



Février 2017. L'inspectrice Olga Tabares et Carlos Sotillo, son adjoint, enquête sur le suicide d’Irina, une lycéenne adoptée dont le corps a été retrouvé sans vie a été retrouvé par ses parents dans sa chambre fermée de l’intérieur… Aucun téléphone, tablette ou smartphone n’est retrouvé sur place…
L’enquête de routine menée auprès de ses amis et professeurs esquisse le portrait d’une jeune enjoué et d’une élève brillante qui semblait inquiète ces derniers temps, s’interrogeait sur sa santé mentale et qui semblait comme absente certains jours… Mais des photos dénudées sont retrouvées sur la tablette qu’Irina avait oublié chez son amie posent clairement question… Aurait-on poussé la jeune femme au suicide ?
L’enquête menée sur les parents intrigue plus encore : après avoir monté plusieurs sociétés qui toutes ont fait faillites, ils s’étaient retrouvés criblés de dettes… Mais ils vivent clairement au-dessus de leurs moyens et leurs finances semblent s’être redressées ces derniers mois… Autant d’élément qui convainquent le jugent d’autoriser une perquisition au domicile des parents… Là, les policiers trouvent du matériel informatique dont le contenu est sans équivoque…
Les parents sont désormais les principaux suspects d’une affaire de pédophilie…
Mais les méandres de la justice vont faire capoter une enquête pourtant accablante…
Sept années après [url=http://sdimag.fr/index.php?rub=0&art=Affiche_Fiche&aff_param=2&ID=4500#3080]Proies Faciles[url], qui n’appelait pas nécessairement de suite, le talentueux Miguelanxo Prado a eu envie de remettre en selle le duo formé par l'inspectrice Tabares et Sotillo, son adjoint… Après nous pointé les dérives du système bancaire dans un polar sombre et fascinant, il nous entraîne plus loin encore dans les zones ténébreuses de l’âme humaine avec une nouvelle affaire particulièrement sordide et tristement réaliste…
La cohérence de l’intrigue doit beaucoup à ce duo qu’enquêteurs dont l’épaisseur et la relation, retranscrite par des dialogues fluides, les rendent particulièrement crédibles. Leurs réactions et leurs ressentis face la dureté des éléments qu’ils mettent à jour au fil de cette glaçante affaire s’avère pour le moins plausible et ajoute au malaise tandis que leur étrange relation étoffe le récit accentue son efficacité…

Riches en rebondissements, l’enquête est remarquablement bien écrite et de nombreux éléments jalonnant le récit rendent le twist scénaristique particulièrement bien emmené, une seconde lecture mettant en lumière les failles de l’affaire dans laquelle les différents protagonistes vont s’engouffrer pour faire capoter le procès et enterrer l’enquête, quand ils ne les ouvrent pas eux-mêmes, avec un insoutenable cynisme, pour se couvrir… Enrichie de nombreux flashbacks, la structure narrative de l’album s’avère fascinante, chacun venant dévoiler à rebours un pan de l’histoire, pointant les perversions coupables des uns et des autres et esquissant par bribes l’atroce et insoutenable vérité qui se fait peu à peu jour… Le titre inquiétant de ce second opus s’avère quant à lui des plus explicites tant Tabares et Sotillo vont avoir affaire à de sinistre vautours dénués de scrupules et presque d’humanité…
Pour ce second tome, Miguelanxo Prado délaisse le noir et blanc en habillant son trait de couleurs froides et somptueuses, parfaitement raccord avec la thématique de l’histoire. Son découpage est comme de coutume impeccable avec des plans savamment étudiés pour rendre compte de la noirceur des âmes des différents protagonistes. Son approche graphique accentue la dureté de l’histoire, posant avec art et efficacité cette ambiance poisseuse et dérangeante qui entoure cette sordide affaire de pédophilie, si tragiquement crédible, hélas…

Sept années après Proies Faciles, Miguelanxo Prado nous propose une seconde enquête de l'inspectrice Tabares et de son adjoint Sotillo. Une fois encore il nous entraîne dans les zones les plus ténébreuses de l’âme humaine…
Nos deux enquêteurs vont enquêter la mort d’une adolescente dont le corps a été retrouvée par ses parents dans sa chambre fermée de l’intérieur… Alors que tout laisse à penser à un suicide, certains éléments vont faire tiquer les policiers… L’absence de portable et d’ordinateur dans la chambre, les absences et les changements de comportement de la défunte, les difficultés financières des parents qui semblent s’être résorbées miraculeusement… Suffisamment d’éléments aiguiller les soupçons vers les parents de la victime…
Porté par un duo d’enquêteur crédible et attachants et désormais rehaussé de sombres couleurs qui contribuent à poser l’atmosphère glaçante et dérangeante du récit, les planches de l’album s’avèrent aussi somptueuses que fluides. L’enquête est quant à elle remarquablement bien construite, de nombreux indices annonçant le savoureux twist scénaristique qui vient faire rebondir l’histoire, la rendant particulièrement prenante…
Second tome de Proies Faciles, Vautours est un petit bijou d’orfèvrerie qui ravira tout amateur de polars cohérents bien ficelés…
- Nous avons pas mal d’indices… Mais aucune preuve irréfutable, merde !
- Ils sont forcément coupables, Olga… C’est la seule explication possible. Tu as vu, ils n’avaient pas l’air très surpris en voyant les images. Tout ce qui leur importait, c’était de nous convaincre de leur innocence.dialogue entre Tabares et Sotillo