Haut de page.

Waterfall Park
Waterfall Park



Fiche descriptive

Jeux familial

Repos Production

Karsten Hartwig

Umeshu lovers

Asmodée

3 à 5 joueurs

8 ans et +

45 mn

6 Octobre 2023


35€95
Chronique
Waterfall Park
L’art du commerce

Vous êtes prêt à installer vos attractions, mais y aura-t-il assez de place pour vos idées ambitieuses ?

Bienvenue à Waterfall Park. Le but du jeu est de commercer et d'échanger des attractions pour construire le plus grand parc d'attractions du monde.

La particularité de ce parc est qu'il est construit verticalement sur d'immenses tours au milieu de l'océan.
un excellent jeu!


L’art du commerce
Dans Waterfall Park, les joueurs vont jouer les installateurs d’attractions, troquant, échangeant emplacements, attractions et argent pour créer les lieux les plus attractifs et engranger la plus grande part des bénéfices !

Règles et matériel

Waterfall Park, les zolies pépettes © Repos Prod / lovers / HartwigSignée Umeshu lovers, l’illustration de la boîte est acidulée à souhait et attire d’emblée le regard avec cette île toute entière dédiée aux loisirs… Le matériel du jeu s’avère quelque peu atypique, tant dans leur conception que dans leur ergonomie… Mais le tout a été clairement bien pensé : les emplacements qui s’emboîtent dans le plateau de jeu grâce à de petits ergots ; la surprenante forme des tuiles qui s’explique par la volonté de rendre le jeu accessible aux daltoniens via de petits logos sur les emplacements suscités… Tuiles attractions qui sont par ailleurs aussi magnifiques que colorées ! Les cartes sont elles aussi bien pensées avec un visuel permettant aux joueurs de retrouver rapidement l’emplacement désigné… Le plateau contient toutes les infos nécessaires : répartitions des cartes et tuiles à chaque tour et tableau des revenus…

Ajoutons à cela que le rangement du matos a été particulièrement bien pensé, ce qui se répercute sur la durée de mise en place du jeu… Bref, le matos est beau, coloré, attractif… logique pour un parc… d’attraction 😉.

Le livret de règles (8 pages) et clair et particulièrement aéré. Il s’avère simple à lire et les différents rouages du jeu s’assimilent en une lecture et s’explique avec aisance… Pour les plus flemmards l’éditeur a même créé une vidéo accessible par QR code… Elle est pas belle la vie ?

Contenu de la boîte : 1 Plateau, 78 cartes, 100 pièces (de valeur 1,2,5 et 10), 1 aide de jeu et son marqueur, 72 tuiles et, pour chacun des 5 joueurs : 24 socles emplacement et leur support


Déroulement d’une partie

Mise en place
Grandement facilité par un boitage fort bien conçu, la mise en place du jeu s’avère particulièrement rapide : chaque joueur prend ses socles, 5 pièces et hop, la partie commence…

Déroulement
Une partie de Waterfall Park se déroule en 4 manches, dont chacune se divise en 4 phases.


1Préparation: Fonction de la manche, chaque joueur reçoit un certain nombre de cartes Emplacement, les consulte et en défausse secrètement 2. Les cartes sont révélées et chaque joueur place un Socle à chaque emplacement désigné par les cartes.

Les joueurs reçoivent ensuite le nombre de tuiles Attraction désigné par la manche en cours.

2Echange: Les joueurs peuvent à présent troquer, échanger comme ils le souhaitent emplacement, tuile attraction et argent, et même des attractions déjà construites (en se contentant de changer les socles pour signifier le changement de propriétaire).

3Construction: S’ils le souhaitent, les joueurs placer des tuiles sur les emplacements dont ils sont propriétaires.

4Revenu: toutes les attractions construites vont engendrer des revenus pour leurs propriétaires en fonction de leur taille (nombre de tuile adjacentes), une attraction achevée (i.e. comportant autant de tuile que le nombre indiqué sur la tuile)…
Waterfall Park, visuel du jeu © Repos Prod / lovers / Hartwig
Fin de Manche
Les cartes Emplacement défaussées sont mélangées avec la pioche et les tuiles Attraction non construites sont conservées. Une nouvelle manche peut commencer…

Fin de Partie
Le joueur possédant le plus d’argent remporte la partie, une éventuelle égalité étant départagée par le nombre d’attractions construites sur le plateau.

l’Avis de la Rédaction

Plus que la lecture des règles, la première partie a fait une sensation ludique oubliée, distillant peu à peu a strange feeling of « déjà-vu »… Je suis donc parti explorer les strates les plus anciennes de ma ludothèque pour exhumer un certain Chinatown édité par Aléa en 1999 et créé par un certain Karsten Hartwig… Bon sang mais c’est bien sûr ! Waterfall Park n’est autre qu’une version rethématisée de Chinatown, un jeu de négociation de malade où tu peux échanger comme tu veux, négocier à outrance pour tout et avec tout le monde et venir parasiter les tractations de ses adversaires… un truc de malade je vous dis ! Il s’en est passé des choses dans le Chinatown des années 60, avec des drames et des disputes à la clef…
Waterfall Park, aperçu du matériel © Repos Prod / lovers / Hartwig
La mécanique de Waterfall[I/], c’est donc celle de Chinatown, aussi simple à assimiler et à expliquer. Mais l’éditeur ne s’est pas contenté de rethématiser le jeu pour cette nouvelle édition ! Le plateau a, par exemple, radicalement changé et donc par la même l’agencement des cases qui offre une liberté plus importante, notamment durant la première moitié de la partie… Point de ruelles partageant le quartier mais un vertigineuse chute d’eau scindant le Park en deux… Ces petits changements ne sont pas purement cosmétiques et apportent un petit vent de fraîcheur en réduisant notamment la durée des parties, destinant ce jeu aux règles simples à un public plus familial

Mais on retrouve néanmoins le centre névralgique du jeu : la négociation à outrance ! Car si tout ne s’achète pas (mais on peut tout acheter quand même), tout peut s’échanger, se troquer, deux emplacements contre une attraction et 4 sous, trois piécettes et l’emplacement 42 contre ton Attraction construite sur l’emplacement 72… Je t’échange ce lot contre ce lot pour troquer la moitié de ce lot contre le lot de Georges qui a un truc qui me fait clairement de l’œil ?... Les phases de négoce sont épuisantes et jubilatoires mais avec les nouveaux joueurs pourront se sentir totalement désemparés devant l’éventail des possibles : évaluer ses besoins, ceux des autres, chercher à faire croire qu’un deal est équilibré alors qu’on en tire un avantage conséquent…

Waterfall Park, le plateau © Repos Prod / lovers / HartwigBien sûr, le hasard aura sa part tant dans la pioche des cartes emplacement que dans celles des tuiles attraction ! Mais si on négocie avec art, on peut grandement l’atténuer, sans jamais le faire disparaître toutefois : un bon tirage vous avantagera clairement… Mais c’est aussi ce qui fait toute la saveur du jeu : parvenir à sortir son épingle du jeu avec une main un peu bancale…

Et 4 manches, ça passe clairement vite ! Et il faudra bien réfléchir à ses développements : construire rapidement quelques attractions permet de scorer jusqu’à quatre fois pour celle-ci et lorsqu’on voit que dans certaines parties, la victoire se joue dans un mouchoir de poche, c’est loin d’être anodin !

Rapidement, on se surprend à construire une attraction près d’une grosse construite identique par un adversaire avec l’arrière-pensée de l’échanger plus tard contre quelque chose de plus lucratif encore ! Bien sûr, on a tendance à vouloir négocier avec les joueurs en queues de peloton et à refuser les échanges avec celui qui domine manifestement la partie… Ou qu’on pense être le leader ! Car tenir le compte des sous de chacun est une gageure puisque les pièces, une fois récoltées, sont conservées face cachée et qu’elles sont elles aussi des éléments des négociations, l’argent passant de l’un à l’autre au fil des trocs et des échanges… Et qu’il est cruel de devoir parfois négocier en donnant aux autres des points de victoire… dont on se prive par un logique effet de vase communiquant…

Nouvelle version de Chinatown plus que nouvelle édition, Waterfall Park est un jeu aux règles simples qui mêle habilement placement et négoce…

Placement parce que les joueurs vont s’efforcer de construire des attractions les plus grandes possibles pour maximiser leurs gains. Négoce car dans ce jeu de Karsten Hartwig tout, absolument tout se négocie, emplacements, attractions, argent… Et c’est là le centre névralgique du jeu ! Si les petites modifications ont rendu le jeu plus court et donc plus familial, il reste néanmoins destiné à des joueurs avertis à même de défendre leur bifteck avec ardeur et une once de machiavélisme…

Les illustrations colorées de Umeshu lovers habillent joliment le jeu et la thématique de parc d’attraction s’avère particulièrement… attractive ! D’autant que le matériel original a été bougrement bien pensé…



On aime...

Daltonien friendly
un matériel coloré et attractif particulièrement ergonomique
des interactions à foison
les négociations âpres et immersives
un subtil équilibre entre placement et négociation
l’excellent Chinatown revisité par son auteur

On n'aime pas...

il faut aimer négocier avec tous et pour tout
Le Korrigan




Inspiration jeux de rôle

Cette fiche n' est référencée comme inspi pour aucun jeux de rôle.