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Les eaux du Chaos
La Légende des Stryges



Fiche descriptive

Fantastique

La Légende des Stryges

Tome 2

Eric Corbeyran

Nicolas Begue

Lucie Fabbro

Richard Guérineau

Delcourt

Machination

21 mai 2026


15€50

9782413082279

Chroniques

En Bavière, Sardin et Bernat sont accueillis par Kaspar von Harbow, aristocrate versé dans l'occultisme, qui les aide à étudier le liquide noir découvert dans les sarcophages des Stryges.

Grâce à l'immense bibliothèque de leur hôte, Sardin tente d'en percer les mystères. Pendant ce temps, Sandor G. Weltman propose à l'empereur Guillaume de Prusse de transformer cette substance redoutable en arme de guerre.
un excellent album!


Le chaînon manquant du strygeverse
La Légende des Stryges, plache du tome 2 © Delcourt / Begue / Corbeyran / FabbroL’archéologue Alexandre Sardin et Bernat ont pris le train pour gagner la Bavière et y rencontrer Kaspar von Harbow, un aristocrate féru d’occultisme qui possède une immense bibliothèque héritée de son oncle, Théodore von Harbow.

Cette dernière abrite de nombreux ouvrages occultes et ésotériques dont le Grimoire de Venoncius qui décrit précisément la nature de l’emprise des Stryges sur les hommes… Kaspar est persuadé que l’étude de ce grimoire leur révélera les usages et les vertus de ce liquide noirâtre trouvé dans les sarcophages des dieux exhumés en Egypte et qui est l’objet de bien des convoitises...

Sardin va consacrer tout son temps à l’étude du grimoire et ses recherches vont le pousser à se poser une question d’importance : comment Seth s’est-il débarrassé de ses pairs ? Se pourrait-il que le liquide ne soit pas destiné à conserver leur dépouille mais ait pu servir à les tuer ?


La Légende des Stryges, plache du tome 2 © Delcourt / Begue / Corbeyran / Fabbro
un spin-off pour les relier tous et dans les ténèbres les lier…
Amorcée à la fin des années 1990 par Eric Corbeyran, l’univers de Stryges s’est enrichi au fil des albums et ses spin-offs qui étoffaient l’univers en développant des récits se déroulant à d’autres époques ou proposant un changement de paradigme… Mêlant les codes du polar et du fantastique, le Chant des Stryges connut un succès indéniable et ses aficionados n’ont pu qu’être enthousiasmé par ce nouveau dytique qui nous entraîne au crépuscule du Second Empire…

La page d’ouverture de ce second tome montre le talent de Nicolas Begue qui a par le passé travaillé avec Eric Corbeyran sur plusieurs albums ou série. Ses compositions sont somptueuses, d’autant qu’elles sont sublimées par le formidable travail de colorisation de l’impressionnante Lucie Fabbro… Les planches de l’album sont de toutes beauté et le découpage ample et généreux de l’artiste portent l’histoire avec une rare efficacité. Les scènes de dialogue comme celles de poursuites sont menées avec un sens du cadrage confondant, entièrement mis au service de la dramaturgie… Les décors foisonnent de détails qui crédibilisent l’ensemble, le recours aux hachures conférant à certaines cases des allures de gravures qui posent une atmosphère étrange et mystérieuses… Sans parler du casting, tout juste parfait…
La Légende des Stryges, plache du tome 2 © Delcourt / Begue / Corbeyran / Fabbro
Le scénario concocté par Eric Corbyran s’avère fascinant… Si elles sont plusieurs fois évoqués, les Stryges n’apparaissent (presque) pas dans l’album mais l’ambiance y est oppressante à souhait, évoquant celle des récits de Lovecraft alors que la politique s’invite dans la partie, avec cette guerre entre la Prusse de Guillaume II et l’Empire qui menace d’exploser d’un instant à l’autre… Dans ce contexte tendu, une arme mortelle comme semble l’être le liquide noir pourrait s’avérer décisive pour l’armée qui la possédera… Manipulations et trahisons seront donc de la partie et Alexandre Sardin va recevoir l’aide inespérée de celle qui a entravé ses recherches alors que le fameux Grimoire de Venoncius, présent dans chaque spin-off se déroulant dans l’univers, occupe une fois encore une place centrale dans l’histoire… Tragiquement romantique, le dernier chapitre s’avère poignant tandis que l’album se referme sur une dernière séquence fascinante et délicieusement horrifique…

L’album se referme par ailleurs sur un superbe cahier graphique où Olivier Ledroit, Munch, Fabrice Angleraud, Sébastien Grenier, Benoit Dellac, Atif Khaled, Eric Chabbert et Christophe Bec rendent hommage à l’univers avec une illustration originale (parfois un peu petite toutefois)…

La Légende des Stryges, plache du tome 2 © Delcourt / Begue / Corbeyran / FabbroEric Corbyran et Nicolas Begue referment ce façinant diptyque qui vient enrichir l’univers fascinant de Stryges qui se déclinent d’ores et déjà en près de quarante albums

Alexandre Sardin et Bernat ont gagner la Bavière et séjourner chez Kaspar von Harbow dont la bibliothèque occulte pourrait les guider dans leurs recherches sur le fameux liquide noirâtre trouvé dans les sarcophages des dieux exhumés en Egypte… Ils espèrent des informations sur cette substance qui attire tant de convoitise dans le Grimoire de Venoncius qui décrit avec précision les Stryges… Mais à l’heure où la Prusse et l’Empire s’apprêtent à entrer en guerre, l’objet de leurs recherches pourrait bien intéresser les grandes puissances européennes…

Joliment écrit, ce diptyque constitue une formidable porte d’entrée dans l’univers tentaculaire des Stryges tant elles sont, paradoxalement, (presque) absente de l’histoire… Porté par un découpage efficace et des cadrages virtuoses et joliment mis en valeur par les fascinantes couleurs de Lucie Fabbro, le dessin saisissant de Nicolas Begue met en images avec efficacité le récit alambiqué et les ambiances lovecratiennes de l’histoire qui se teinte de politique… Solidement charpenté, ce second opus de la Légende des Stryges s’achève sur une séquence poignante et un final glaçant particulièrement jubilatoire…


- J’ai lu quelque part que rien ne peut détruire les Stryges. Comment Seth s’est-il débarrassé de ses pairs ?
- Le grimoire ne le dit pas. Mais mon intuition me pousse à croire que ce singulier liquide noir n’est pas juste un simple « conservateur » inconnu ayant permis de retrouver un groupe de momies quasiment intact… Mais qu’il s’agit bien de « l’arme du crime ».
- Vous voulez dire que c’est en plongeant les corps dans cette matière qu’il les as tuées ?
- C’est ma théorie. Elle est corroborée par le fait que les organes n’ont pas été retirés. Ces êtres ont été plongé vivants dans ce bain létal.
dialogue entre Alexandre Sardin et Kaspar von Harbow

Le Korrigan




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