 Automne 1944. Les forces alliées libèrent peu à peu le pays et les membres du Réseau Papillon y prennent leur part…
Devenu pilote de la Royal Air Force, Edmond participe avec Archie à une mission dangereuse ciblant un nœud ferroviaire et des raffineries pétrolière… Mais une fois les bombes lâchées, son avion est engagé par des chasseurs allemands qui l’abattent. Leur bombardier s’écrase mais les aviateurs ont eu le temps de sauter en parachute… Gaston, blessé, et François sont restés à Saint-Céneri, enfin libéré. La population se met en quête de coupables et pense les avoir trouvé en la personne d’Anne et de Karl, malgré leur engagement contre l’occupant… Anne est en passe d’être tondu et Karl lynché par habitants alors que Gason et François tentent de les protéger…
Sur le front, Arnaud découvre la réalité, l’apprêté et les horreurs de la guerre. Ses supérieurs décident de l’envoyer à Paris pour porter un message d‘importance. Il y retrouvera Elise, désormais étudiante à Paris et tous deux assisteront à la cérémonie du 11 novembre où ils pourront voir de Gaulle et Churchill ranimer la flamme du soldat inconnu…
Les force de l’Axe reculent et se replient peu à peu vers Berlin alors que la Bataille de France bat son plein. Dispersé aux quatre coins de l’Hexagone, et même au-delà, les membre du réseau Papillon vont chacun vivre, à leur manière, cette libération… L’un espérant gagner Auschwitz où ont été envoyé ses parents, l’autre en prenant part aux combats pour libérer son pays, deux autres s’efforçant de protéger leurs amis de la vindicte des villageois désireux de se venger de l’occupant et une dernière qui sera témoin de la libération de Paris et de la célébration de cette victoire…
 Avec son scénario, Franck Dumanche poursuit son récit destiné à la jeunesse et qui nous esquisse un tableau saisissant de la France occupée, collaboratrice ou combattante. Ce onzième tome aborde les exactions survenues à la libération, avec ces résistants de la onzième heure, ces anciens collaborateurs s’efforçant de sauver la face en s’en prenant aux femmes qu’ils jugent coupables de « collaboration horizontale » et qui seront tondues en public à la libération, sous les crachats et les huées de la foule. On croise des partisans du régime de Vichy qui, malgré les défaites, continuent à soutenir l’armée allemande et se réjouissent des V2 qui s‘abattent sur Londres et l’on retrouve dans le défilé du 11 novembre l’écho revigorant de celui des lycéens et étudiants parisiens qui défièrent les autorités allemandes en novembre 1940 comme cela nous a été raconté dans le second tome de la série… L’auteur y aborde aussi les traumatismes engendrés par la fureur des affrontements à travers le personnage d’Arnaud qui combat vaillamment mais souffre de la violence dont il est à la fois acteur et témoin… Mais le scénariste prend aussi le temps de s’intéresser à nos jeunes héros, qui ont bien grandit depuis leurs premières aventures et sont entrés de plein pied et trop tôt dans le monde des adultes, sans oublier la relation entre Gaston et Elise…
Le dessin épuré de Nicolas Otéro souligne avec efficacité les émotions qui animent les différents protagonistes de l’histoire. Les couleurs de 1ver2ânes posent avec art l’atmosphère guerrière ou plus intimiste des différentes séquences de l’album. Tout comme le scénariste, le dessinateur a su faire grandir et mûrir les membres du Réseau Papillon au fil des albums…
 Franck Dumanche et Nicolas Otéro poursuivent leur récit jeunesse mettant en scène une poignées de gamins entrés en résistance contre l’occupant… Quatre années ont passé et ils ne sont plus vraiment des enfants…
Désormais pilote dans la Royal Air Force, Edmond et Archie volent à bord d’un bombardier pour leur première mission. Ayant revêtu l’uniforme, Arnaud est traumatisé par l’âpreté des combats, ce qui lui vaut d’être dépêché à la capitale pour y porter un message. Il retrouve Elise qui y poursuit ses études tandis que, restés à Saint-Céneri, Gaston, blessé, et François tentent de protéger Karl et Anne de la vindicte populaire…
Ce onzième tome permet au scénariste de poursuivre son saisissant tableau de la France occupée, des femmes lâchement tondues après la libération aux anciens collaborateurs cherchant à faire oublier leurs exactions en passant par la liesse populaire lors de la libération de Paris, l’âpreté des combats pour la libération, à même de traumatiser les soldats les plus courageux, sans oublier les camps de concentrations, avec Auschwitz qui s’apprête à être libéré par l’Armée Rouge… tout en continuant de faire évoluer ces jeunes résistants, projetés trop vite dans le monde des adultes… Le trait épuré de Nicolas Otéro retranscrit les états d’âme des différents protagonistes de l’histoire et esquisse les décors de ce onzième opus, complété comme il se doit par un dossier pédagogique revenant sur les éléments historiques saillants qui structurent le récit…
- Tu vois ça ? La fin est proche ! Regarde ls gens qui sourient. On a bin fait de se battre après tout.
- Je ne sais pas si ça efface ce qu’on a vécu. Mais au moins, ça nous donne un avenir.dialogue entre Elise et Arnaud
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