome tout ce qui faisait le charme de cette série : un scénario rythmé et parfaitement orchestré, des personnages drôlement attachants, le trait expressif de Serge Carrere et Marseille, personnage principal du récit, comme tout polar qui se respecte…
Fugue en rave mineure nous prouve que le passage de relais entre Scotch Arleston et Loïc Nicoloff s’est fait sans heurts… Sous sa plume, Léo Loden semble promis à un bel avenir !
- Merci de t’en occuper…
- Avec plaisir. J’ai même été surpris que Marlène t’ait proposé de me les confier.
- Ah… Oui… hum ! Elle est comme ça Marlène… Un cœur de velours dans une armure en titane !dialogue entre Léo et Tonton Loco