Fiche descriptive
19€50
Chronique | ![]() |





Une simple question d’amour
![]() ![]() ![]() François-Xavier et Thomas se sont rencontrés et aimés à l’époque ou la loi sur le mariage pour tous n’avait pas encore été votée… Peu à peu, le désir d’enfant s’est fait jour et si la gestation pour autrui était (et est toujours !) interdite en France, elle est légale et encadrée dans de nombreux pays.Ils se sont donc tournés vers les Etats-Unis pour trouver une donneuse de gamètes et une mère-porteuse pour pouvoir donner naissance à cet enfant qui naîtra de leur amour. L’album nous raconte leur parcours jusqu’à la naissance de la petite marie… une famille en gestation Alors que le mariage pour tous avait jeté dans la rue plus d’un million de personnes dans les rues pour empêcher la promulgation d’une loi visant à donner les mêmes droits aux couples de même sexe, la GPA reste encore aujourd’hui un sujet tragiquement clivant et la loi sur la bioéthique de 2021 n’a rien changé au problème bien qu’elle donne des droits à un enfant né d’une GPA à l’étranger. Scénarisé par Théa Rojzman cet album nous raconte l’odyssée de Thomas et François Xavier pour fonder une famille et accéder à la parentalité. Un tel récit aurait pu être ennuyeux. Il n’en est rien. Les procédés narratifs de l’autrice rendent la lecture tout aussi didactique que bouleversant… Il y a d’abord cette arrière-grand-mère que François-Xavier n’a pas connue et qui, incarnée dans une mésange, est la narratrice de l’histoire. Elle porte un regard distancié mais plein d’amour sur ce petit couple dont elle nous raconte la vie, alors que la COVID vient contrarier le déroulé de la naissance à venir. Ce regard extérieur permet à la scénariste de porter un regard croisé sur cette aventure : celui des futurs pères bien sûr, mais aussi celui de leurs proches et de leur famille. Pour raconter le long parcours, parfois semé d’embûches administratives ou médicales, Théa Rojzman emprunte un biais narratif ingénieux en nous faisant rencontrer un autre couple en mal d‘enfant pensant avoir recours à la GPA et qui vienne questionner FX et Thomas sur leur expérience. Les différentes étapes de la GPA s’intègrent ainsi dans le dialogue engagé entre les deux couples alors que les deux futurs pères répondent à toutes les questions qui furent les leurs il y a peu, rendant la lecture particulièrement vivante… On voit combien la procédure s’avère profondément humaine et respectueuse des différents intervenants dans cette grande aventure…L’émotion étreint plus d’une fois le lecteur et va crescendo tandis que la naissance de Marie se rapproche. Difficile de ne pas être bouleversé par cette vie et par le bonheur de ces parents qui se sont investis corps et âmes dans ce projet, plus encore même peut-être que des parents ordinaires… Aidé de ses somptueuses couleurs pastel, le dessin délicat de Marie Jaffredo retranscrit avec une rare justesse l’émotion de chacun des protagonistes, contribuant indéniablement à la force de ce récit où tout ne se résume finalement à une simple question d’amour… ![]() Alors que la loi sur le mariage pour tous avait jeté dans les rues plus d’un million de personnes avec pour objectif d’empêcher des couples d’avoir les mêmes droits qu’eux, la gestation pour autrui est encore aujourd’hui en France un sujet clivant…Marie, récit d'une GPA nous raconte le cheminement d’un couple homosexuel dans leur désir de parentalité jusqu’à son accomplissement grâce à deux américaines dont l’une donnera ses ovocytes et l’autre portera l’enfant… Remarquablement bien écrit, porté par une narration subtile et intelligente et le dessin sensible et délicat de Marie de Marie Jaffredo, l’album s’avère aussi didactique que bouleversant de justesse. Inspiré d’une histoire vraie, comme le prouve le petit album photo qui clôture l’album, Marie, récit d'une GPA parle autant du désir de parentalité que de la complexité du parcours pour donner vie à un enfant et fonder une famille… L’émotion affleure à chaque page et le final s’avère particulièrement poignant… Quelle que soit la nature du couple, le désir d’enfant et l’acte de donner la vie n’est en définitive qu’une simple et sublime question d’amour.
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