★★★★☆ totalement marteau !
Hammerdam, planche du tome 1 © Ankama / FernándezLe mythique Marteau est de retour à Hammerdam et vient se planter dans un rocher… La ville est en effervescence et un grand festival se prépare pour célébrer l’événement ! Des quatre coins du pays, les gens affluent vers la cité dans l’espoir d’être choisi par le Marteau et d’accomplir, grâce à sa prodigieuse magie, une grande quête dont parleront encore les générations futures…

Ainsi un redoutable archer, un loup multiplicateur, un amoureux transi en quête de l’Amour Véritable, une farouche guerrière accompagné des ectoplasmes de scientifiques volubiles fascinés par le passage de la vie à la mort, un Troll ermite et philosophe acariâtre, une encyclopédie vivante et autre héros iconoclastes arrivent en ville, espérant être l’heureux élu…

Mais, contre tout attente, le facétieux Marteau jette son dévolu sur Melina, une gamine de 6 ans à peine capable de le soulever…


Enrique Fernández fait partie de ces auteurs qui possèdent un univers foisonnant et dont chaque nouvel album est l’une des multiple facette… Se renouvelant à chaque album, changeant de style graphique avec une aisance confondante, l’auteur espagnol se propose de revisiter le mythe arthurien de façon bougrement rafraîchissante et totalement iconoclaste…

une version rafraîchissante et marteau de la geste arthurienne
Hammerdam, planche du tome 1 © Ankama / FernándezPlutôt que de nous immerger d’emblée au cœur d’un récit épique haut en couleur, il commence par nous présenter un à un les différents et improbables protagonistes de cette aventure baroque et joyeusement barrée destinée, comme le lecteur le découvrira plus tard, à former une petite communauté d’aventurier autour de la jeune et intrépide Melina… Puisant dans le patrimoine folklorique, légendaire et historique, mêlant allégrement et sans vergogne aucune Robin des bois, les légendes arthuriennes, fées et autres contes pour enfants, le scénariste-dessinateur tisse un récit diablement rafraîchissant, en apparence sans queue ni tête, mais en apparence seulement…

Car l’histoire, destinée à la jeunesse, prend peu à peu de la consistance au fil des pages pour devenir indéniablement entraînante… Chacun des personnages possède de drôle de pouvoir ou capacités, tel ce loup à même de multiplier involontairement objets, personnage et ennemis monstrueux sans qu’il ne maîtrise le moins du monde cet étrange pouvoir… Les dialogues délicieusement décalés servis par des personnages qui le sont tout autant donne une coloration savoureuse à l’ensemble…

Le trait épuré ou foisonnant du dessinateur qui a fait ses armes dans l’animation est une petite merveille de dynamisme et de fraîcheur. Son découpage inventif et aéré n’a que faire des codes de la bande-dessinée et l’auteur structure et déstructure ses planches au grès de sa fantaisie pour servir au mieux sa narration débridée. Sa mise en couleur chatoyante et acidulée distille un doux parfum de féérie alors que le grand méchant aux allures de Père-Noël esclavagiste s’avère joyeusement inquiétant…

Hammerdam, planche du tome 1 © Ankama / FernándezToujours impressionnant, Enrique Fernández nous invite à découvrir une version rafraîchissante et totalement iconoclaste de la légende d’Excalibur…

Dans un monde medieval-fantasy joyeusement déjanté, une petite fille va être choisie par le mythique marteau pour accomplir une quête épique dont elle ne sait rien en compagnie d’une équipe d’aventurier loufoques et atypiques alors qu’un boulanger esclavagiste se lance sur la trace avec une foultitude de créatures aussi monstrueuses que dangereuses…

Pour l’occasion, le dessinateur espagnol adopte un trait plus épuré qu’à l’accoutumé et un découpage inventif qui se joue des codes de la bande-dessinée pour créer une œuvre unique et colorée qui ravira les jeunes lecteurs et les parents qui auront su conserver cette formidable capacité d’émerveillement qu’ils possédaient bambins…

C’est peu dire que nous avons hâte de suivre la s-uite et fin des aventures de la jeune Melina et de ses compagnons totalement zinzins… pardon, totalement marteaux…


- Il s’est enfin endormi ? Il est beau quand il dort. C’est un enfant un peu nerveux mais tellement adorable.
- Quand on ira le vendre au marché aux esclaves, il vaudrait mieux que ce soit toi qui parles.parent aimant mais quelque peu dépassés par leur progéniture

Chronique by Le Korrigan