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1939
Chez Adolf



Fiche descriptive

Histoire

Chez Adolf

Tome 127

Rodolphe

Ramón Marcos

Dimitri Fogolin

Delcourt

Histoire & Histoires

13 Janvier 2021


14€95

9782413022541

Chroniques

Le climat est de plus en plus tendu en Allemagne et rares sont ceux qui osent encore s'opposer au régime nazi qui s'affichait en sauveur du pays et qui contrôle maintenant d'une main de fer tous les secteurs de la vie politique et administrative.

Notre héros du quotidien, le professeur Karl Stieg, pourra-t-il encore longtemps se boucher le nez et faire le gros dos face aux événements ?
un excellent album!


L’indécis
Chez Adolf, planche tome 2 © Delcourt / Marcos / Rodolphe / FogolinLe professeur Karl Stieg est de ceux qui se sont bien gardé de prendre parti en 1933 lorsqu’Hitler arrive au pouvoir. Se souciant peu de politique, il s’est malgré tout encarté au parti nazi même s’il garde prudemment ses distances avec le régime…

Mais les années passent et si les coups politiques du Fhürer redonnent à certains l’honneur perdu à dans le wagon de Rotondes, l’atmosphère devient de plus en plus irrespirable dans le petit immeuble bourgeois où il vit. Il assiste au durcissement du régime et se rend compte, peu après la mort de son ami Hugo, qu’il n’a pas un seul ami… L’heure du choix a-t-elle enfin sonné pour Karl ?


Le scénario de Rodolphe fait un bond temporel de quelques années pour conduire Karl Stieg aux portes de la guerre.

Un allemand ordinaire dans la tourmente…
L’auteur poursuit son portrait distancié de ce professeur indécis qui a pris le parti de n’en prendre aucun tout en esquissant, par petites touches, à la façon d’un peintre impressionniste, un tableau lucide et cohérent de la société allemande à travers le prisme du microcosme des habitant d’un banal immeuble berlinois… Stieg n’a rien du héros, ni même de l’anti-héros… Chez Adolf, planche tome 2 © Delcourt / Marcos / Rodolphe / FogolinC’est un personnage presque fantomatique qui semble n’être que spectateur de sa propre vie et qui se laisse porter par les événements, sans jamais se résoudre à faire le moindre choix… Ce biais permet à l’auteur de parler des allemands ordinaires et de la façon dont ils vécu les changements imposés par le régime hitlérien. Rodolphe fait en outre un usage pertinent des médias, cinéma et radio confondus, pour replacer les péripéties de son récit dans la trame historique d’une Europe en passe de s’embraser…

Ce second tome prend des allures de polar avec le meurtre d’Hugo qui intrigue et interpelle Karl Stieg et qui, par un tragique enchaînement d’évènements, vont, peut-être, le contraindre à s’impliquer d’avantage… Car sans le vouloir, il s’est fourré dans un sacré guêpier et ce qu’il a appris sur la réalité des camps ne peut qu’ébranler durablement son passéisme…

Dans des décors éclairés par les subtiles couleurs de Dimitri Fogolin, Ramón Marcos fait évoluer des personnages particulièrement convaincants, allemands ordinaires confronté à des évènements qui ne le sont pas… Partisans zélés du nouveau régime, patriotes convaincus, dissidents ou opportunistes se croisent dans cette tragicomédie historique et humaine… L’auteur espagnol parvient à retranscrire leurs états d’âme dans leurs physionomies et dans leurs postures et l’indécision comme les doutes qui gagnent peu à peu Karl se lisent sur son visage…
Chez Adolf, planche tome 2 © Delcourt / Marcos / Rodolphe / Fogolin
Rodolphe et Ramón Marcos continuent de nous raconter la vie ordinaire d’un professeur ordinaire qui se garde bien de se mêler de politique, alors que la société allemande s’est vue bouleversée par l’arrivée de Hitler au pouvoir… Mais, peu à peu, insidieusement, il se retrouve rattrapé par les évènements et l’heure des choix cornéliens a peut-être sonné pour Karl Stieg…

A travers ce récit pour l’heure sans héros, Rodolphe nous entraîne dans une période troublée et incite lectrices et lecteur à s’interroger sur ce qu’ils auraient faits, simples quidams, comme avait pu le faire Philippe Richelle dans ses sublimes et troublants Amours Fagiles.

Chez Adolf, du nom de la brasserie située au bas de l’immeuble de Karl Stieg, nous brosse un portrait édifiant d’une Allemagne qui s’apprête à basculer dans la guerre…


Pourquoi fallait-il que ce soit à ce moment précis que cette évidence me tombe dessus ? […] Mon dernier vrai ami, c’était Hugo… Marti et Walter sont tous les deux morts au front en 17. Stefan, lui, a carrément disparu. Comme Gertrud… Cette pauvre Gertrud… Et même avec la meilleure volonté du monde, je ne peux pas considérer Poost ou Adolf comme des amis…Karl Stieg

Le Korrigan




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